Personne ne regrettera l’éviction du gouvernement de Delphine Batho. Cette pétroleuse formée par Mélenchon et Julien Dray à SOS racisme et dont le seul titre de gloire était d’avoir succédé à Ségolène Royal comme députée des Deux-Sèvres était aussi antipathique qu’inutile dans ses fonctions de ministre de l’Ecologie. Certains trouveront même qu’en la virant sèchement François Hollande a, pour une fois, fait preuve du minimum d’autorité qu’on est en droit d’attendre d’un chef d’Etat. Ce matin, sur RTL, Delphine Batho avait osé déclarer que le budget de son ministère (qui va baisser de 7%) était « mauvais ». En début d’après-midi, elle était convoquée à Matignon ; en fin d’après-midi, l’Elysée annonçait qu’il avait été mis fin à ses fonctions et qu’elle était remplacée par Philippe Martin, député du Gers. C’est la première fois que le président de la République rappelle ainsi publiquement la vieille règle établie jadis par Jean-Pierre Chevènement : « Un ministre ça ferme sa gueule ou ça démissionne ». Delphine Batho avait ouvert sa gueule, elle est virée. On peut regretter que François Hollande ne se soit souvenu que bien tardivement de ce bon vieux principe. Pourquoi ne l’a-t-il pas appliqué à Montebourg et à quelques autres par le passé ? Cela aurait sans doute limité les « couacs » et les épanchements d’états d’âme dans son équipe de branquignoles. Cela dit, en virant cette vingt-cinquième roue du carrosse socialiste, Hollande prend le risque de faire éclater sa majorité hétéroclite. Car en défendant (maladroitement) le budget de son ministère, la militante du PS Delphine Batho se faisait l’avocate des écologistes et, d’une certaine manière, la porte-parole de ses collègues verts du gouvernement, Cécile Duflot et Pascal Canfin. Comment la ministre du Logement et le ministre délégué au Développement, ténors tous deux d’Europe-Ecologie-les-Verts, vont-ils maintenant pouvoir rester dans ce gouvernement qui sacrifie ostensiblement l’écologie et vire celle qui a tenté de la défendre ? Depuis qu’ils ont rallié Hollande pour avoir deux fauteuils dorés autour de la table du Conseil des ministres et 17 sièges confortables de députés, les écolos n’ont fait qu’avaler des couleuvres sans guère sourciller, que ce soit à propos du nucléaire et de la transition énergétique ou des transports ou même de l’aéroport de Notre-Dame des Landes si cher à l’ancien maire de Nantes devenu Premier ministre. Certes, la soupe est bonne mais ils l’ont bue jusqu’à la lie. S’ils avalent encore sans piper cette « affaire Batho » ce sera la preuve qu’ils ont définitivement renoncé à tous leurs engagements d’écologistes et par la même occasion à toute dignité. Jean-François Placé, le chef du groupe écolo au Sénat et qui aime bien dire n’importe quoi, déclare que son parti n’est « pas loin de la sortie ». Ce serait en effet logique et vu les scores de tous les candidats d’Europe-Ecologie-les-Verts depuis la présidentielle (on se souvient des 2,31% d’Eva Joly au premier tour) ce ne serait évidemment pas un drame national. Si ce n’est qu’à force de perdre toutes les élections partielles, le PS ne va bientôt plus avoir la majorité absolue à l’Assemblée. Ce qui pourrait changer bien des choses et faire la joie des amis de Mélenchon (les 15 députés de la Gauche démocrate et républicaine). En virant, à juste titre, une socialiste, Hollande se met à dos les écolos et en faisant, pour une fois, preuve d’autorité, il risque fort d’y perdre des plumes. Cela dit, une nouvelle fois, il se met dans les pas de Sarkozy qui avait un jour déclaré : « L’écologie, ça commence à suffire »…

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