Certains amis de ce petit blog me reprochent d’avoir oublié ce que j’écrivais quand Sarkozy était à l’Elysée et d’avoir l’air aujourd’hui de voir en lui le futur sauveur de la patrie. Que les choses soient claires. J’ai fait partie des (quelques) Français qui ont été déçus, puis choqués, puis scandalisés par Nicolas Sarkozy tout au cours de son quinquennat et j’ai passé mon temps à l’écrire. Je ne vais pas rappeler aujourd’hui tous les griefs que je lui faisais. Oublions le Fouquet’s et le bling-bling, mais j’avoue que je n’ai pas compris qu’ayant été élu par la droite il se croit obligé d’appeler des gens comme Kouchner au gouvernement, qu’il n’ait pas eu le courage d’abroger purement et simplement les 35 heures, qu’il n’ait pas osé s’attaquer à notre fiscalité, à notre code du travail, à notre mille-feuilles administratif, qu’il n’ait pas voulu libérer nos entreprises, qu’il se soit totalement aligné sur les Etats-Unis de Bush et sur l’Allemagne de Angela Merkel, qu’il se soit ridiculisé avec son Union de la Méditerranée, qu’il se soit mis à zigzaguer de la gauche molle à la droite dure, qu’ayant perdu toutes les élections intermédiaires il n’ait pas compris que les Français attendaient autre chose que… « des galipettes », « des cabrioles » et « des fanfaronnades ». Nicolas Sarkozy a été un très mauvais président, sans doute le plus mauvais de la Vème République. Non seulement il s’est fait détester par une majorité de nos compatriotes par son allure, son comportement, sa conception de son rôle de président mais, en plus, il a été totalement incapable de redresser le pays, avant la crise, et de le sauvegarder, la crise venue. Le chômage, la précarité, l’injustice sociale, les déficits, la dette, les prélèvements obligatoires, le délitement de l’Etat, l’insécurité n’ont fait que s’aggraver considérablement pendant son règne, sans parler de l’image de la France à travers le monde. Je ne retire donc rien de ce que j’ai pu écrire alors, en annonçant, dès 2007, sa défaite programmée. Il allait évidemment droit dans le mur. Et aujourd’hui je ne le regrette pas du tout. Je me contente simplement d’observer (pour m’en étonner) que Sarkozy apparait désormais, aux yeux d’un nombre grandissant de Français qui ont sans doute « la mémoire courte », comme la seule alternative possible à un régime socialiste qui ne fait que nous plonger davantage encore dans l’abîme. Et je me désole de voir que la droite n’a pas le moindre candidat de valeur, nouveau et crédible à nous présenter. Fillon et Copé se sont totalement discrédités avec leur querelle de chiffonniers qui a prouvé (ce qu’on pouvait d’ailleurs soupçonner) qu’ils n’étaient, ni l’un ni l’autre, des hommes d’Etat. Et on en est aujourd’hui à nous ressortir Juppé ! Comment se fait-il que dans un pays de 65 millions d’habitants, la droite ne puisse pas nous trouver si ce n’est un sauveur ou un homme providentiel du moins du homme assez lucide pour constater la situation catastrophique du pays et assez courageux pour entreprendre contre vents et marées les réformes (en réalité les révolutions) indispensables pour nous sauver d’une mort annoncée ? Je crois désormais qu’il est vraisemblable que nous nous retrouvions en 2017 avec un face-à-face Hollande-Sarkozy et c’est ce qui me désespère.

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