Il faudrait que nos dirigeants, après s’être déconsidérés avec leurs prévisions économiques délirantes, cessent leurs cocoricos ridicules. Certes, la petite progression de notre PIB au deuxième trimestre de 0,5% qui était totalement inattendue et qui demeure pratiquement inexplicable (petit rebond de la consommation des ménages de 0,4% et tout petit redressement des stocks des entreprises) est plutôt une bonne nouvelle même si « une hirondelle ne fait pas le printemps » comme le rappellent tous les experts. Mais après des mois d’une récession qui ne voulait pas dire son nom, nous sommes encore très loin de 1,5/2% de croissance nécessaires pour commencer à inverser la courbe du chômage et aucun spécialiste ne peut savoir si les troisième et quatrième trimestres confirmeront cette minuscule embellie. MM. Hollande, Ayrault et Moscovici feraient donc bien de ne pas crier victoire trop tôt. Et d’autant plus que ce petit mieux n’a permis ni de freiner la montée du chômage ni de relancer les investissements. En fait ces 0,5% ne sont que la conséquence d’une petite amélioration de la situation économique de l’Europe. Cela va mieux un peu partout. En Allemagne, bien sûr, mais aussi en Grande-Bretagne et même au Portugal et en Espagne. Cela dit avant de pousser leurs cris de joie et de nous affirmer que nous sommes « sur la bonne voie » et que la politique qu’ils mènent donne « ses premiers résultats », nos dirigeants feraient mieux de se renseigner et de demander, par exemple, les résultats allemands pour cette même période. Notre PIB a gagné 0,5%. Le PIB allemand a gagné 0,7%. Les investissements ont continué à augmenter en Allemagne. Ils ont continué à baisser chez nous. Les exportations ont encore augmenté en Allemagne, elles ont baissé chez nous. Sur un an, l’Allemagne a créé 242.000 emplois. Nous en avons perdu 118.200. Il y a donc « quelque chose de pourri dans le royaume » de Hollande, au-delà même de la crise. Hollande sent que « ça bouge » et perçoit des frémissements. Il est le nez au vent et le doigt mouillé en l’air avec l’espoir que les Chinois, les Indiens, les Brésiliens, les Américains et les Allemands vont retrouver leur croissance triomphante d’antan et qu’il pourra bénéficier des miettes. Il n’a toujours pas compris que le jour où la course à la croissance redémarra à travers la planète, la France ne sera pas sur la ligne de départ car elle ne sera toujours pas compétitive, ayant toujours les deux pieds dans un béton qui s’appelle les 35 heures, les prélèvements obligatoires, une législation totalement liberticide, des hordes de fonctionnaires, un système de protection sociale ruineux et inefficace. Son grand projet pour la rentrée est la réforme des retraites. Elle s’impose en effet. Mais avant de s’occuper des retraités et du déficit abyssal qu’ils creusent, Hollande ferait sûrement mieux de s’intéresser aux travailleurs, à ceux qui produisent de la richesse et de de s’attaquer à notre fiscalité, à notre code du travail, à ce système qui fait fuir les investisseurs et paralyse les entreprises. Au lieu de pousser des cocoricos bien prématurés, le nez au vent et le doigt mouillé, nos dirigeants feraient mieux de se mettre au travail. Mais peut-on demander cela à des socialistes qui, en plus d’un an de pouvoir, ont fait la preuve (par l’absurde) de leur incompétence ?

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