Faute de pouvoir nous convaincre des vertus de la politique qu’ils prétendent mener, nos ministres veulent maintenant nous attendrir. Les malheureux ont tellement de choses à faire pour sauver la France qu’ils ne prendront pratiquement pas de vacances. Deux petites semaines et encore sans quitter le pays. Sans doute chez des parents ou même peut-être en pension de famille. Et pourtant ils se disent tous éreintés, sur les rotules, épuisés par une année de travail harassant. Ils font de la peine à voir ! Pensent-ils vraiment nous émouvoir sur leur sort ? Mis à part les homosexuels qui commencent à pouvoir convoler en juste noces, peu de Français s’aperçoivent des résultats du travail que notre gouvernement aurait abattu. Ce ne sont ni les chômeurs, de plus en plus nombreux, ni les chefs d’entreprise, chaque jour davantage en difficulté, ni les vieux qui voient leurs retraites rognées, ni les jeunes qui n’ont toujours pas le moindre avenir, ni les ménages dont le pouvoir d’achat baisse de mois en mois qui vont s’extasier devant les premiers bilans de cette bande d’amateurs qui ne savent toujours pas s’ils sont des socialistes, des socio-démocrates, des pragmatiques ou des révolutionnaires. Pour l’instant, quinze mois après l’entrée au pouvoir des socialistes, « le changement » que nous avait promis François Hollande se limite à de nouvelles suppressions d’emplois, de nouvelles fermetures d’usines, des augmentations d’impôts, des augmentations du prix de l’électricité, du gaz, des cigarettes, etc., et, là encore comme toujours, la création d’emplois bidons (contrats d’avenir, contrats de génération, contrats de formation, etc.) aux frais de la République et qui ne serviront à rien si ce n’est à plomber davantage encore les finances de l’Etat et, surtout, à maquiller les chiffres du chômage pour tenter de faire croire –mais personne ne sera dupe- que le pari fou du président de la République d’inverser, d’un coup de baguette magique et par ses seules incantations, la courbe du chômage dans l’année a été gagné. Ces quelques rustines avec lesquels François Hollande et Jean-Marc Ayrault veulent colmater les trous béants de l’usine à gaz de notre économie ne vont qu’aggraver encore considérablement tous nos déficits qu’ils prétendent réduire. Sortant du dernier Conseil élyséen pour cette petite quinzaine… de « congés payés » (comme l’a dit Hamon) nos ministres, fiers d’eux-mêmes nous ont rappelé le nombre impressionnant de lois en tout genre qu’ils ont présentés au Parlement. Ils ont simplement oublié que la France crève depuis longtemps sous le poids de textes inutiles, inapplicables et inappliqués et généralement liberticides ; que le pouvoir exécutif ne doit pas se limiter au législatif ; que les Français qui lisent rarement le Journal officiel, veulent des résultats et non pas de nouvelles lois gravées dans le sable ; et surtout que tous ces textes n’ont que bien peu de relations avec les vrais problèmes du pays. Pas de vraie réforme fiscale, pas de vraie libération des entreprises, pas de vraie remise en cause de notre système de protection sociale, rien sur notre mille-feuilles administratif. Les socialistes ont perdu la première année du quinquennat. Or ce n’est que pendant les tout premiers mois qu’un nouveau pouvoir peut s’imposer et imposer ses grandes réformes. Sarkozy a payé cher d’avoir attendu trop longtemps pour sa réforme des retraites. Mais Hollande ne gouverne pas. Il attend. Il attend les élections allemandes. Il attend le redémarrage de l’économie américaine. Il attend la fin de ce qu’il croit être un (mauvais cycle). Il attend que « ça » se passe, en faisant le dos rond. Persuadé que le beau temps vient toujours après la pluie, il attend la fin du déluge des mauvaises nouvelles. Il s’accroche au souvenir de Lionel Jospin qui, arrivé au pouvoir par hasard (la dissolution décrétée par Chirac) a vu brusquement et sans y être pour quoi que ce soit, le ciel s’éclaircir et la conjoncture internationale retrouver sa plus belle allure. Grâce à ce renversement inespéré de la situation mondiale, Jospin a pu faire baisser le nombre des chômeurs de plus d’un million. Mais les Français, ayant compris les vraies raisons de ce « miracle », ne l’ont pas élu pour autant en 2002. Même si aujourd’hui on perçoit les premiers frémissements d’un redémarrage de l’économie occidentale, aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et même en Espagne, il y a peu de chance que, cette fois, nous puissions en profiter. Nous avons pris trop de retard et, contrairement aux autres, nous n’avons fait aucune des réformes qui nous permettraient de monter à bord de ce train qui redémarre peut-être. En attendant les bras ballants de peur d’avoir à affronter les syndicats, son extrême-gauche, les écologistes, l’opinion et surtout les réalités, François Hollande nous laisse sombrer inexorablement. On nous parle des vacances des ministres, mais le vrai problème c’est la vacance du pouvoir.

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