Paul Giacobbi, président du Conseil exécutif de Corse et député de l’île de Beauté, vient de proposer qu’on interdise aux non-Corses d’acheter une propriété en Corse. Giacobbi est radical et donc membre de la majorité de François Hollande. On attend avec impatience la réaction du président de la République devant cette proposition scandaleuse, totalement contraire à la Constitution et qui relève, en fait, de la pire des xénophobies pour ne pas dire du racisme. Giacobbi est un personnage curieux. Enarque et franc-maçon, de gauche et héritier d’une des deux grandes dynasties féodales de l’île. Son père, son grand-père et son arrière-grand-père ont été des élus de la Corse, les Giacobbi étant pour le nord de l’ile ce que sont les Rocca-Serra pour le sud. Mais Giacobbi est surtout un démagogue. En reprenant ainsi à son compte l’une des revendications des indépendantistes les plus extrémistes, il espère s’attirer leurs bonnes grâces. Il est évident que si on interdisait aux Continentaux d’acheter une maison en Corse, l’île se détacherait davantage encore de la France et partirait à la dérive. Tout le monde sait qu’il y a un problème immobilier en Corse. Le prix du terrain a explosé avec une spéculation folle dont profitent d’ailleurs, bien souvent, toutes les maffias de l’ile et quelques élus véreux. Mais le président du Conseil général de la Corse du sud (divers droits) Jean-Jacques Panunzi vient de préciser que sur les 70.000 résidences secondaires de l’ile… 55.000 appartenaient à des Corses. Autant dire que la crise du logement en Corse n’a rien à voir avec un « colonialisme » des riches vacanciers du Continent et que les difficultés que peuvent avoir les jeunes Corses à se loger sont exactement les mêmes que celles que rencontrent les jeunes Continentaux dans certaines régions. Ce qui est intéressant dans cette affaire c’est de voir qu’un notable de gauche, élu de la République, n’hésite plus à dire n’importe quoi et à faire les propositions les plus stupéfiantes. Mais, après tout, interdire aux Continentaux d’acheter une propriété dans une région jusqu’à nouvel ordre française n’est guère plus délirant que de marier des personnes du même sexe ou que de donner le droit de vote à des étrangers. On le sait, quand les bornes sont dépassées, il n’y a plus de limites…

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