Cela fait bien longtemps que nos « bons maitres », droite et gauche confondues, nous prennent pour des demeurés et nous racontent n’importe quoi en nous promettant monts et merveilles et en nous affirmant, les yeux dans les yeux, les pires des contre-vérités. Mais les socialistes d’aujourd’hui font sans doute mieux encore que leurs prédécesseurs et réussissent à faire reculer les limites de l’imposture et de l’escroquerie. Michel Sapin, ministre du Travail, vient de déclarer qu’il y avait « une amélioration sur le front du chômage ». On ne pourrait, bien sûr, que s’en réjouir. Le chômage augmente inexorablement depuis des années et ce fléau dévaste le pays comme le plus cruel des cancers. Le chômage est la preuve quotidienne de la dégringolade de la France, de sa désindustrialisation, de sa perte de compétitivité, de son absence de créativité et d’investissements et, en même temps, bien sûr, il ne fait qu’accélérer notre chute en aggravant tous nos déficits. Mais Michel Sapin se fout du monde. Il ose parler d’« une amélioration » en nous annonçant les derniers chiffres du chômage. En juin, 14.900 chômeurs de plus ! Ces 14.900 salariés jetés à la rue vont sûrement apprécier cette « amélioration ». Le ministre a le culot de parler d’« une hausse contenue » et d’« une progression modérée ». Or, cette « modération » fait que nous avons maintenant 3.279.400 chômeurs de la catégorie A et 4,8 millions toutes catégories réunies, plus de 5,3 millions même avec l’Outre-mer. Sapin reconnait que « cette amélioration ne traduit pas encore l’inversion de la courbe du chômage qui est l’objectif des prochains mois ». Il aurait été moins malhonnête de dire que cette aggravation démontrait que toutes les mesures lancées depuis plus d’un an par le gouvernement étaient totalement inefficaces et que, comme le prédisent tous les experts, le chômage va encore augmenter au moins jusqu’à la fin de 2014. Pourquoi Sapin n’a-t-il pas avoué qu’en un an, c’est-à-dire depuis l’arrivée de François Hollande à l’Elysée, le chômage avait augmenté de 11,2% ? De 16,4% pour les chômeurs de plus de 50 ans. De 16% pour les deux millions de chômeurs de longue durée. De 19% pour les 550.000 chômeurs de plus de trois ans. On remarque au passage que l’inversion de la courbe du chômage d’ici à la fin de l’année n’est plus « un engagement » du président de la République. Ce n’est plus qu’« un objectif ». Autant dire un vœu pieux, une baliverne pour les gogos. Hollande reconnait, d’ailleurs lui-même maintenant, non seulement qu’il s’agissait d’une promesse de Gascon mais, en plus, qu’il a bien l’intention de tricher éhontément en tentant de nous faire croire que ses emplois d’avenir, ses contrats de génération, ses stages de formation sont des vrais emplois qui sortiront le pays de ce drame du chômage. Or, ces emplois « aidés », c’est-à-dire financés par l’Etat, ne créeront aucune richesse, n’offriront aucun avenir à ceux qui en bénéficieront pendant quelques mois et aggraveront encore tous nos déficits. Les entreprises et les contribuables vont payer des sommes folles pour permettre à Hollande de présenter des chiffres moins catastrophiques à la veille des élections municipales. Jamais aucune campagne électorale n’aura coûté aussi cher. Et ces chômeurs auxquels on aura jeté un os à ronger ne seront pas plus dupes que les électeurs. L’ancien apparatchik de la rue Solferino ne veut toujours pas comprendre que si l’Etat peut, comme il le fait depuis des années, paralyser une économie en massacrant à coup d’impôts et de règlementations les entrepreneurs, il ne peut pas créer des emplois réels. Seules les entreprises avec « les salauds de patrons » sont capables de créer de la richesse et donc des emplois. Mais Hollande et ses complices n’aiment pas « les riches ». D’« amélioration » en « amélioration », la France va donc continuer à s’enfoncer. Cela dit, il est tout de même curieux que, ce matin, personne ne se soit indigné des propos de Michel Sapin avec sa « hausse contenue », sa « progression modérée » et son « amélioration ». Quand c’était Sarkozy qui nous racontait ses sornettes, la presse était plus « réactive ». Les socialistes ont décidemment tous les culots. C’est même à cela qu’on les reconnait, aurait pu dire Audiard.

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