Les incidents de Trappes rouvrent le débat sur le voile intégral puisque ces trois jours d’émeute ont commencé avec le contrôle par la police d’une femme intégralement voilée. Le problème n’est plus de savoir si, dans une démocratie qui se vante de garantir à chacun toutes les libertés, le pouvoir peut interdire tel ou tel accoutrement vestimentaire, si le voile est un asservissement de la femme, si la sécurité publique exige que chacun ait le visage découvert, si le niqab n’est rien d’autre qu’une provocation d’islamistes radicaux voulant défier la République. Le problème est de savoir si cette loi qui interdit « la dissimulation du visage », votée en juillet 2010 par la droite, le centre et 14 socialistes (parmi lesquels Manuel Valls et Aurélie Filippetti) et qui, en réalité, ne concerne que quelques centaines de femmes sur tout le territoire est applicable sur le terrain. Il est évident que si, chaque fois qu’un policier, voulant appliquer cette loi, « se permet » de demander ses papiers à une femme voilée, cela dégénère en trois nuits d’émeutes avec des heures d’affrontements entre « jeunes » et forces de l’ordre, des voitures incendiées et des édifices publics détruits, on peut se demander si ce texte qui, qu’on le veuille ou non, est liberticide était judicieux. En s’affichant avec leur voile, ces femmes savent parfaitement (et le revendiquent) qu’elles se mettent en dehors de notre société pour s’enfermer dans un communautarisme qui combat notre mode de vie, nos lois, notre civilisation. Tout en profitant sans pudeur de tous les avantages de notre système, elles le défient par ce qu’on pourrait appeler « un terrorisme vestimentaire ». Nos législateurs ont voulu répondre par la loi à leur provocation. Mais, du même coup, ils ont transformé ces pauvres bonnes femmes (qui ne gênaient pas grand monde) en victimes, voire en héroïnes de leur communauté. On entrait, toutes proportions gardées, dans le fameux cycle terrorisme-répression, en faisant de ce voile noir –et comme le souhaitaient les fanatiques- le symbole d’un affrontement entre notre société et l’Islam (le plus rigoureux). Il aurait sans doute été plus habile de ne pas faire le jeu de ces extrémistes et d’ignorer ces silhouettes furtives de nos quartiers de non-droit, au nom de la liberté accordée à chacun de se déguiser comme il l’entend. Et de ne pas prendre le risque qu’un policier, faisant du zèle, ne mette le feu à ces barils de poudre que sont, depuis des années, nos banlieues « pourries ». Le problème (immense) de l’islamisme, voire de l’Islam en général, ne se règlera pas avec quelques lois anecdotiques sur le voile ou les prières dans la rue. Il faudra qu’un jour nos responsables aient le courage d’abandonner leur utopie d’« un Islam à la française » et définissent clairement la place de l’Islam dans une république laïque. Par la même occasion, ils pourraient se préoccuper de ces quartiers abandonnés, à très forte population musulmane, où le chômage des jeunes bat tous les records nationaux. L’Ecole et Pôle-emploi sont, sans aucun doute, les meilleurs moyens de répondre à l’influence des mosquées clandestines. Droite et gauche ont investi des milliards dans la « réhabilitation » de ces zones-ghettos, en pure perte. Car personne n’a jamais osé aborder le problème de « l’assimilation », mot banni par la pensée unique alors pourtant qu’elle est le seul moyen de faire de nos immigrés non pas des Français « à part » mais des Français « à part entière ».

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