A part dans le Choletais, personne n’avait jamais jusqu’à présent entendu parler de Gilles Bourdouleix. Or, depuis ce matin, le député-maire UDI de Cholet partage la « une » de l’actualité avec le nouveau-né de la famille royale britannique et le Pape en vadrouille au Brésil. Il faut dire que ce parlementaire totalement inconnu a (ou « aurait ») déclaré devant 150 Roms ayant envahi illégalement sa commune : « Hitler n’en a peut-être pas tué assez ». La plaisanterie –car on veut espérer qu’il ne s’agit que d’une plaisanterie- est évidemment de très mauvais goût, c’est le moins qu’on puisse dire, et par là-même inadmissible dans la bouche d’un élu du peuple. Même si, comme il l’affirme, Bourdouleix n’a fait que répondre à des Roms qui lui faisaient le salut hitlérien et l’accusaient d’être Hitler lui-même, cette sortie est impardonnable. Un homme public ne peut pas dire n’importe quoi, a fortiori en public et devant des journalistes. Il y a d’ailleurs des sujets sur lesquels on ne peut pas plaisanter et l’extermination des tziganes par les nazis en est un. On comprend donc parfaitement que la classe politique unanime ait condamné les propos de cet imbécile et que Jean-Louis Borloo ait demandé l’exclusion de Bourdouleix de l’UDI alors pourtant que le bonhomme l’avait menacé, en cas de sanction, d’entrainer avec lui « tout de Centre National des Indépendants et Paysans », une composante, depuis longtemps insignifiante, du centre droit. Mais ce qui choque le plus dans cette (petite) affaire c’est que le préfet de Maine-et-Loire ait demandé au procureur de la République d’Angers d’ouvrir contre Bourdouleix « une enquête préliminaire pour apologie de crime contre l’humanité ». Et on peut penser, bien sûr, que le préfet en question avait reçu des instructions venant de plus haut. Menacer Bourdouleix de cinq ans de prison et de 45.000 € d’amende, les peines prévues pour « l’apologie de crime contre l’humanité », est évidemment ridicule. Mais, beaucoup plus grave encore, cela révèle, une fois de plus, l’insupportable dérive dont nous sommes victimes depuis quelques années, en fait, depuis la fameuse loi Gayssot, cet ancien stalinien de choc qui avait passé sa jeunesse à faire l’apologie des crimes staliniens et qui voulut se racheter un semblant de morale en pourchassant les révisionnistes. Nier l’existence des camps d’extermination est, bien sûr et malheureusement, une absurdité qui mêle l’odieux à l’ignorance. Mais, dans un pays de libertés, chaque citoyen devrait pouvoir énoncer, en toute liberté, les pires contre-vérités, voire les pires monstruosités. C’est même cela qui s’appelle la liberté. Pas plus que ce n’est pas aux législateurs d’écrire l’histoire, mais aux historiens, ce n’est aux juges de décréter ce qu’on peut ou ne peut pas dire. La Justice française n’a d’ailleurs pas été irréprochable pendant les heures les plus noires de notre histoire et il est invraisemblable qu’aujourd’hui les héritiers de ces magistrats qui avaient juré fidélité à Pétain se permettent de juger les propos des uns ou des autres. Aujourd’hui, dans notre pauvre pays, la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen et la Constitution qui affirment, toutes deux, que « Nul ne peut être inquiété pour ses opinions » et que « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement » sont piétinées chaque jour et ont été remplacées par la dictature du politiquement correct instauré par la pensée unique, elle-même imposée par quelques lobbies. Si tout le monde –à commencer d’ailleurs par le ministre de l’Intérieur- reconnait que les Roms et les Gens du voyage posent un réel problème en refusant de se sédentariser (comme tout le monde de nos jours), en étant incapables d’expliquer l’origine de leurs revenus et en occupant, en toute illégalité, des terrains privés ou publics, personne ne défendra Bourdouleix. Mais ce n’est ni au préfet de Maine-et-Loire, ni au procureur d’Angers de le condamner. C’est à l’opinion publique de juger son « dérapage » et notamment aux électeurs de Cholet, dès l’année prochaine. Il faudrait qu’un jour les Français s’aperçoivent qu’un ministre communiste et quelques petits marquis malfaisants les ont depuis longtemps déjà privés de la liberté d’expression et que Voltaire se retourne dans sa tombe.

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