Au lieu de se dorer au soleil de Brégançon, comme son statut de président de la République l’y autorise, François Hollande parcourt la France, comme un vulgaire candidat. Il veut donner « confiance » aux Français et partout répète à qui veut l’entendre que tout va s’arranger, qu’il a trouvé les solutions miracles, que la croissance va revenir, que les choses commencent d’ailleurs à s’arranger et qu’il suffit de patienter encore un peu pour connaitre de nouveau l’âge d’or du plein emploi, des comptes équilibrés et du bonheur pour tous. Tous les experts sont d’accord pour reconnaitre que la confiance est un des moteurs de la croissance. Elle incite à l’investissement, elle pousse à la consommation, deux des « mamelles » de la fameuse croissance. Malheureusement pour Hollande, la confiance n’est qu’un accélérateur, pas un démarreur. Et, en plus, elle se mérite. C’est quand les choses vont déjà (un peu) mieux, quand les entreprises commencent à retrouver des clients et à pouvoir embaucher, quand les Français ont trois sous devant eux, quand les dépenses diminuent et les recettes augmentent qu’un minimum de confiance en l’avenir peut revenir pour « booster » le début du redémarrage. Ou alors il faut que le programme et la volonté des gouvernants soient tels que les citoyens puissent se dire qu’avec une telle équipe et de telles idées il y a des chances pour que le pays se remette à l’endroit et reparte dans la bonne direction. Or, aujourd’hui le chômage augmente encore, le revenu des Français continue à baisser, les comptes de l’Etat s’aggravent et personne ne peut croire un seul instant que la piètre « boite à outils » du bricoleur de l’Elysée et de son équipe de bras cassés ait la moindre chance de sauver la situation et de remettre la France sur les rails. De Mauroy et ses « signaux qui passent au vert » à Sarkozy qui voulait aller « chercher la croissance avec les dents », cela fait plus de trente ans (« les 30 piteuses ») que les Français entendent leurs responsables, de droite comme de gauche, faire des incantations, annoncer des jours meilleurs et jurer leur grands dieux qu’avec leur poudre de perlimpinpin, leurs cautères sur des jambes de bois et leurs rustines pour pneus crevés, ils vont sauver la France. En trente ans, toujours le même discours qu’on pourrait qualifier de « bla-bla » et, pire encore, toujours les mêmes recettes de bonnes femmes, les mêmes breuvages d’apothicaires : ils augmentent les impôts, ils font de nouvelles lois, ils créent des emplois bidons dits « aidés », bref ils ignorent les réalités, les lois élémentaires de l’économie et tuent tout espoir de renaissance. Il semble que nos gouvernants soient les seuls à ignorer que si l’Etat peut effectivement paralyser une économie en persécutant les entreprises et les consommateurs, à coup de charges et de règlementations, il ne peut en aucun cas la faire redémarrer. Contrairement à ce que pensent nos énarques de service et leurs larbins dociles, ce n’est pas l’Etat qui fait la loi mais, plus prosaïquement, le marché. Et désormais le marché planétaire. Ce n’est ni avec des « emplois d’avenir », ni avec des « contrats de génération », ni avec des « formations » à la va-vite, ni avec des « emplois libres » que la France va pouvoir repartir à l’assaut du marché mondial et tailler des pièces aux Allemands, sans parler des Chinois ou des Indiens. Notre seule chance de survie c’est de permettre à nos dernières entreprises d’investir, d’innover, des créer des produits révolutionnaires. Et pour cela, aussi cruel que ce soit pour un militant socialiste, notre seul allié, c’est… le monde de la finance, celui-là même qui est le seul ennemi de François Hollande. Pas de chance ! C’est ce maudit monde de la finance, et lui seul, qui pourrait permettre à notre économie d’investir et donc d’innover et d’embaucher. C’est lui, et non pas les vacanciers en vadrouille, auquel il faudrait redonner confiance en la France. Or, ces gens-là, dans leurs grandes voitures et leurs cigares à la bouche ont toujours une calculette à la main. Antipathiques à souhait, ils ne croient ni aux promesses de gascon, ni aux tartarinades, ni aux balivernes de tréteaux. Ni même à la social-démocratie, sauces verte et rouge. Ils font leurs comptes, lisent les bilans, connaissent comme personne les lois de l’économie et savent que deux et deux font quatre et que le socialisme, même « à la pépère genre SFIO » a toujours conduit les pays à leur ruine. Hollande leur avait déclaré la guerre avant même d’entrer sur le champ de bataille. Peu susceptibles, ils l’ont observé, pendant plus d’un an, se débattre avec une idéologie totalement dépassée, mais aussi avec son indécision, ses contradictions, ses volte-face, ses reculades, les incohérences de sa majorité et surtout une situation qui empirait chaque jour. Le moins qu’on puisse dire est qu’il n’a pas su leur donner confiance, même quand, s’apercevant tardivement de l’incroyable bêtise de ses propos de campagne, il a tenté de changer de langage à leur sujet. Les élections, ça se gagne, la confiance, ça se mérite. Hollande a gagné les élections mais il ne mérite pas la confiance. Surtout celle de ceux qui comptent…

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