La séance de « brainstorming » sur la France de 2025, imposée à ses ministres par François Hollande, hier, restera sans doute comme l’un des grands numéros de bateleur de l’actuel président. Voulant faire croire que, contrairement aux apparences les plus évidentes, il savait où aller et avait un cap pour la France, François Hollande, a demandé à ses trente-sept ministres de sortir une ou deux idées de leur chapeau respectif. D’après les premières « fuites », seule Christiane Taubira est restée muette ne voulant pas jouer les cartomanciennes. Tous les autres ont lu dans leur boule de cristal. 120 minutes de « débat » divisées par 36 ministres, cela leur a fait un peu plus de 3 minutes chacun. Amplement le temps de dire n’importe quoi. Manuel Valls n’est pas le plus mauvais de nos ministres. Avec son petit côté Sarkozy de gauche, ses coups de menton, son agitation et ses moulinets permanents, certains le voient déjà à l’Elysée. Il plait d’ailleurs beaucoup aux Français et notamment à ceux de droite. Au point que certains de ses « amis » de gauche (qui le détestent) se demandent s’il est vraiment socialiste. On oublie souvent que, depuis Jules Moch qui fit tirer l’armée contre des mineurs grévistes, quand ils sont place Beauvau, les socialistes ne sont pas aussi laxistes qu’on le dit. Sans parler de Mitterrand qui faisait guillotiner les terroristes du FLN. Mais, tout en faisant partie du gouvernement de Guy Mollet, il n’était pas encore socialiste à l’époque. On attendait donc avec intérêt les prévisions du ministre de l’Intérieur. L’insécurité, la violence, le problème des banlieues et de leurs zones de non-droit sont, bien sûr, des problèmes qu’il faudrait savoir affronter avant 2025. Mais, d’après Libération de ce matin, Valls a préféré parler de l’immigration, problème lui aussi essentiel et qui n’est peut-être pas toujours éloigné des problèmes de la délinquance, en déclarant : « Nous serons obligés d’ici à 10 ans à repenser notre politique migratoire ». C’est une évidence. D’abord, parce que les peuples faméliques du Sud vont continuer à déferler de plus en plus nombreux sur les pays riches du Nord. Ensuite, parce que nous n’avons aucune politique migratoire depuis des décennies. Mais Valls a eu le courage d’aller plus loin encore et d’aborder le problème tabou de l’Islam, reconnaissant par là-même que l’un des aspects les plus préoccupants de notre immigration était qu’elle était composée très largement par des musulmans, ce qui rend infiniment plus difficiles les questions de l’intégration voire de l’assimilation de ces nouveaux venus et risque, à court terme, de provoquer de graves conflits entre notre société et ces adeptes du Coran qui jouent le communautarisme, en se réfugiant, de gré ou de force, dans des ghettos. Et c’est là que Valls est redevenu socialiste, reprenant les balivernes de la pensée unique et niant donc toutes les réalités. « L’avenir de la France, a-t-il déclaré, toujours selon Libération, sera de faire la démonstration que l’Islam est compatible avec la démocratie ». Pour certains ministres, autour de la table, il y a eu alors « un moment de consternation outrée ». Pour d’autres, Valls franchissait là « un cap hallucinant ». Ne nous trompons pas. Pour les membres du gouvernement de François Hollande ce qui était « outrant » voire « hallucinant » c’était que le ministre de l’Intérieur ait l’air de considérer que la démonstration que l’Islam était compatible avec la démocratie n’avait pas encore été faite. Pour eux, on le sait, il n’y a pas de problème. « Nos » musulmans qui applaudissent les Tunisiens d’Ennahda ou les Egyptiens des Frères musulmans sont de parfaits démocrates, totalement assimilés à notre société et adeptes de la laïcité républicaine, même s’il leur arrive, parfois, de refuser la mixité dans les piscines ou les hôpitaux, d’exiger la viande hallal dans les cantines ou d’écouter des imams qui prêchent la guerre sainte dans certaines mosquées. Valls a évidemment raison de penser que les musulmans de France ne sont pas (encore ?) tous des adeptes de la démocratie. Mais où il dérape complètement c’est quand il a l’air de croire que, dans douze ans, l’Islam (en France) aura pu se fondre dans notre société, dans notre civilisation, et accepter notre laïcité, nos lois, la parité homme-femme, la suprématie de la Constitution et de la Déclaration des Droits de l’homme sur le Coran. Pour les « bons » musulmans, accepter la démocratie c’est faire acte d’apostasie. On ne peut pas le leur reprocher mais il faut le savoir. Ce qui se passe, depuis deux ans, en Tunisie, en Libye, en Egypte, en Syrie, en Irak, sans parler de l’Iran, aurait dû faire comprendre à Valls qu’il y a incompatibilité totale entre l’Islam et la démocratie. C’est bien dommage, mais c’est comme ça et on ne voit pas comment Valls pourrait transformer nos « fous de Dieu » en gentils petits démocrates, sauf à en faire tous, en effet, des renégats. Ce qui ne serait d’ailleurs pas facile. Devant l’énorme problème de l’Islam en France, il faut sûrement trouver autre chose que de croire, d’affirmer et de répéter qu’il n’y a pas de problème…

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