On aurait tort de croire que François Hollande est un démagogue qui serait prêt à tout pour caresser les Français dans le sens du poil avec l’espoir que les prochaines échéances électorales ne se transforment pas pour lui en d’épouvantables Bérézina. Depuis qu’il a été élu à l’Elysée, le président de la République ne cherche pas à plaire aux Français. Au contraire même, il fait tout pour les provoquer. Pour faire monter l’exaspération et bientôt la colère. Ce week-end en est un nouvel exemple. Tout le monde sait que les Français, écrasés d’impôts au-delà du supportable, souffrent de ce que le ministre des Finances, Pierre Moscovici, a lui-même qualifié de « ras-le bol fiscal ». On sait aussi qu’un nombre incroyable de faits divers en tout genre, plus intolérables les uns que les autres, viennent de remettre le problème de l’insécurité au premier rang des préoccupations de nos compatriotes. N’importe quel démagogue -et même n’importe quel démocrate- aurait donc annoncé ou du moins laissé espérer une baisse des prélèvements obligatoires ainsi que de nouvelles mesures contre la délinquance. Or, François Hollande a autorisé son nouveau ministre de l’Ecologie, Philippe Martin, à annoncer un nouvel impôt, la Contribution climat-énergie, et sa garde des Sceaux, Christiane Taubira, à persister dans sa réforme du code pénal dont l’idée maitresse est de remplacer la prison par des « peines de substitution ». Deux mesures qui défient le bon sens et ne peuvent que scandaliser une bonne partie des Français, notamment tous ceux qui trouvent qu’ils paient trop d’impôts et qui pensent que la prison est plus dissuasive pour les truands que les travaux d’intérêt général. Jean-Marc Ayrault a beau affirmer aux Universités d’été socialistes que cette nouvelle mouture de la taxe carbone ne sera pas un impôt de plus mais… « une simple réorientation de la fiscalité » et Christiane Taubira a eu beau répéter devant les universités d’été de ses amis d’Europe-Ecologie-les-Verts que la prison est criminogène et pousse à la récidive, les Français ne sont pas dupes à ce point. Ils savent très bien que chaque « réorientation de la fiscalité » se solde par une augmentation substantielle des impôts et un bon nombre de drames très récents vient de leur prouver que les libérations anticipées ou conditionnelles ne réduisaient pas le risque de récidive, contrairement aux affirmations de la garde des Sceaux. On peut alors se demander pourquoi le chef de l’Etat, déjà très mal en point dans tous les sondages d’opinion, s’entête ainsi et persiste à ne pas vouloir entendre la grogne des Français. La réponse est toute simple. « Moi président » (de tous les Français) est resté l’apparatchik en chef de la rue Solferino, accroché à son idéologie d’une autre époque comme une moule à son rocher. Il n’est pas démagogue, il est sectaire. C’est-à-dire qu’il réserve sa démagogie à ses seuls amis. Et là il en rajoute. Au point d’en devenir totalement inconscient. Imposer aux Français une nouvelle « réorientation de la fiscalité » alors qu’ils crèvent déjà sous les impôts, que tout augmente et que leurs revenus s’effondrent complètement est évidemment délirant. On nous dit que c’est pour s’attirer les bonnes grâces des Ecologistes qui lui seront peut-être bien utiles pour les municipales et les européennes de l’année prochaine. Mais les amis de Cécile Duflot pèsent combien ? 2% à la dernière présidentielle ! Et pour ces malheureux 2% Hollande crée un impôt qui va toucher des millions de Français. Il est vrai que pour ces mêmes 2% dérisoires, ce même chef de l’Etat a renoncé à ce qui aurait pu être un espoir fantastique pour la France, le gaz de schiste. Même attitude incompréhensible à propos du code pénal. N’importe quel démocrate aurait compris que, dans le conflit entre Manuel Valls et Christiane Taubira, l’écrasante majorité des Français donnait totalement raison au ministre de l’Intérieur. Mais la gauche du PS et plus encore le Front de gauche de Mélenchon et des communistes préfèrent « l’indépendantiste guyanaise » à « l’Espagnol ». Alors que la crise, économique, sociale, morale, que connait le pays et l’ambiance générale qui sent diablement mauvais devraient imposer à François Hollande un retour à la raison et, plus encore, d’écouter la rumeur qui gronde dans le pays, il préfère se lancer dans une surenchère suicidaire avec les écolos et les gauchos. On avait reproché à Sarkozy de se « droitiser » pour tenter de séduire les 20% de Français votant pour le Front National. Hollande est en train de se « gauchiser » à outrance en espérant récupérer les électeurs d’Eva Joly et de Mélenchon. C’est dramatique. Et le pire c’est que l’opposition n’existe toujours pas…

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