Il n’y a, bien sûr, aucun rapport entre l’affaire du bijoutier niçois qui a tué un de ses agresseurs et le drame syrien. Si ce n’est qu’on peut tout de même s’étonner du raisonnement de François Hollande dans ces deux cas. Le président de la République condamne le bijoutier qui a tiré sur un de ses braqueurs en rappelant –à juste titre- que c’est à la justice, et à elle seule, de faire… justice. Mais, en même temps, il continue à nous dire que la France peut et doit intervenir en Syrie pour punir Bachar al Assad et en tous les cas l’obliger à respecter l’accord de Genève signé par Moscou et Washington. Or, la France n’a pas été braquée par Assad et s’il a commis un crime c’est à la justice internationale (l’ONU) et à elle seule de le juger et de le condamner. Même s’il a tiré alors que les deux voyous s’enfuyaient, le bijoutier était encore en état de légitime défense, victime à la fois de ces deux braqueurs et, il faut le dire, de l’Etat –police et justice- totalement incapable de faire face au déferlement de violences qui submerge actuellement le pays. Une grande majorité des Français soutient si ce n’est approuve le petit commerçant même si chacun regrette, bien sûr, la mort du jeune gangster. Avec les règlements de comptes en série à Marseille et en Corse, les innombrables braquages de banques et maintenant de bijouteries ou de magasins de luxe, l’augmentation sans précédent des cambriolages et des attaques aux personnes, l’insécurité sous toutes ses formes est revenue au premier rang des préoccupations de nos compatriotes qui s’aperçoivent que, si Manuel Valls a peut-être de bonnes intentions, c’est, évidemment, la ligne Taubira qui l’emporte avec la suppression des peines planchers et l’instauration de peines dites « probatoires ». Cette même majorité de Français ne comprend toujours pas quelle mouche a bien pu piquer Hollande à vouloir jouer les shérifs justiciers en partant en croisade pour aller châtier le « Sarasin de Damas ». Les Français pensent sans doute que le président de la République ferait mieux de les protéger eux-mêmes dans leur vie quotidienne plutôt que d’aller protéger les islamistes syriens. Hollande est « munichois » (comme dirait Harlem Désir) en France et va-t-en-guerre au bout du monde. Une chose est sûre : il est totalement coupé et des réalités (françaises ou internationales) et des Français. Et il n’a toujours pas compris pourquoi Marine Le Pen gagnait des voix de semaine en semaine.

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