Il est tout de même invraisemblable (et scandaleux) que dans la situation dramatique que connait la France aujourd’hui -avec un chômage de masse, une précarité grandissante, une baisse généralisée des revenus, une stagnation de la consommation- on interdise à certains salariés de travailler le dimanche ou tard le soir. Les magasins de bricolage Leroy-Merlin et Castorama n’ont plus le droit d’ouvrir le dimanche et le magasin de parfums Séphora doit désormais fermer boutique à 21 heures. Or, ce sont les jours et les heures où il y a le plus de clients. Les patrons, les salariés et les clients sont donc furieux. Mais les syndicats qui ne représentent plus personne (7% seulement des salariés français sont syndiqués et encore ce ne sont pratiquement que des fonctionnaires) qui ne reconnaissent pas les « racines chrétiennes » du pays exigent que les travailleurs respectent… le jour du Seigneur ! Pas pour qu’ils aillent à la messe. Non, simplement pour emmerder les « salauds de patrons » et plomber les entreprises. Cette question du travail dominical est récurrente. Pour les uns, les syndicats, le repos du dimanche est un « acquis social » et sa remise en cause détruirait notre société et la vie familiale en portant gravement atteinte au droit « du » travail. Pour les autres, et notamment les salariés concernés, travailler le dimanche permet de mettre un peu de beurre dans leur maigre plat d’épinards et parfois même simplement de joindre les deux bouts. Le leur interdire, c’est violer le droit « au » travail. Ce n’est pas la première fois qu’en s’arcboutant sur des textes et des « acquis sociaux » d’une autre époque, les syndicats nuisent gravement à ceux qu’ils sont censés représenter. La CGT et ses comparses ont détruit des pans entiers de notre économie, dévasté des régions entières et réduit des centaines de milliers de salariés au chômage. Nombreuses de nos lois qui prétendaient faire « avancer » notre société, se sont d’ailleurs traduites par des reculs considérables. Un exemple entre cent : la parité hommes-femmes (qui n’a toujours pas permis une égalité de salaires entre les uns et les autres) a conduit à autoriser le travail de nuit pour les femmes. Est-ce vraiment un grand progrès social et une belle victoire pour les syndicats ? Faire travailler des vendeurs de grandes surfaces le dimanche ou tard le soir n’est évidemment pas en revenir à l’époque de Zola. Et d’autant plus que ces salariés sont tous volontaires et même demandeurs et que le salaire de ces heures supplémentaires est considérablement majoré. La loi est d’ailleurs absurde puisque les magasins de « jardinage » peuvent ouvrir le dimanche et pas les magasins de « bricolage ». A croire que le législateur s’imagine que les Français jardinent le dimanche et ne bricolent qu’en semaine. Et on peut se demander pourquoi les vendeurs de tondeuses à gazon n’auraient pas comme les vendeurs de scies sauteuses le droit d’aller à la messe et d’avoir une vie de famille normale… La France crève sous le poids des lois, des décrets, des arrêtés, des règlements plus liberticides et souvent plus absurdes les uns que les autres. Ces textes ont été votés ou signés par des parlementaires ou des fonctionnaires totalement coupés de réalités et entièrement sous le joug des syndicats qui veulent encore mener la lutte des classes et qui se moquent comme d’une guigne de la dégringolade du pays et du sort des plus défavorisés. Combien des députés, de sénateurs, de hauts fonctionnaires ou de chefs syndicalistes savent ce que c’est que d’avoir besoin de 300 ou 400 euros pour terminer le mois ou offrir un petit plaisir à son gosse ? En France cela fait longtemps qu’il est interdit d’être riche. Mais maintenant quand on est pauvre on n’a plus le droit de faire des heures supplémentaires ou de travailler le dimanche pour essayer de s’en sortir. Les riches s’en moquent, ils partent pour l’étranger. Mais les pauvres que peuvent-ils faire d’autre que de descendre, un jour, dans la rue ? Nous sommes un certain nombre à les y attendre. François Hollande, Jean-Marc Ayrault et leurs petits copains ne savent visiblement plus quoi faire devant la situation du pays et le mécontentement qui grandit. S’ils commençaient par foutre la paix à ceux qui ont encore la chance d’avoir un travail, ce serait déjà un vrai progrès.

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