Les écologistes ont, sans doute, raison quand ils nous disent que notre course effrénée au « progrès » et la consommation détruit notre planète, fait fondre les pôles, avancer les déserts et pourrit l’air que nous respirons et l’eau que nous buvons. Ils ont, peut-être, raison de répéter que la « transition » écologique qu’ils réclament à grands cris nous permettrait de créer des emplois et de sauver les papillons. Mais le problème est de savoir si le retour à la marine à voile et aux moulins à vent dans notre minuscule hexagone a la moindre chance de sauver la planète à l’heure de la mondialisation et alors que les gigantesques nouveaux maitres du monde, la Chine, l’Inde, le Brésil et tous les autres pays dits « émergeants » multiplient à l’infini leur consommation de pétrole, de charbon, de détergents, d’OGM et inondent l’univers de leurs productions sans se soucier de la couche d’ozone, du changement des climats ou de la pollution de notre terre. Les écologistes n’osent plus employer le mot, mais la « décroissance » dont ils rêvent n’est sûrement pas une bonne idée. Nous sommes d’ailleurs déjà, et bien involontairement, en décroissance depuis quelques années et on en voit les résultats. Un pays qui ne produit plus massivement, sous prétexte qu’il veut respecter les petites fleurs, sombre dans la misère, le chômage, la précarité. Certes, il faut être prudent, mais rejeter le nucléaire en ressortant les drames de Tchernobyl et de Fukushima est absurde. Il y a des accidents d’avion, de train ou de voiture et on n’interdit pas pour autant l’aviation, le rail ou la circulation. Refuser aujourd’hui l’exploration du gaz de schiste qui pourrait être une chance fabuleuse pour la France est tout aussi absurde. Tout, le monde sait que ni le solaire, ni les éoliennes, ni les hydroliennes ne nous fourniront l’énergie dont nous aurions besoin pour sortir de la crise et quand les Verts évoquent l’exemple de l’Allemagne qui a renoncé au nucléaire, ils oublient de nous dire qu’Angela Merkel a dû faire rouvrir des mines de charbon, comme au XIXème siècle et qu’elles sont infiniment plus polluantes que les centrales nucléaires. En ouvrant, hier, la deuxième Conférence environnementale de son quinquennat, François Hollande n’avait d’ailleurs pas en tête l’avenir de la planète mais… les prochaines élections municipales. Il ne pensait ni à la montée des eaux ni à la pollution de l’air mais à la montée du Front National et à la pollution de sa majorité présidentielle pourrie par ses « amis » d’Europe-Ecologie-les-Verts. Les Ecolos n’ont obtenu que 2% des voix à la dernière présidentielle (il est vrai qu’ils étaient représentés par Eva Joly) mais l’accord Aubry-Duflot leur a permis d’avoir un groupe parlementaire à l’Assemblée Nationale et Hollande s’est cru obligé de leur offrir deux portefeuilles au gouvernement. Du coup, ils existent et peuvent faire chanter Hollande en menaçant de claquer la porte (ce qui n’aurait strictement aucune conséquence) ou de faire des listes à part lors des élections (ce qui serait beaucoup plus ennuyeux pour le président de la République). Alors Hollande ménage ses Verts. Et, comme d’habitude, pour calmer les mécontents, il ne trouve rien de mieux que de créer… un nouvel impôt. Ce sera, dès l’année prochaine, la « Contribution climat-énergie », remake de la taxe carbone. Mais comme nous sommes en pleine « pause fiscale », le président a le culot de nous dire, les yeux dans les yeux, qu’il ne s’agit absolument pas d’un impôt supplémentaire, que cette « contribution » sera « compensée » et que « ce n’est pas une fiscalité supplémentaire mais une nouvelle fiscalité ». Les contribuables apprécieront sûrement la subtilité de cette nuance et on pourra voir, lors des prochaines municipales, qui pèsent le plus, des écolos ou des contribuables. L’idée de baisser de 10% à 5% la TVA pour les travaux d’isolation thermique des logements est, évidemment, excellente mais il est bien dommage que le gouvernement ne s’en inspire pas pour baisser la TVA en général et que les autres lobbies, autres que celui de l’écologie, n’aient pas les mêmes moyens de pression. Quant à la promesse présidentielle de faire baisser de 30% notre consommation d’énergie fossile d’ici à 2030, elle fait partie des galéjades habituelles de François Hollande qui, en 2030, aura 76 ans et ne sera plus dans le coup depuis longtemps…

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