Hollande va-t-il gagner son pari d’inverser la courbe du chômage avant la fin de l’année ? S’il continue à tricher comme un voyou de tripot, ce n’est pas impossible. Les chiffres que Michel Sapin a publiés hier soir sont évidemment merveilleux. En août, il y aurait eu 50.000 chômeurs de moins dans la catégorie A (aucun travail pendant un mois) et 62.700 de moins toutes catégories confondues. Certes, il reste encore 3,2 millions de chômeurs en catégorie A et 4,780 millions toutes catégories confondues, ce qui est épouvantable, mais c’est la première fois depuis des mois que la fameuse courbe redescend un peu. Tout le monde ne pourrait, bien sûr, que s’en réjouir. Mais l’ennui c’est qu’il y a tricherie. En août, 277.500 chômeurs ont été sortis des statistiques pour « interruption temporaire de l’inscription à Pôle-emploi ». Ce ne sont pas des chômeurs qui ont retrouvé un emploi, non, ce sont des chômeurs qui n’ont pas rempli toutes leurs obligations de chômeurs comme par exemple se rendre à un rendez-vous à Pôle-emploi. Depuis des années, environ 200.000 chômeurs sont, chaque mois, ainsi rayés temporairement des listes. Pourquoi y en a-t-il eu brusquement 77.000 de plus en août dernier ? Pôle-emploi aurait-il reçu des instructions ? Il est sûrement plus facile de rayer des noms que de trouver des emplois. Et on comprend que Michel Sapin ait eu le triomphe modeste en reconnaissant qu’il fallait encore attendre un peu pour savoir si la courbe s’inversait vraiment. En fait, tous les Français ont compris. Le seul moyen de réduire le chômage c’est de réveiller l’économie, de relancer les investissements et la consommation pour que les entreprises (qui, seules, peuvent créer de vrais emplois) puissent innover, retrouver des clients et donc embaucher. On sait que pour créer des emplois il faut une croissance d’au moins 1,5%. Or, notre croissance sera de 0,1% en 2013 et les plus optimistes espèrent 0,9% en 2014. Autant dire que nous allons, mécaniquement, continuer à perdre des emplois. Au lieu de libérer les entreprises et de laisser respirer les ménages, le gouvernement aggrave au-delà du supportable la pression fiscale et, au nom des vieux principes socialistes, s’imagine que l’Etat peut modifier les règles fondamentales de l’économie en créant lui-même des emplois. Hollande n’a toujours pas compris que si les emplois « aidés » donnaient, pour quelques mois, de petits boulots à des chômeurs et permettaient donc de magouiller les chiffres, ces petits boulots ne produisaient aucune richesse et aggravaient encore les déficits de l’Etat, ce qui oblige l’Etat à accroitre encore la pression fiscale, ce qui réduit encore les chances d’un redémarrage de l’économie. C’est le cercle vicieux du socialisme qui nous fait descendre, en spirale, toujours plus dans l’abîme. Pour réduire le chômage, Les Allemands ont multiplié des emplois à bas salaires. Certes, ce n’est pas glorieux mais cela a permis de redonner un minimum de dignité à ceux qui étaient sur le bord de la route et, surtout, d’augmenter, à bas prix, la main d‘œuvre productive. Hollande préfère créer des emplois bidons qui se serviront à rien et plomberont davantage encore les finances de l’Etat. Les « emplois d’avenir », les « contrats de génération », le « crédit d’impôt compétitivité-emploi », les « contrats d’apprentissage » ne sont que des remèdes de charlatan. Hollande ne s’en sortira pas à si bon compte. Puisqu’on leur présente des chiffres bidon avec des emplois tout aussi bidon, les Français ne vont plus regarder les chiffres officiels du chômage. Ils vont poser la seule question qui vaille : en un an de pouvoir socialiste, combien d’emplois réels l’économie française a-t-elle pu créer ? On attend la réponse. Aujourd’hui Hollande a eu le courage, pour ne pas dire le culot, d’aller à Florange rencontrer les sidérurgistes auxquels il avait promis de sauver leurs emplois. Devant les hauts fourneaux éteints, il ne leur a pas proposé des emplois d’avenir pour quelques mois, dans le genre nounous auxiliaires dans des crèches ou plantons intérimaires dans des associations sans but lucratif. Il leur a annoncé la création, d’une « plate-forme publique de recherche pour la sidérurgie lorraine » (sic !) avec un « budget de 20 à 50 millions d’euros » (re-sic !) et un « comité de pilotage qui associera les partenaires sociaux et les industriels du bassin lorrain, de toute la France et même du monde entier » (re-re-sic !) Après la tricherie sur les chiffres, c’est ce qu’on appelle dans le bassin lorrain du « foutage de gueule ».

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