François Hollande est-il totalement inconscient ? Alors que les chiffres du chômage continuent à augmenter de mois en mois, que nos déficits s’alourdissent de plus en plus, que toutes les organisations internationales nous annoncent encore des mois de calvaire, il persiste à nous répéter inlassablement que les choses vont s’arranger, que la reprise est là, qu’on commence à voir le bout du tunnel, qu’« il se passe quelque chose » et qu’il va bel et bien, comme il s’y est engagé sur l’honneur, inverser la courbe du chômage d’ici la fin de l’année. Les Français ne sont naturellement pas dupes. Selon un dernier sondage Ifop pour Valeurs Actuelles, 84% de nos compatriotes ne croient pas que cette dramatique courbe du chômage sera inversée dans les quatre mois qui viennent. Même les électeurs de gauche n’y croient pas (à 65% d’entre eux). L’Elysée vient de faire savoir qu’avec sa boite à outils (les emplois d’avenir, les contrats de génération, les contrats uniques d’insertion) Hollande allait créer 540.000 emplois. Des emplois aidés, bien sûr. Et qui couteront la bagatelle de 2,2 milliards à l’Etat, donc aux entreprises et aux contribuables. Hollande fera peut-être baisser artificiellement la courbe du chômage mais il plombera encore davantage et les investissements et la consommation. Autant dire qu’il aggravera encore la situation. En fait, Hollande pense pouvoir s’en sortir grâce à une reprise mondiale dont la France pourrait bénéficier. Il regarde vers les Etats-Unis, le Japon, la Grande-Bretagne et même l’Espagne où les choses vont, en effet, un peu mieux. Et il se dit que la planète sortant de la crise, il va pouvoir se targuer d’avoir eu raison contre tous ceux qui, depuis son entrée à l’Elysée, affirmaient qu’il n’était qu’un incapable. Mais Hollande oublie une chose. Ce n’est pas la crise qui a provoqué la situation désespérante de notre pays. Elle n’a fait que l’aggraver. Avant la crise provoquée par les folies des banques américaines, la France était, déjà, désindustrialisée, avait, déjà, perdu toute compétitivité, le chômage atteignait, déjà, des chiffres insupportables, nos déficits et notre dette étaient, déjà, intolérables. Nous étions, déjà, le malade des grands pays si tant est qu’on nous ait encore considérés comme faisant encore partie de ces grands pays. La crise a bon dos mais ce n’est pas elle qui est à l’origine de tous nos malheurs. La France a dégringolé parce qu’elle ne travaille que 35 heures par jour, jusqu’à l’âge de 60 ans, parce que ses entreprises sont massacrées par des charges et une législation invraisemblables, parce qu’elle nourrit grassement six millions de fonctionnaires, parce qu’elle a un système de protection sociale délirant dont bénéficient aussi bien ceux qui en ont besoin que ceux qui n’en ont pas besoin, etc. En fait, parce que depuis quelques décennies, et quelle qu’ait été la majorité au pouvoir, la France vit dans un système… « socialiste », car il faut bien appeler les choses par leur nom. Que François Hollande ne se fasse pas d’illusions. Même si demain la crise mondiale s’estompe et disparait, la France ne retrouvera pas, comme par miracle, le plein emploi et l’équilibre de ses comptes. Elle se retrouvera avec sa désindustrialisation, son manque de compétitivité, ses chômeurs, ses déficits et sa dette. Autant dire qu’elle n’aura aucune chance de pouvoir monter dans le train qui redémarrera avec tous ceux qui, entre temps, ont eu le courage et la lucidité de faire les réformes qui s’imposaient. Depuis un an, Hollande ne fait rien. Il est comme le passager sur le bord du quai qui attend le passage d’un train pour partir vers des sites enchanteurs. Mais… il a oublié de prendre un billet. Pour avoir une chance de pouvoir bénéficier d’une reprise mondiale au sortir de la crise, il aurait fallu qu’il remette le pays à l’endroit et au travail, qu’il s’attaque à notre système fiscal, à notre code du travail, à notre système de protection sociale, à notre administration pléthorique, etc. En un mot qu’il libère la France et les Français de tous les carcans que leur ont imposés des années de socialisme tantôt rampant, tantôt honteux, parfois triomphant. Mais l’ancien apparatchik de la rue Solferino était-il le mieux préparé pour faire cette révolution ? Ce n’est pas sûr. Ce qui est sûr c’est que le jour où la crise aura disparu et où la plupart des pays occidentaux pourront se remettre à respirer, la France, avec son « modèle » et son « exception », restera l’un des derniers pays socialistes, c’est-à-dire condamnés, de la planète, avec ses lois liberticides, ses impôts exorbitants et son Etat-providence en faillite.

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