Poutine propose que l’ONU contrôle les armes chimiques de Bachar al Assad. Cela signifie plusieurs choses. D’abord, qu’il ne souhaite pas qu’on aille à la confrontation armée et qu’avec cette volte-face de sa part il pense qu’Obama n’obtiendra pas du Congrès l’autorisation de se lancer dans cette guerre. Ensuite, qu’il sait que ses amis syriens ont eu tout le temps nécessaire pour dissimuler, avec l’aide d’experts russes, tout leur stock d’armes chimiques et que cette nouvelle inspection onusienne permettra d’accuser les « rebelles » d’être les vrais coupables de ce crime contre l’humanité. Enfin, qu’il entend apparaitre à la face du monde comme l’homme de la paix en face d’un Obama et d’un Hollande prêts à faire la guerre. Certes, les présidents américains et français pourront toujours dire que c’est grâce à leurs menaces que Poutine a du infléchir sa position et faire pression sur Assad. Mais, si l’ONU inspecte les dépôts d’armes syriens sans y trouver le gaz Sarin qui aurait été utilisé, toute l’argumentation de Washington et de Paris qui voulaient « punir » le dictateur de Damas s’effondrera d’elle-même. Chacun comprendra alors qu’Obama et Hollande voulaient simplement, en se servant de ce « prétexte » appuyé sur les « preuves » fantaisistes, renverser Assad et donner la victoire aux « rebelles » islamistes. Les deux grands « moralistes » qui prétendaient châtier le criminel apparaitront soudain comme des géo-stratèges particulièrement maladroits jouant avec le feu. Une chose est sûre, cette « initiative » de Moscou va geler pour un temps les velléités guerrières de Washington et de Paris. Obama doit respirer en son for intérieur tant il savait que cette opération était risquée et que son opinion publique y était très largement défavorable. Hollande, lui, doit être déçu de ne pas avoir sa nouvelle petite guerre. Depuis le Mali, il a pris goût à jouer le chef militaire. Il n’y a rien de mieux qu’une « bonne petite guerre » pour faire oublier le chômage, les dettes, le marasme général. Nos guerriers vont donc rester l’arme au pied, le « machin » -selon le mot de de Gaulle- va reprendre ses interminables palabres, la guerre va continuer à faire des ravages en Syrie avec un Assad qui se vantera d’avoir fait reculer les Etats-Unis et la France et des « rebelles » qui recevront davantage encore d’armes de l’Arabie saoudite. Le temps passera, on oubliera le gaz Sarin et on finira par se demander quelle mouche avait bien pu piquer Hollande pour vouloir ainsi jouer les justiciers planétaires alors que rien n’était encore prouvé si ce n’est qu’il était totalement incapable –et c’était une chance- de partir seul en guerre contre la Syrie, la Russie, la Chine et l’Iran. Faute d’avoir pu déclencher une catastrophe, le président français devra se contenter d’être ridicule.

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