D’après un sondage publié la semaine dernière, une majorité de Français estimait qu’il était totalement inutile que le président de la République prenne la parole aujourd’hui, à l’occasion du 14 juillet. Nos compatriotes ne croient plus un mot de ce que peut dire François Hollande et on a l’impression que certains ne veulent même plus l’entendre. Trop de promesses non tenues, trop de mensonges, trop de bla-bla sur la courbe du chômage (qui ne fait qu’augmenter), le redémarrage de l’économie (en pleine récession), la baisse des dépenses (qui s’accroissent), les efforts « équitablement repartis » (alors que le fossé entre les plus riches et les autres ne fait que se creuser chaque jour davantage). Ayant, enfin, compris que sa « normalité » déplaisait souverainement au peuple, Hollande a finalement décidé d’oublier, là encore, une de ses promesses d’antan et c’est bel et bien à l’Elysée, comme ses prédécesseurs, qu’il a repris la tradition de l’allocution du 14 juillet. Mais le décor n’y a rien changé. L’acteur étant toujours médiocre, son texte toujours lamentable, le spectacle fut pitoyable. Les téléspectateurs l’attendaient évidemment sur l’emploi. Il s’est contenté d’ânonner sa rengaine habituelle, répétant, pour la énième fois et contre toute évidence, qu’il inverserait la courbe du chômage d’ici la fin de l’année. Personne, bien sûr, ne peut le croire un seul instant. Complaisants au-delà de l’admissible, les deux journalistes qui l’interrogeaient ne lui ont même pas fait remarquer que nous avions dépassé le milieu de l’année 2013 et que la courbe dramatique continuait inexorablement à grimper. Comme si de rien n’était, Hollande nous a encore bassinés avec ses 100.000 emplois d’avenir, ses 75.000 contrats de génération et ses 35.000 formations de chômeurs pour les emplois vacants. Est-il incompétent à ce point ou nous prend-il vraiment pour plus naïfs que nous sommes, en nous voulant nous faire croire qu’on s’attaque au chômage avec des emplois aidés ? Il déclare : « Je préfère un emploi aidé à un chômeur ». Mais les emplois aidés ne servent à rien, ne créent aucune richesse, ne donnent aucun avenir à leurs bénéficiaires et plombent encore davantage l’économie du pays puisqu’ils sont payés (pour ne rien faire) par l’Etat, c’est-à-dire par les contribuables, en clair par les entreprises qui ne pourront pas investir pour innover et par les consommateurs dont les revenus vont encore baisser et qui donc ne pourront pas consommer. Hollande ignore toujours que l’investissement et la consommation sont les deux seuls « mamelles » qui permettent de relancer une économie, donc de créer des emplois, donc de réduire le chômage. Après avoir voulu nous faire prendre des vessies pour des lanternes, Hollande nous a menti effrontément. Il nous a affirmé que la production industrielle « repartait » et qu’il n’augmenterait pas les impôts. Deux contre-vérités évidentes. Comment la production industrielle pourrait-elle repartir alors qu’on apprend, chaque jour, de nouvelles fermetures d’usines ? Et pour ce qui est des prélèvements obligatoires qui n’augmenteront pas, il a tout de même précisé, nuance importante, qu’ils augmenteraient « le moins possible et seulement si ces augmentations étaient absolument indispensables ». A croire que jusqu’à présent on augmentait les impôts pour le plaisir. Il nous a encore menti d’ailleurs en nous annonçant qu’il avait « sanctuarisé » le budget de la Défense car, dans la même phrase, il nous avouait qu’il y aurait de nouvelles suppressions de postes de militaires « parce que nous n’avons pas les moyens de faire tout partout ». Il sanctuarise la Défense mais supprime 25.000 postes de militaires ! Pour le reste, il a, une nouvelle fois, reconnu qu’il faudrait allonger la durée de cotisation pour les retraites car « on ne peut pas ne pas tenir compte de l’allongement de l’espérance de vie ». Ce qui est parfaitement vrai mais qu’il n’avait pas encore découvert lors de sa campagne électorale. Enfin, il s’entête à propos du gaz de schiste : « Tant que je serai président il n’y aura pas d’exploration du gaz de schiste » donnant ainsi une raison de plus aux Français d’attendre avec impatience la fin de son mandat. D’autant plus qu’il a dit « exploration » et non pas « exploitation ». Les Français qui estimaient que cette intervention télévisée (on dit maintenant, à chaque fois, qu’il s’agit d’une « séance de rattrapage ») était inutile avaient raison. François Hollande s’enfonce de plus en plus, à la fois dans le déni de toutes les réalités et dans les sondages. Il apparaitra, peut-être un jour, comme celui qui a instauré le mariage des homosexuels, mais pour le reste on a déjà compris que son quinquennat n’allait qu’accélérer la dégringolade de la France. 70% des Français lui tournent désormais le dos (sans savoir pour autant vers qui regarder) et ne veulent plus l’entendre. Aujourd’hui, ils n’ont rien perdu en refusant de l’écouter ressortir ses sempiternelles fadaises. Ce président parle vraiment pour ne rien dire.

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