Archives par moisoctobre 2013



Des questions inutiles

C’est curieux. Ce matin, en parcourant la presse, on s‘aperçoit que tous nos journaux ne font que poser des questions. Tous les titres ou presque ont des points d’interrogation. En principe, les journaux sont là pour répondre aux interrogations que pourraient éventuellement se poser les lecteurs. Aujourd’hui, ce sont les éditorialistes qui posent les questions (sans y répondre d’ailleurs) et le plus drôle est que non seulement ces questions ne se posent pas vraiment mais qu’en plus tous les lecteurs ont déjà les réponses. La presse se demande, le plus sérieusement du monde, s’il y a eu, ou non, un « versement de rançon » pour obtenir la libération de nos quatre compatriotes qui étaient otages des terroristes islamistes du Sahel depuis plus de trois ans. Or, tout le monde le sait. Qui pourrait croire un seul instant que ces bandes de rebelles auraient fait ce geste simplement par francophilie et pour faire plaisir à François Hollande ? Certes, ces émules africains de Ban Laden reçoivent des fonds importants de nos « amis » du Qatar et d’Arabie saoudite et arrondissent leurs fins de mois avec tous les trafics et notamment celui de la drogue. Mais le trafic des otages fait aussi partie de leurs vieilles traditions, depuis l’époque de l’esclavage. N’ayant pas pu lancer une opération commando pour récupérer nos otages, nous avons payé la rançon. Fabius et Le Drian ont beau jurer le contraire et rappeler que François Hollande avait clairement affirmé que la France ne paierait plus jamais, Hollande a fait comme tous ses prédécesseurs, Giscard, Mitterrand, Chirac et Sarkozy. Il a prélevé dans les fonds secrets et envoyé l’argent en petites coupures. Certains font remarquer que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ne paient jamais de rançon et que, du coup, leurs ressortissants sont moins souvent pris en otages que les nôtres. C’est vrai. Mais on peut aussi rappeler que leurs otages sont assassinés bien plus souvent que les nôtres. La presse du jour se demande ensuite si les clubs de football vont, ou non, devoir, comme tout le monde, payer la fameuse taxe des 75%. On sait qu‘ils ont décidé de faire grève pour protester contre cette mesure et que le président de la République les reçoit cet après-midi à l’Elysée. Là encore, le lecteur de base connait la réponse. Le président va affirmer solennellement que la loi est la même pour tous et que les clubs paieront. Mais, naturellement, sous la table et entre copains, on trouvera des « arrangements ». Personne ne peut imaginer qu’Hollande veuille déplaire au Qatar qui possède le Paris-Saint-Germain. Autre question, même naïveté, nos journaux se demandent, et là encore la plus sérieusement du monde, s’il y a, ou non, un « cabinet noir » à l’Elysée, Valeurs Actuelles ayant affirmé que des collaborateurs du président de la République organisaient, à coup de fuites dans la presse, une véritable campagne contre Nicolas Sarkozy, notamment avec l’affaire Tapie. C’est faire preuve de la plus totale ignorance des moeurs de la République que de se demander s’il n’y aurait pas dans l’entourage du chef de l’Etat quelques « pères Joseph » qui joueraient les Talleyrand, voire les Fouché, pour magouiller des chausse-trapes contre les opposants. Il y a toujours eu un cabinet noir ou du moins gris foncé rue du Faubourg Saint Honoré. Que faisaient d’autre les Foccart, Juillet, Grossouvre, Villepin, Guéant et consorts dans leurs beaux bureaux dorés si ce n’est essayer de déstabiliser l’adversaire ? Autre question du jour et toujours la même naïveté : « Les écologistes vont-ils quitter le gouvernement ? » Mais bien sûr que non et là encore tout le monde le sait. La soupe aux choux est trop bonne ! Comment imaginer qu’un parti politique qui ne représente rien dans le pays (2% à la dernière présidentielle) et qui a, malgré cela et en dépit de toutes les règles de la démocratie, un groupe à l’Assemblée et au Sénat et deux ministres au gouvernement souhaiterait disparaitre de la scène simplement… pour rester fidèle à ses engagements ? Enfin, dernière question du jour, certains audacieux se demandent si nous ne serions pas « à la veille d’un nouveau 1789 ». La question est plus pertinente. Il est vrai qu’il y a quelque chose de pourri dans le royaume de François Hollande et une odeur de poudre dans le pays. Mais nos commentateurs patentés ne savent pas, là non plus, répondre. Il est bien dommage que la presse ne donne pas davantage de réponses. A croire qu’à l’image du pouvoir, le « 4ème pouvoir » a désormais peur de regarder la vérité en face. Ou, sans doute, de la dire.

31 Oct 2013 | Comments (6)

Les otages et les sondages

Chacun se réjouit, bien sûr, de la libération de nos quatre otages que les terroristes islamistes détenaient au fin fond du désert depuis plus de trois ans. C’est enfin une bonne nouvelle au milieu d’un déluge de catastrophes. On ne connait pas les conditions exactes de leur libération. Ont-ils été échangés contre des rebelles que nous aurions fait prisonniers au cours de l’opération Serval ? La France a-t-elle payé une lourde rançon ? Des personnalités touareg à mi-chemin entre le gouvernement de Niamey et la rébellion ont-elles voulu faire la preuve de leur bonne volonté ? On ne saura jamais la vérité quelles que soient les déclarations officielles qui, comme c’est la règle dans toutes les affaires d’otages, affirment qu’il n’y a pas eu le moindre troc. Mais personne n’est dupe. Les preneurs d’otages ne libèrent jamais leurs prisonniers pour les beaux yeux de la République. Ce matin, tous les commentateurs se demandent si cet heureux dénouement va permettre à François Hollande de redorer un tant soit peu son blason et de regagner quelques points dans les sondages. On veut espérer que le président de la République n’aura pas l’impudeur de s’attribuer le mérite de ce succès et qu’il n’imitera pas son prédécesseur qui prétendait toujours avoir été seul à la manœuvre et avoir lui-même libéré nos compatriotes enlevés. Tout le monde sait parfaitement que ces opérations, bien délicates, sont menées par de grands professionnels de l’armée, des services secrets ou de notre diplomatie, avec généralement l’aide de personnages parfois peu recommandables. L’Elysée se contentant de donner son feu vert pour l’ultime phase des négociations. Ayant été mêlé étroitement pour des raisons purement professionnelles à la première grande affaire d’otages français (l’affaire Claustre en 1975) je peux attester que tout s’était fait entre des diplomates –et notamment notre ambassadeur à Tripoli, le très brillant et regretté Guy Georgy- des officiers du 1er RPIMa de Bayonne, quelques « anciens du Tchad » connaissant parfaitement les us et coutumes des Toubous et une certain nombre d’intermédiaires plus ou moins véreux (qui n’avaient servi à rien). Les rares interventions du président de la République d’alors, Valéry Giscard d’Estaing, et du ministre chargé du dossier, le bien médiocre Pierre Abelin, n’avaient fait que compliquer les choses à plusieurs reprises. Il n’y a guère de doute que le mérite de la libération de nos quatre otages d’Arlit revient aux successeurs de ces hauts ou anciens hauts fonctionnaires que leurs fonctions obligent, bien sûr, à rester dans l’ombre. Les Français vont-ils savoir gré au chef de l’Etat de ce succès ? On peut en douter. D’abord, parce qu’aucune libération d’otage n’a jamais bénéficié à aucun de ses prédécesseurs. Ensuite et surtout, parce que François Hollande est désormais totalement « carbonisé ». Les Français ont compris que sa politique échouait sur tous les fronts, le chômage, les déficits, le redressement (« productif ») de notre économie et voient leur vie quotidienne se dégrader de jour en jour. Pire, ils estiment maintenant que François Hollande est totalement incapable d’assumer ses fonctions. Ses hésitations permanentes, ses volte-face, ses reculades, son incapacité à tenir sa majorité l’ont, sans doute à tout jamais, discrédité. Après dix-huit mois de pataugeage, on l’a vu se noyer ces derniers jours avec sa gestion stupéfiante de l’affaire Léonarda, son abandon des surtaxes sur l’épargne et sa capitulation devant les manifestants bretons. Il est groggy. K.O. Allongé les bras en croix au milieu du ring. Même certains de ses amis se demandent maintenant comment il pourra attendre encore trois ans et demi pour entendre le coup de gong final. Alors ce n’est pas parce qu’il aura accueilli ce matin, à Villacoublay nos quatre compatriotes libérés qu’il pourra se remettre sur pied et que les 73% de Français qui ne veulent plus entendre parler de lui changeront brusquement d’opinion. D’ailleurs, même s’il gagne 1 ou 2 points, pour quelques jours, dans les sondages, il restera le président le plus rejeté de toute la Vème République.

30 Oct 2013 | Comments (7)

Pays recherche désespérément chef d’Etat…

François Hollande poursuit sa descente vertigineuse dans les sondages, battant de semaine en semaine tous les records d’impopularité. Selon le sondage BVA pour l’Express publié ce matin, 73% des Français ont désormais une « mauvaise opinion » de lui. Cela fait 7% de plus que le mois dernier. Pire encore, 84% de nos compatriotes estiment que la politique qu’il mène est « mauvaise ». Jamais aucun président de la République n’avait été rejeté avec une telle violence. Pour la majorité des commentateurs, le « ras-le-bol fiscal » serait la cause de cette nouvelle dégringolade et la reculade du jour sur l’écotaxe après celle sur la sur-taxation de l’épargne ne va rien changer, au contraire. D’autres évoquent l’affaire Léonarda traitée en dépit du bon sens. En fait, dix-huit mois après l‘avoir élu, par défaut et relativement de justesse, les Français s’aperçoivent qu’ils ont parié sur un tocard. La moitié de ceux qui ont voté pour lui au second tour de la présidentielle le regrettent aujourd’hui amèrement et pensent qu’ils ont mis un « gros mauvais » à la tête de l’Etat. Il voulait être jugé sur ses résultats. Ils sont catastrophiques dans tous les domaines. Le chômage, les déficits, les prélèvements obligatoires, tout augmente et d’innombrables Français ne peuvent plus finir leur fin de mois. Quand ils n’ont pas carrément basculé dans la précarité. Le ras-le-bol n’est pas seulement fiscal. Il est général. Et la crise n’est plus une excuse puisqu’on nous raconte tous les jours que cela va plutôt mieux chez tous nos voisins. En vérité, c’est la personnalité même de François Hollande que les Français ne supportent plus. Tout chez lui les horripile maintenant. Son petit sourire benêt, son entêtement à nous répéter, contre toute évidence, que les choses vont s’arranger, que la courbe du chômage va s’inverser, son incapacité à fixer un cap, à trancher, à tenir sa majorité, ses volte-face, ses reculades. On lui reproche à la fois son sectarisme de vieux militant du PS pour ne pas dire de la SFIO et ses indécisions d’apparatchik mollasson. En 2012, les Français avaient déjà rejeté Nicolas Sarkozy sur sa personnalité beaucoup plus que pour sa politique. Ils ne supportaient plus son agitation permanente, son autoritarisme tous azimuts, ses zigzag idéologiques, son manque d’allure, son bling-bling insupportable. Il ne « faisait » pas président. Hollande le fait encore moins Les Français rêvent d’avoir un chef d’Etat. Après avoir eu un chef de gang, ils ont un chef de clan. On a envie de reprendre la fameuse phrase de de Gaulle à propos d’Albert Lebrun : « Il se croyait chef d’Etat, mais il n’était pas un chef et il n’y avait plus d’Etat ». Quand on est ainsi rejeté, presque physiquement, il n’y a plus rien à faire. Hollande peut remanier son gouvernement, changer de Premier ministre, annoncer n’importe quoi, rien n’y fera. On l’accusera toujours d’être ce qu’il est. Les Français sont aujourd’hui dans le désarroi le plus désespéré. Le même sondage BVA le prouve. Interrogés sur les partis politiques, 44% d’entre eux disent avoir une « bonne opinion » de l’UDI de Jean-Louis Borloo, 42% du MoDem de François Bayrou, alors que l’UMP n’obtient que 36% d’opinions favorables et le PS 28%, à égalité avec le Front National. Qui peut croire une seule seconde que Borloo, même acoquiné avec Bayrou, puisse faire rêver les Français ? Aujourd’hui, tous les sondages le répètent, les Français n’ont d’yeux que pour Manuel Valls (70% d’entre eux dans le sondage BVA). Un socialiste pur jus qui mène une politique de droite décomplexée. Pourtant Marseille ressemble de plus en plus au Chicago d’antan, la Corse repart à la dérive et la criminalité et la délinquance battent de nouveaux records comme le révèlent les chiffres officiels publiés aujourd’hui. Mais Valls parle net, a l’air de savoir ce qu’il veut et, malgré ses allures de petit coquelet nerveux, a les tonalités d’un chef. Pendant ce temps-là, curieusement, à droite, c’est Alain Juppé qui revient, sur la pointe des pieds, au-devant de la scène. Faut-il que Copé et Fillon se soient déconsidérés pour que la droite soit obligée de ressortir de sa boite bordelaise celui que Chirac avait qualifié de « meilleur d’entre nous », il y a vingt ans, mais qui était devenu peu après « l’homme le plus détesté de France ». En fait, la France passe actuellement une petite annonce : « Pays désemparé cherche désespérément chef d’Etat. Minimum de compétences requis mais les candidats seront surtout appréciés sur leurs qualités personnelles. CDD éventuellement renouvelable. Logé, nourri et nombreux avantages ». Pour l’instant, l’emploi est vacant…

29 Oct 2013 | Comments (7)

Le capitaine du pédalo a le mal de mer

Après avoir reculé sur la taxation supplémentaire de l’épargne, le gouvernement, c’est-à-dire François Hollande, va reculer sur l’écotaxe. Quelques réactions un peu vives de l’opinion et quelques milliers d’agriculteurs bretons sur les routes ont été nécessaires et suffisants pour faire comprendre au pouvoir que les Français n’en pouvaient plus d’être écrasés d’impôts et que le « ras-le-bol fiscal », selon la propre expression de Pierre Moscovici, ministre de l’Economie, était désormais général. Nous évoquions, hier, l’ambiance prérévolutionnaire (et pourrie) qui règne actuellement dans le pays. L’Elysée en a sans doute enfin pris conscience et commence à s’affoler. Certains diront qu’il est bien qu’un gouvernement soit « à l’écoute » des citoyens et n’hésite pas à faire-volte-face quand il s’aperçoit que telle ou telle mesure est particulièrement impopulaire. D’autres s’indigneront qu’un gouvernement puisse reculer à la moindre manifestation de rue. Le vrai problème est ailleurs. Ces sur-taxations de l’épargne et cette nouvelle taxe sur les poids lourds (décidée à l’unanimité sous le règne de Nicolas Sarkozy et dans l’euphorie délirante du Grenelle de l’Environnement) sont aujourd’hui totalement insupportables pour les Français et il était totalement irresponsable de la part du gouvernement de vouloir les mettre en application. L’erreur n’est pas de reculer, elle est d’avoir voulu aggraver encore le poids intolérable des prélèvements sans se rendre compte de la situation du pays. Un pouvoir se discrédite en faisant marche-arrière mais il se déconsidère davantage encore en prenant des mesures insupportables pour les citoyens. Comme tous ses prédécesseurs, Hollande nous avait promis de ne pas augmenter les prélèvements obligatoires et de réduire les dépenses. Comme tous ses prédécesseurs, il est incapable de diminuer les dépenses et, du coup, comme tous ses prédécesseurs, il multiplie les impôts. Mais Hollande n’a pas de chance. Il est arrivé au pouvoir à un moment où la coupe était déjà pleine. C’est, en effet, le ras-le-bol et le moindre impôt supplémentaire fait déborder le vase et descendre les Français dans la rue. La vache à lait ne tient plus sur ses pattes et n’a plus de lait Et d’autant plus que personne ne comprend la politique que mènent les socialistes depuis seize mois. Tout le monde a vu que le président de la République voulait matraquer « les riches », les rentiers se gobergeant avec les revenus de leur capital, le monde de la finance, les grosses entreprises faisant des bénéfices considérables. Mais on s’aperçoit que les riches ont quitté le navire à la dérive et que ce sont les classes dites « moyennes » qui sont saignées et qui voient leur niveau de vie dégringoler. Pire, plus d’un million de Français considérés jusqu’à présent comme « pauvres » puisqu’ils ne payaient pas l’impôt sur le revenu sont désormais imposables. Les socialistes égorgent les petites gens ! Et ces « efforts demandés à tous » ne donnent aucun résultat. Les entreprises continuent à fermer, le chômage à augmenter, les déficits aussi, les services de l’Etat à se déliter. Hollande est acculé au fin fond de l’impasse. Il avait fallu près de trois ans à François Mitterrand pour reconnaitre qu’il s’était trompé et avoir le courage d’amorcer le virage de la rigueur en remplaçant Pierre Mauroy par Laurent Fabius. La France est aujourd’hui dans une situation bien pire qu’en 1984. Hollande va-t-il avoir le courage de reconnaitre son échec et l’absurdité de sa politique à la godille ? On peut en douter. Qu’on l’ait apprécié ou pas, le « Florentin » était un politique qui savait changer de cap quand la tempête menaçait. Le « capitaine de pédalo », lui, a le mal de mer. Réfugié dans la soute du rafiot, il ne peut ni tenir la barre, ni voir le cyclone arriver, ni définir un cap. Tout cela va mal finir. Même si quelques amis de ce blog pensent que les Français, plus veaux que jamais, ne sont plus capables de se révolter.

28 Oct 2013 | Comments (11)

Non, Sire, c’est une révolution !

Jusqu’à présent, tout a toujours commencé à Paris. 1789, 1830, 1848, La Commune, le Front populaire et même mai 68. Et toujours de la même façon pour peu qu’on mette mai 68 à part. Les gueux, les sans-culottes, les crève-la-faim n’en pouvaient plus, descendaient dans la rue et les petits bourgeois qui en avaient assez, eux aussi, les rejoignaient sur les barricades, prenaient la tête du mouvement et le transformaient en révolution. De nos jours, on appellerait les uns « les défavorisés », les chômeurs, les exclus et les autres « les classes moyennes ». A chaque fois ou presque le pouvoir était au bout du rouleau, inerte, tétanisé, incapable de faire face à la crise qui frappait « les miséreux » et de comprendre que tout était sur le point de basculer. On peut d’ailleurs noter qu’en mettant de côté les périodes de guerre, ces soulèvements populaires ont eu lieu à peu près tous les trente ans. Naturellement, tout a changé. Sauf que… nous avons plus de cinq millions de chômeurs, que 10% de la population vit sous la ligne de pauvreté, que les jeunes ont l’impression de ne plus avoir d’avenir et que le « Tiers-Etat » qui avait été choyé pendant des décennies est écrasé par toutes les dîmes et toutes les gabelles qu’un pouvoir affolé invente chaque jour alors que le système lui-même qui permettait d’amortir les chocs n’est plus viable. Depuis le sacre du nouveau souverain, nous vivons dans une atmosphère de fin de règne. C’est le gros balourd de Louis XVI, avec même sa Marie-Antoinette qui multiplie les gaffes. La Cour s’étripe, les courtisans complotent contre Necker, Charlotte Corday devient de plus en plus populaire. Et on pourrait multiplier à l’infini les références. On nous parle de la crise économique, sociale, morale mais c’est aussi et presque surtout une crise politique, du régime, du système qui est en train de nous balayer. Ce qui se passe en Bretagne est particulièrement révélateur. Les courtisans parlent d’un « malaise breton » en évoquant le désespoir des agriculteurs, la révolte des salariés de l’industrie agro-alimentaire et l’insurrection contre l’écotaxe. A les entendre nous aurions peut-être affaire, au pire, à un début de jacquerie au fin fond du Finistère. Il faut toujours se méfier des paysans avec leurs fourches. Les jacqueries sont des étincelles qui peuvent mettre le feu aux poudres. Le prince a décidé, dans sa grande bonté, d’envoyer quelques piécettes aux Bretons pour les calmer et vient de faire volte-face sur les augmentations des prélèvements qu’il prévoyait sur l’épargne des petites gens. Il n’a rien compris. Il ne s’agit pas d’un « malaise » qu’on apaiserait en envoyant un peu de brioche à ceux qui n’ont plus de pain. Non, Sire, ce n’est pas la révolte de quelques joueurs de biniou mécontents, c’est le début d’une révolution ! Certes, Paris ne bouge pas. Mais Paris n’est plus Paris. Les artisans du Faubourg Saint Antoine et les ouvriers de Belleville qui ont détruit la Bastille et se faisaient tuer sur les barricades ont été remplacés depuis belle lurette par les bobos enrichis. La France qui n’en peut plus et qui veut pendre tous les aristos du jour à la lanterne est en Bretagne, en Lorraine, dans le Nord, dans le Midi, dans toutes les provinces lointaines qui se meurent, dans les campagnes perdues où un agriculteur se suicide, chaque jour, dans sa ferme en ruines. Les hommes du souverain sont ridiculisés à chaque élection partielle et le chef de l’opposition officielle à Sa Majesté est rejeté, selon le sondage du jour, par 73% des Français. Autant dire que « le peuple » ne veut plus entendre parler du petit jeu traditionnel qui permettait aux deux dynasties d’alterner tranquillement sur le trône. Naturellement, ce n’est peut-être pas encore pour ce coup-là, même si les Bretons portent désormais le bonnet phrygien rouge et que les baïonnettes peuvent encore faire entendre leur force. Mais tous les ingrédients sont là. Un peuple qui n’en peut plus, un pouvoir impuissant, un souverain incapable. Pierre Moscovici, le grand argentier de service, nous disait tout à l’heure que si le gouvernement reculait c’était parce qu’il était « à l’écoute des Français ». Il est, peut-être, à l’écoute mais il n’entend rien. Pas même la colère gronder.

27 Oct 2013 | Comments (10)

La « décélération »! Kézaco ?

François Hollande ne manque pas d’imagination. Et encore moins de souffle, voire de culot. Le jour où l’usine mythique de PSA Peugeot-Citroën d’Aulnay-sous-Bois ferme définitivement ses portes et alors que le ministère du Travail nous apprend qu’en septembre il y a encore eu 60.000 chômeurs de plus, le président de la République, tout content de lui, sort un nouveau mot : « dé-cé-lé-ra-tion » et nous déclare les yeux dans les yeux : « Nous assistons à une évidente décélération du chômage ». Certes, il reconnait que ce n’est pas encore parfait mais il continue à nous jurer ses grands dieux que la courbe du chômage sera inversée avant la fin de l’année, c’est-à-dire dans les deux mois et six jours qui viennent. Or, les chiffres officiels de Michel Sapin sont épouvantables. Tous les records les plus abominables sont battus. En catégorie A (aucun travail) nous avons 3,295 millions de chômeurs. Si on ajoute les catégories B et C (quelques heures de travail dans le mois) on atteint 4,843 millions. Il y a maintenant 547.700 chômeurs de moins de 25 ans, plus de 2 millions de chômeurs de longue durée (plus d’un an) et les « licenciés économiques » ont augmenté de 10% en un mois. On nous raconte que cette énième explosion des chiffres du chômage est due en partie au « beug » informatique de SFR qui, le mois dernier, avait fait sortir par erreur des listes de Pôle-emploi un certain nombre de chômeurs. Les chiffres du mois d’août étaient donc faux et le gouvernement avait eu tort de se réjouir d’une baisse de 50.000 chômeurs. Mais les chiffres de septembre sont justes et sans pitié. C’est 60.000 de plus et on ne comprend pas comment François Hollande ose nous dire : « Nous avons 5.000 chômeurs de plus chaque mois, 5.000 en août, 5.000 en septembre » et lancer le mot de « décélération ». Et d’autant plus qu’il sait parfaitement qu’avec son système à la sauce socialiste, nous avons maintenant 70.000 jeunes en « emplois d’avenir » et 320.000 « emplois aidés », ce qui veut dire en clair 390.000 emplois « bidon » qui permettent sans doute de tricher sur les chiffres mais qui vont coûter une fortune à l’Etat sans créer pour autant la moindre richesse. La méthode Coué ou plus exactement le mensonge institutionnalisé n’a jamais été une stratégie économique. Au lieu de continuer à prendre les Français pour des imbéciles en sortant des rustines crevées de sa boite à outils et en lançant à la cantonade de nouveaux mots plus ou moins ronflants, Hollande ferait mieux de constater, après dix-sept mois à l’Elysée, que ses vieux remèdes de bonne femme (de gauche) n’ont fait qu’aggraver la situation du pays et qu’il serait grand temps d’en revenir aux fondamentaux de l’économie. Pour avoir un minimum de croissance (il faut 1,5% de croissance pour créer des emplois) il y a deux impératifs : permettre aux entreprises, seules créatrices de vrais emplois, de retrouver un semblant de compétitivité grâce à l’innovation et donc aux investissements et permettre aux citoyens de redevenir des consommateurs pour que les entreprises aient des clients. Tout le reste n’est que balivernes. Mais , depuis qu’il est au pouvoir, Hollande ne fait que matraquer et les entreprises et les contribuables en inventant chaque jour de nouveaux impôts et de nouvelles taxes qui maintenant, comble du raffinement, peuvent être rétroactives. Il nous avait promis, comme tous ses prédécesseurs, il faut le reconnaitre, de baisser les dépenses pour pouvoir baisser les impôts tout en tentant de réduire les déficits. Hélas, socialiste jusque dans la moelle, il augmente les dépenses et donc les impôts et donc les déficits. C’est le cercle vicieux du socialisme car… les socialistes sont vicieux. Personne ne peut espérer que l’ancien premier secrétaire du PS, devenu président de la République par un bien malheureux concours de circonstances finisse par ouvrir les yeux et se convertisse soudain aux réalités économiques. Mais on l’attend avec impatience le 31 décembre prochain, quand, au cours de ses vœux à la Nation, il devra nous expliquer pourquoi, contrairement à tous ses engagements, la courbe du chômage ne s’est pas inversée. Le mot « décélération » aura déjà été usé jusqu’à la corde. Il lui faudra trouver un autre terme. Il nous avait dit qu’il voulait être jugé sur ses résultats. Vu les résultats, le jugement sera sans doute cruel, sans appel et ne lui permettra sans doute pas, malgré la réforme Taubira, de pouvoir récidiver.

25 Oct 2013 | Comments (8)

Carton rouge pour Hollande ?

Les clubs professionnels de football ont décidé de faire grève pour protester contre la taxe à 75% que le gouvernement veut imposer sur les salaires de plus d’un million d’euros. Même si l’on n’a jamais vu un match de football de sa vie et même si on a peu de sympathie pour ces stars du ballon rond qui touchent des salaires démentiels, on ne peut qu’applaudir à cette initiative. D’abord, à moins de remettre en cause tout le système capitaliste, on ne peut guère s’indigner réellement des sommes folles que touchent ces sportifs professionnels. Comme les vedettes de cinéma aux cachets comparables, ces joueurs encaissent énormément d’argent parce qu’ils rapportent énormément d’argent. Les talents sont sans doute différents mais les uns remplissent les salles de cinéma et les autres remplissent les stades et font exploser l’audimat. Sans eux, le cinéma se réduirait à quelques salles d’Art et d’Essai et le football aux cours de récréation. Ensuite, et comme toute notre économie, le football s’est internationalisé. Le meilleur club actuel, le Paris-Saint-Germain, appartient à des Qataris et son meilleur joueur, Zlatan Ibrahimovic, est suédois alors que les meilleurs joueurs français évoluent bien souvent, eux, dans des clubs étrangers, allemands, britanniques, italiens ou espagnols. Matraquer les clubs français serait évidemment faire fuir toutes les stars et tuerait le football français. Rappelons que le PSG compte dans ses rangs 5 Brésiliens, 3 Italiens, 2 Argentins, 1 Suédois, 1 Uruguayen, 1 Hollandais et 1 Haïtien. Imposer au-delà du supportable le PSG inciterait tous ces joueurs à suivre le chemin emprunté par Gérard Depardieu. Le fameux Zlatan aux buts acrobatiques ne joue pas à Paris par amour de René Char ou de Debussy mais, plus prosaïquement, pour de l’argent. Naturellement, on peut se dire qu’après avoir perdu toutes les batailles sur tous les fronts, la France peut parfaitement se contenter d’avoir des amateurs bénévoles pour taper dans des ballons ronds le dimanche après-midi. Mais il y a fort à parier qu’il y aurait beaucoup plus de Français pour hurler contre une telle dégringolade qu’il n’y en a pour protester contre la réforme des retraites. C’est bien connu, le peuple veut du pain et des jeux. Comme les Français n’ont déjà plus que des croutons rassis à grignoter, ce ne serait pas une bonne idée que de leur supprimer les jeux. Il va être intéressant de voir comment François Hollande jouera dans cette partie à hauts risques. On sait que pour « sortir de la mêlée », et éviter de « se faire plaquer au sol », il a l’habitude de « botter en touche ». Mais ça c’est du rugby, pas du football. Ici, il peut essayer de « dribler » (il sait faire) mais comme il est dans ce qu’il faut bien appeler, vu les sondages, « la surface de réparation » et qu’il a déjà écopé d’un bon nombre de « cartons jaunes », il ne faudrait pas qu’avec cette petite affaire il aille en « corner » ou, pire encore, qu’il hérite d’un « penalty », voire qu’il marque contre son camp. Une solution « à la Léonarda » comme, par exemple, tirer au sort les trois clubs qui seraient dispensés de cette taxe à 75% ou considérer qu’un club domicilié à Doha (capitale du Qatar) n’aurait pas à payer, serait tentante pour lui mais peu satisfaisante pour l’opinion. Bref, après « l’affaire Léonarda », nous entrons dans « l’affaire Zlatan », et le capitaine de l’équipe France qui va, très certainement, se prendre les pieds dans le ballon risque fort un carton rouge… de plus.

24 Oct 2013 | Comments (8)

Le président kangourou

La presse d’aujourd’hui affirme que François Hollande « cherche à rebondir ». C’est le grand mot du jour. Tout le monde affirme que l’affaire Léonarda a été une catastrophe… de trop. Et il est vrai que dans cette histoire tout à fait insignifiante –l’expulsion, conformément à la loi, d’une famille d’immigrés clandestins avec, peut-être, un petit manque de « discernement » des policiers- le président de la République a été particulièrement mauvais. D’abord, parce qu’il n’avait pas à se mêler de ce dossier, ensuite, parce qu’il aurait dû arbitrer entre son ministre de l’Intérieur et sa ministre du Logement, ensuite encore, parce qu’il n’aurait pas dû tolérer qu’un certain nombre de ses « amis » -à commencer par le président de l’Assemblée Nationale et le premier secrétaire du PS- le contredisent, enfin, parce que la solution qu’il a trouvée, autoriser la jeune fille à revenir sans sa famille, était particulièrement absurde. Mais si cet « incident » a fait descendre dans la rue quelques milliers de lycéens en mal de chahut et a souligné la haine qu’éprouvaient à l’égard de Manuel Valls bon nombre de socialistes, il n’a été qu’une goutte d ‘eau dans l’océan de récriminations que les Français font au chef de l’Etat. Cette goutte d’eau fera-t-elle déborder le vase déjà plein à ras bord, comme le croient plusieurs commentateurs ? Sans doute pas. Les Français se sont habitués à l’incompétence de leur président. Sa descente inexorable dans les enfers des sondages le prouve chaque semaine. Il est à jamais « plombé ». Nos compatriotes ne prêtent plus aucune attention à ce qu’il peut leur dire et lui voient un nez de Pinocchio qui s’allonge de jour en jour depuis qu’il leur a promis de ré-enchanter le rêve français, de changer l’Europe, de n’augmenter les impôts que pour les plus fortunés, d’inverser la courbe du chômage, d’aller châtier Bachar el Assad, etc. Certains, et non des moindres, ironisaient, à juste titre, sur « les balivernes et les fanfaronnades » de Sarkozy. Avec lui, c’est bien pire. C’est incohérences, reculades et inepties. Comment le kangourou pourrait-il rebondir aujourd’hui ? Il en a été incapable après l’affaire Cahuzac qui avait anéanti son image de donneur de leçon de morale, après les innombrables « couacs » au sein de son gouvernement qui avaient ridiculisé son image de chef, après ses velléités guerrières à propos de la Syrie qui l’avaient totalement discrédité aux yeux du monde entier. Le Figaro évoque ce matin des changements dans l’équipe de l’Elysée, un remaniement du gouvernement, une reprise en main du PS. Il n’y a aucun doute que l’entourage immédiat de François Hollande rue du Faubourg Saint Honoré, un ramassis de technocrates sectaires et obséquieux, le coupe des réalités du pays, l’incite à multiplier les gaffes et n’a aucun sens de l’art de communiquer. Il est évident que Jean-Marc Ayrault a très largement dépassé son niveau d’incompétence et que Martine Aubry avait parfaitement raison quand elle le qualifiait de « naze ». Quant aux ministres, soit ils jouent « perso » -Valls, Duflot, Taubira- et s’étripent à qui mieux-mieux pour se faire leur propre clientèle pour demain, soit ils sont totalement inexistants, Sapin, Touraine, Moscovici et les autres. Enfin, tout le monde est d’accord pour dire que le PS est devenu aussi invisible qu’inaudible et qu’Harlem Désir est désespérément nul. Les experts nous disent qu’Hollande attend la claque retentissante qu’il va, selon toute probabilité, recevoir aux prochaines municipales pour effectuer quelques changements aussi bien dans son cabinet élyséen, qu’au gouvernement ou que rue Solferino. On comprend mal qu’il lui faille attendre une déroute pour prendre des décisions que tout impose et qui lui permettraient, peut-être, d’atténuer la défaite. Mais les « hollandologues » nous rappellent que l’ancien premier secrétaire du PS déteste se séparer de ses proches et a toujours été convaincu d’avoir raison… en ne prenant jamais la moindre décision. Encore étonné d’avoir été élu, Hollande doit se dire qu’il n’y a aucune logique dans ce bas-monde et que les miracles peuvent toujours se reproduire. Alors, petit kangourou, il essaie de sautiller avec l’espoir de rebondir. Mais les kangourous ne peuvent pas rebondir dans les marécages.

24 Oct 2013 | Comments (8)

Droit du sol, droit du sang, droit dans le mur

Jean-François Copé qui ne sait plus quoi faire dans sa course contre la montre et plus encore contre François Fillon et qui commence à s’essouffler dans sa poursuite des électeurs du Front National vient de rouvrir le dossier (explosif) de la nationalité. Il prépare une proposition de loi qui n’accorderait plus automatiquement la nationalité française aux enfants d’immigrés clandestins nés sur le sol français. On sait qu’actuellement ces enfants deviennent français à 18 ans s’ils ont résidé en France au moins cinq ans. Cette proposition de loi n’a, bien sûr, aucune chance d’être adoptée par la majorité actuelle et on peut se demander s’il était vraiment indispensable –et même responsable- de rallumer cet incendie en plein débat sur les Roms, l’immigration à Lampedusa, l’affaire de la petite Léonarda et la montée de Marine Le Pen dans tous les sondages.. Le problème de la nationalité, en clair le choix entre « le droit du sol » et « le droit du sang », est important –moins que celui du chômage- mais exige, évidemment, un minimum de sérénité et de réflexion, loin des querelles des petits chefaillons qui s’étripent à la veille des municipales et en pensant déjà à la présidentielle. Pendant des décennies, voire des siècles, nous avons considéré comme français les enfants de Français nés en France, c’était le droit du sol, comme d’ailleurs les enfants de Français nés à l’étranger, c’était le droit du sang. Il n’y avait aucun problème. On était français « de famille », généralement blanc et souvent chrétien. Tout a, bien sûr, changé depuis quelque temps avec l’arrivée massive d’immigrés fuyant la misère de leur pays d’origine et attirés par tous les avantages que peut offrir notre système paradisiaque d’assistanat généralisé. Or, dès l’instant où notre « sol » est foulé par n’importe qui, on peut se demander, sans être raciste, xénophobe, arabophobe ou même islamophobe, s’il est vraiment suffisant d’avoir vu le jour dans une maternité française pour être français. On connait la fameuse phrase : « Il y a des pigeons qui sont nés dans une écurie, ça n’en fait pas des chevaux pour autant ». Il est dommage qu’elle ait été prononcée par Jean-Marie Le Pen ce qui l’a discréditée. Tous les débats organisés sur la nationalité française ont toujours tourné en eau de boudin quand ils ne se sont pas terminés par des échauffourées. Personne, aucun de nos dirigeants politiques, aucun de nos penseurs patentés n’a, jusqu’à présent, été capable de donner une définition précise de ce que c’est qu’« être français au XXIème siècle ». En fait, personne n’a osé. Seuls « les braves gens » c’est-à-dire l’écrasante majorité de nos concitoyens qui n’ont jamais droit à la parole savent qu‘être français c’est d’abord aimer (de préférence passionnément) la France, c’est être fier de son histoire, de sa langue, de sa culture, c’est aimer Louis XIV, la Révolution, Napoléon, Victor Hugo, Clemenceau, c’est avoir un petit frisson en entendant La Marseillaise, c’est se sentir bien et « chez soi » au milieu de nos paysages, c’est, éventuellement, être prêt à… mourir pour la France. Tout cela n’a, évidemment, rien à voir avec le droit du sol. Comment demander au petit toubou, au petit zoulou ou au petit papou, né accidentellement dans une maternité du 9.3., d’être fier de ses « aïeux les Gaulois » à Versailles ou à Chartres, bouleversé devant la dalle du Soldat inconnu. Il n’est a priori qu’un touriste de passage, qu’un étranger forcément en transit. Ce qui, bien sûr, ne l’empêchera pas, l’âge venu, s’apercevant qu’il n’a pas d’autre pays et même que la France est le plus beau pays du monde, de demander sa naturalisation française qu’on lui accordera pour peu qu’il se soit intégré si ce n’est assimilé. « Etre français » n’est pas un « droit » ni du sol, ni du sang, qui s’obtiendrait avec un bout de papier. C’est plutôt un devoir. En vérité, le problème est ailleurs. Ce ne sont pas les immigrés, ni officiels ni clandestins, qui le posent, mais bel et bien les Français dits « de souche » et qui sont les premiers à décrier la France avec leur mode de la repentance, à la déserter devant la crise et l’incapacité de ses dirigeants, voire à souhaiter sa disparition avec une fédération européenne. Tant que les Français baveront sur leur pays, s’expatrieront pour faire fortune ailleurs et rêveront d’un « machin » à 28 ou à 29 (les discussions pour l’admission de la Turquie en Europe ont repris à Bruxelles sans qu’on nous le dise) on pourra donner la nationalité française dans une pochette-surprise à n’importe qui. Elle n’aura guère de valeur… On ne voit d’ailleurs pas pourquoi un enfant d’immigrés clandestins aurait moins le droit d’être français qu’un enfant d’immigrés officiels. Quant à ceux qui nous affirment aujourd’hui que le droit du sol fait partie des « fondements de la République », ils racontent évidemment n’importe quoi et ont une bien curieuse conception de la République.

23 Oct 2013 | Comments (6)

Quand Hollande fait rigoler Obama

François Hollande a fait connaitre sa « profonde désapprobation » à Obama. Le président français reproche au président des Etats-Unis de faire espionner la France par la NSA, les « grandes oreilles » des services secrets américains. On imagine l’éclat de rire qui a dû retentir dans le bureau ovale de la Maison-Blanche quand Obama a entendu le petit Français le « gronder ». C’est en lisant Le Monde d’hier que notre chef d’Etat a appris que la NSA écoutait chaque mois des dizaines de millions de communications passées en France. A croire que nos propres services secrets n’en savaient rien ce qui serait assez inquiétant. Le gigantisme des systèmes électroniques de l’agence américaine est depuis des années un secret de polichinelle et il faudrait être d’une naïveté dépassant l’entendement pour s’imaginer que, sous prétexte que La Fayette à aider les Américains à obtenir leur indépendance, la France serait le seul pays au monde que Washington ne surveillerait pas, précisément d’une oreille attentive. Paris estime qu’il est scandaleux d’espionner un pays allié, ami, avec lequel on partage les mêmes valeurs. Mais qu’y a-t-il de scandaleux à vouloir vérifier si cette « amitié » ne connait pas des « trous d’air », à essayer d’apprendre ce que pensent les interlocuteurs qu’on va rencontrer lors de prochaines négociations, voire à tenter de savoir ce que préparent les grandes entreprises qui, toutes amies qu’elles soient, n’en sont pas moins des concurrentes. Ce n’est, bien sûr, pas très joli d’écouter aux portes mais les empereurs romains avaient déjà leurs espions. En faisant connaitre sa « désapprobation », Hollande est évidemment ridicule et d’autant plus qu’il sait comme tout le monde qu’Obama le considère comme quantité négligeable et qu’il se soucie comme d’une guigne de ce que le Français peut bien lui dire. Il est bien dommage qu’il n’y ait personne à l’Elysée pour conseiller à François Hollande de « la fermer » plus souvent. Non seulement il est incapable de mener une politique cohérente pour lutter contre le chômage, les déficits ou l’effondrement de notre économie mais, en plus, chaque fois qu’il ouvre la bouche, il est grotesque. Il l’a été hier soir au téléphone avec Obama ; il l’a été, samedi, en nous annonçant qu’il autorisait la petite Léonarda à revenir en France sans sa famille ; il l’a été en nous jurant que la reprise « était là » ; il l’a été, dix fois, en nous affirmant qu’il allait inverser la courbe du chômage avant la fin de l’année ; il l’a été quand il a voulu nous faire croire qu’il allait imposer à Angela Merkel sa vision de l’Europe ; il l’a été quand il nous a dit qu’il allait châtier Bachar al Assad, etc., etc. Il est vrai qu’il l’avait déjà été quand il nous avait promis de « ré-enchanter le rêve français » La parole est l’arme suprême des politiques. Celle de François Hollande est totalement déconsidérée, discréditée, aussi bien en France qu’à travers le monde. Et plus personne ne prête la moindre attention à son verbiage pâteux où les contradictions le disputent aux atermoiements et aux mensonges les plus éhontés. Même ses propres ministres ricanent cruellement autour de la table du Conseil des ministres quand il tente de jouer les instituteurs revêches pour leur faire croire qu’il est le chef de l’Etat. S’imagine-t-il vraiment, ce matin, qu’Obama va immédiatement dissoudre la NSA et que les Français vont apprécier son coup de menton en forme de coup de gueule ? Cela fait longtemps, hélas, que le ridicule ne tue plus personne en France. Mais le grotesque, quand il dépasse certaines limites du supportable, peut encore faire des dégâts considérables. On s’en aperçoit en lisant les sondages…

22 Oct 2013 | Comments (15)

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