Archives par moisjuillet 2013



Valls, bien meilleur que Copé ou Fillon !

Valls, bien meilleur que Copé ou Fillon ! Manuel Valls qui visiblement ne pense déjà qu’à la présidentielle de 2022, si ce n’est à celle de 2017, fait partie de ces politiciens qui s’imaginent qu’il vaut mieux séduire ses adversaires plutôt que d’être fidèle à son propre camp. Il faut dire que, pour l’instant, cela ne lui réussit pas trop mal puisqu’il est, sans doute grâce aux électeurs de droite, le ministre le plus populaire dans un gouvernement qui, il est vrai, bat tous les records d’impopularité. Mais il commence à en rajouter un peu trop et on comprend qu’à gauche certains se demandent à quel jeu peut bien jouer ce ministre de l’Intérieur aux dents si longues. Dans une interview au Parisien publiée ce matin, il fait très fort. D’abord, il déclare froidement : « La sécurité n’est ni de droite ni de gauche. C’est une valeur de la République ». On ne savait pas que la sécurité était « une valeur ». C’est un droit que peuvent exiger tous les citoyens, pas une valeur de la République. Mais ne chipotons pas. Valls est malin. En affirmant que « la sécurité n’est ni de droite ni de gauche », il évite d’avoir à répondre sur le bilan peu flatteur d’un an de sécurité « de gauche ». Depuis que la gauche est au pouvoir et Valls place Beauvau, la délinquance et la criminalité n’ont fait que continuer à augmenter. Mais surtout, avec une telle phrase, il profère une contre-vérité évidente. La gauche a toujours affirmé elle-même, du moins tant qu’elle était dans l’opposition, qu’elle avait une conception de la sécurité totalement différente de celle de la droite. Quand ils étaient encore en campagne et qu’ils s’en prenaient sans ménagement à Sarkozy, les Hollande, Ayrault, Valls et autres Taubira nous expliquaient, sur tous les tréteaux du pays, que la « répression » pratiquée par la droite était la pire des solutions, que la prison était criminogène, qu’il fallait avant tout développer la « prévention » et que les délinquants, voire les criminels n’étaient, le plus souvent, que les victimes d’une société capitaliste qui les opprimait après les avoir exclus. A entendre certains, on aurait pu croire qu’un chômeur, un smicard, un SDF, un immigré arrachant le sac d’une vieille dame n’était, en réalité, qu’une victime de la société et que la bourgeoise dépouillée était, de toute évidence, la vraie responsable pour ne pas dire coupable de ce délit. Valls, faisant l’expérience des réalités, aurait donc changé d’avis et virerait vers le sarkozisme. Il n’est d’ailleurs pas le seul dans ce cas parmi tous ses camarades et on pourrait s’amuser à faire la liste de toutes les volte-face de ce gouvernement qui, après avoir pourfendu les politiques de droite, en est arrivé, bien souvent, à reprendre à son compte ces mêmes politiques, rebaptisées généralement sous un nouveau nom. Mais Valls ne se contente pas de virer sa cuti. Il est, comme Sarkozy si ce n’est plus, totalement… décomplexé. Il s’écrie dans cette même interview : « Nous vivons une crise d’autorité. La voix des parents, de l’enseignant, du juge, du policier, de l’élu est trop souvent contestée. Il faut restaurer pleinement l’autorité ». Il a parfaitement raison, même si l’on aimerait savoir quelle aurait été sa réaction si un de ses prédécesseurs, Michèle Alliot-Marie, Brice Hortefeux ou Claude Guéant, avait osé faire un pareil constat. Mais si Valls veut être logique avec lui-même, il faut qu’il démissionne immédiatement du gouvernement –ne serait-ce que pour ne plus avoir à siéger aux côtés de Christiane Taubira-, qu’il rende sa carte du PS à Harlem Désir et qu’il aille illico adhérer à l’UMP (tendance dure) où il pourrait rapidement supplanter aussi bien Copé que Fillon qui n’ont jamais, jusqu’à présent, eu le courage d’assumer avec une telle énergie leur attachement aux vraies valeurs de la droite.

29 Juil 2013 | Comments (14)

Le pape ne prêche pas dans le désert

Qu’on soit croyant ou non, le triomphe fait au pape François par trois millions de jeunes, hier, sur la plage de Copacabana, est une bien bonne nouvelle, au milieu d’une actualité débordante de catastrophes, de crapuleries et de déliquescence générale. On dira que le Brésil est le plus grand pays catholique de la planète, que les Journées Mondiales de la Jeunesse ont toujours « fait des tabacs » et que François est le premier pape sud-américain de l’histoire de l’Eglise. Tout cela est vrai mais n’explique pas pour autant cette immense foule en délire. Ce pape inattendu a quelque chose de particulier, de nouveau qui provoque sans doute l’enthousiasme des jeunes. Il se présente résolument comme le pape des oubliés, des pauvres, des défavorisés, des exclus, celui qui veut abattre l’idolâtrie du Veau d’or. Et son bon sourire, un peu naïf, fait croire en sa sincérité. Bien sûr, personne n’est dupe, même parmi ces trois millions de jeunes qui l’acclamaient. Le chef du plus petit Etat de la planète ne changera pas la face du monde. Cela fait bien longtemps que les successeurs de Saint Pierre n’ont, du moins le croit-on, plus guère d’influence sur la marche de la planète et que leurs appels à la paix, à la fraternité, à la charité font sourire de mépris tous les dirigeants de tous les continents. Ce n’est pas « le Saint-Père » qui mettra fin à la misère, au chômage, aux famines, aux violences, à toutes les injustices. Mais ce qui est sûr c’est qu’en reprenant le message du Christ dans ce qu’il a de plus « social », pour ne pas dire de plus « révolutionnaire », ce nouveau pape ne prêche pas dans le désert. Et c’est d’ailleurs ce qui est grave. Les jeunes l’ont adopté tout de suite car ils se sentent eux-mêmes, bien souvent, des oubliés du progrès, des exclus de notre société. Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, les enfants savent qu’ils auront une vie moins heureuse que leurs parents. Même dans les pays dits « émergeants » et en fait déjà triomphants comme le Brésil, tout le monde, à commencer par les jeunes, bien sûr, a compris que la croissance avait ses limites et que le train fou dans lequel nous nous étions embarqués avait non seulement laissé trop de monde sur le quai de la gare mais risquait bien vite de dérailler. Le pape François avec ses airs de ne pas y toucher ne fait pas que proférer des vœux pieux. Il annonce des catastrophes. La fin non pas du monde mais d’un monde, celui que nous avons édifié en nous imaginant que « l’argent fait le bonheur », qu’« on n’arrête pas le progrès » et qu’« après nous le déluge ». On comprend que les jeunes soient attentifs à son message. Les dirigeants de la planète auraient tout intérêt à se souvenir que c’est -en partie- la voix nasillarde d’un cardinal polonais nommé Karol Wojtyla qui a fait vaciller puis s’effondrer l’empire soviétique, avant de devenir le pape Jean-Paul II. Cet ancien cardinal argentin pourrait lui aussi faire vaciller quelques certitudes.

29 Juil 2013 | Comments (5)

Hollande, ses cuirs, ses bourdes et son ignorance

Personne n’a jamais accusé François Hollande d’être totalement inculte. Ancien élève d’HEC et de l’ENA, on veut croire qu’il maitrise ses quatre opérations et qu’il connait ses préfectures, si ce n’est ses sous-préfectures. Cela dit, ses longues années passées en compagnie de celle qui inventa « la bravitude » peuvent expliquer certains de ses dérapages lexicologiques. Il ignore visiblement le sens des mots « croissance » ou « reprise » qu’il emploie en dépit du bon sens depuis quelque temps. Le Figaro nous apprend que la géographie n’est pas plus son fort que l’économie. Lors du dernier Sommet des Balkans, le président de la République française a longuement parlé de « la Macédonie » devant une poignée de chefs d’Etat balkaniques éberlués. Ils ont fini par comprendre que François Hollande voulait évoquer la Macédoine. La bourde était d’autant plus impardonnable que ce nom même de Macédoine a bien failli déclencher une guerre (de plus) dans ce baril de poudre qu’est toujours la région des Balkans. La République de Macédoine (capitale Skopje, deux millions d’habitants, l’un des pays les plus pauvres d’Europe) est l’ancienne province macédonienne de Yougoslavie et ne représente qu’un morceau de la Macédoine historique, le reste étant en Grèce et en Bulgarie. Quand cette région de l’ancienne Yougoslavie a proclamé son indépendance et a voulu prendre ce nom de Macédoine, la Grèce qui a, elle aussi, sa province de Macédoine et qui rappelle à qui veut l’entendre qu’Alexandre-le-Grand était macédonien a failli déclarer la guerre à Skopje en l’accusant d’usurper ce nom (grec) de Macédoine. Finalement, un accord a été trouvé et la Macédoine a pu faire son entrée aux Nations-Unies sous le nom officiel et un brin ridicule d’« Ancienne République Yougoslave de Macédoine », l’ARYM. Il n’avait jamais été question de Macédonie. D’ailleurs, on ne dit pas « salade macédonienne », mais « salade macédoine ». Ce n’est pas la première fois que notre chef d’Etat prend Le Pirée pour un homme et Pic de La Mirandole pour une montagne. Lors de sa dernière conférence de presse, il a longuement parlé de la Tunisie. D’après tous les experts en géostratégie, il voulait évoquer l’Egypte. Ou, peut-être la Turquie. On dira que ce sont là des pays musulmans, mais tout de même. Pire encore, au lendemain de l’attaque par des terroristes du site gazier d’In Amenas, en Algérie, qui avait fait dix morts japonais parmi les travailleurs immigrés, Hollande a envoyé ses condoléances… « au peuple chinois ». On dira que les Japonais et les Chinois sont des jaunes, mais tout de même. Hollande n’est sûrement pas le premier de nos dirigeants à faire des cuirs, des bourdes et des lapsus. Il n’empêche que ceux qu’il accumule sont révélateurs d’une inculture crasse de la planète. Comment un homme qui parle de la Macédonie, confond la Tunisie et l’Egypte, les Japonais et les Chinois, peut-il participer aux G8, aux G20, aux Assemblées générales des Nations-Unies sans avoir l’air d’un jean-foutre ? C’est affligeant et cela explique sans doute les errements de notre diplomatie actuelle.

29 Juil 2013 | Comments (9)

Les militaires, les Islamistes et… la démocratie

La situation en Egypte devient chaque jour plus catastrophique. Les affrontements entre les militaires qui ont renversé le président Mohamed Morsi et ses partisans, les Frères musulmans, ont fait, ces deux derniers jours, des dizaines de morts et des centaines de blessés. Le pays semble, cette fois, sombrer dans le chaos. En fait, tout rappelle maintenant cruellement ce qu’a connu l’Algérie dans les années 90, dix années d’une atroce guerre civile-guerre de religion. Comme le FIS en Algérie, les Frères musulmans ont gagné le plus légalement possible les élections législatives égyptiennes, après des années de dictature, celle du FLN à Alger, celle de Moubarak au Caire. Et comme l’armée algérienne l’avait fait, l’armée égyptienne refuse le verdict des urnes, au nom de… la démocratie. La démocratie est-elle, comme on le croit généralement, le droit donné au peuple de se choisir ses dirigeants ou, au nom des grands principes du progrès et du modernisme, le refus de la théocratie ? Le passage par les urnes est nécessaire mais est-il suffisant pour faire une démocratie. Hitler avait été élu le plus démocratiquement du monde. Cela n’avait pas fait de son régime une démocratie pour autant. Les candidats du FIS en Algérie et ceux des Frères musulmans en Egypte ont été élus démocratiquement… Faut-il préférer une dictature militaire issue d’un coup d’Etat à une dictature théocratique issue des urnes ? C’est, une fois de plus, le choix à faire entre la peste ou le choléra. Et si, en Occident, nous préférons voir « là-bas » des régimes autoritaires qui prétendent –sans que nous soyons dupes- respecter les Droits de l’Homme à des ayatollahs, des imams, des muftis et des cheiks qui veulent imposer le Coran et la Charia à leur peuple, ce n’est tout de même pas à nous de vouloir faire le bonheur de ces peuples sans leur demander leur avis, en souhaitant leur voir adopter nos conceptions des choses. En tous les cas, ce n’est pas au nom de la démocratie que nous pouvons aujourd’hui défendre le régime du général al Sissi qui a renversé Morsi. Pas plus d’ailleurs que nous ne pouvons soutenir, au nom de cette même démocratie, les manifestants tunisiens qui s’insurgent contre la dictature que voudrait leur imposer Ennahda. On comprend le malaise de nos capitales. Mais ce qui se passe actuellement en Egypte et en Tunisie (sans évoquer la Turquie dont, curieusement, plus personne ne nous parle) devrait ouvrir les yeux de nos bons esprits et de nos dirigeants qui continuent à nous seriner que l’Islam et la démocratie peuvent parfaitement faire bon ménage, que le Coran et la Charia n’ont rien d’incompatible avec nos constitutions et nos modes de vie et qu’il ne faut pas confondre quelques poignées d’extrémistes salafistes avec les bons musulmans pratiquants. Les militants d’Ennahda à Tunis et les frères musulmans au Caire ne sont pas des salafistes. Nous voulions apprendre la démocratie à tous ces peuples adeptes de l’Islam avec nos théories, fumeuses pour eux, sur la laïcité. Les Egyptiens, les Tunisiens et les Turcs qui sont descendus dans les rues pour s’opposer à des Islams qu’on nous présentait comme modérés, Ennahda, les Frères musulmans, le « modèle turc » d’Erdogan, nous apprennent brutalement qu’il n’y a pas que ces fameux salafistes extrémistes à bafouer les droits dits fondamentaux et à vouloir imposer un Islam « rigoureux » dans leur pays. Pas plus qu’il n’y a d’« Islam à la française », il n’y a d’« Islam à la tunisienne », « à l’égyptienne » ou « à la turque ». Il n’y a qu’un seul Islam, partout le même, qui ne croit qu’au Coran et pour lequel la Charia s’impose. Et quand ils sont au pouvoir, les « Islamiques » se mettent à ressembler furieusement à des « Islamistes » et oublient bien vite toute « modération ». Au lieu de s’inquiéter des risques de déstabilisation en Egypte et en Tunisie, nos dirigeants feraient mieux d’écouter ce que nous crient dans les rues du Caire, de Tunis ou d’Istanbul les adversaires de Morsi, de Moucef Marzouki qui a accepté les diktats d’Ennahda ou d’Erdogan. Ils ont vite compris, eux, ce qu’était l’islamisme « modéré ».

28 Juil 2013 | Comments (8)

Michel Sapin se fout du monde

Cela fait bien longtemps que nos « bons maitres », droite et gauche confondues, nous prennent pour des demeurés et nous racontent n’importe quoi en nous promettant monts et merveilles et en nous affirmant, les yeux dans les yeux, les pires des contre-vérités. Mais les socialistes d’aujourd’hui font sans doute mieux encore que leurs prédécesseurs et réussissent à faire reculer les limites de l’imposture et de l’escroquerie. Michel Sapin, ministre du Travail, vient de déclarer qu’il y avait « une amélioration sur le front du chômage ». On ne pourrait, bien sûr, que s’en réjouir. Le chômage augmente inexorablement depuis des années et ce fléau dévaste le pays comme le plus cruel des cancers. Le chômage est la preuve quotidienne de la dégringolade de la France, de sa désindustrialisation, de sa perte de compétitivité, de son absence de créativité et d’investissements et, en même temps, bien sûr, il ne fait qu’accélérer notre chute en aggravant tous nos déficits. Mais Michel Sapin se fout du monde. Il ose parler d’« une amélioration » en nous annonçant les derniers chiffres du chômage. En juin, 14.900 chômeurs de plus ! Ces 14.900 salariés jetés à la rue vont sûrement apprécier cette « amélioration ». Le ministre a le culot de parler d’« une hausse contenue » et d’« une progression modérée ». Or, cette « modération » fait que nous avons maintenant 3.279.400 chômeurs de la catégorie A et 4,8 millions toutes catégories réunies, plus de 5,3 millions même avec l’Outre-mer. Sapin reconnait que « cette amélioration ne traduit pas encore l’inversion de la courbe du chômage qui est l’objectif des prochains mois ». Il aurait été moins malhonnête de dire que cette aggravation démontrait que toutes les mesures lancées depuis plus d’un an par le gouvernement étaient totalement inefficaces et que, comme le prédisent tous les experts, le chômage va encore augmenter au moins jusqu’à la fin de 2014. Pourquoi Sapin n’a-t-il pas avoué qu’en un an, c’est-à-dire depuis l’arrivée de François Hollande à l’Elysée, le chômage avait augmenté de 11,2% ? De 16,4% pour les chômeurs de plus de 50 ans. De 16% pour les deux millions de chômeurs de longue durée. De 19% pour les 550.000 chômeurs de plus de trois ans. On remarque au passage que l’inversion de la courbe du chômage d’ici à la fin de l’année n’est plus « un engagement » du président de la République. Ce n’est plus qu’« un objectif ». Autant dire un vœu pieux, une baliverne pour les gogos. Hollande reconnait, d’ailleurs lui-même maintenant, non seulement qu’il s’agissait d’une promesse de Gascon mais, en plus, qu’il a bien l’intention de tricher éhontément en tentant de nous faire croire que ses emplois d’avenir, ses contrats de génération, ses stages de formation sont des vrais emplois qui sortiront le pays de ce drame du chômage. Or, ces emplois « aidés », c’est-à-dire financés par l’Etat, ne créeront aucune richesse, n’offriront aucun avenir à ceux qui en bénéficieront pendant quelques mois et aggraveront encore tous nos déficits. Les entreprises et les contribuables vont payer des sommes folles pour permettre à Hollande de présenter des chiffres moins catastrophiques à la veille des élections municipales. Jamais aucune campagne électorale n’aura coûté aussi cher. Et ces chômeurs auxquels on aura jeté un os à ronger ne seront pas plus dupes que les électeurs. L’ancien apparatchik de la rue Solferino ne veut toujours pas comprendre que si l’Etat peut, comme il le fait depuis des années, paralyser une économie en massacrant à coup d’impôts et de règlementations les entrepreneurs, il ne peut pas créer des emplois réels. Seules les entreprises avec « les salauds de patrons » sont capables de créer de la richesse et donc des emplois. Mais Hollande et ses complices n’aiment pas « les riches ». D’« amélioration » en « amélioration », la France va donc continuer à s’enfoncer. Cela dit, il est tout de même curieux que, ce matin, personne ne se soit indigné des propos de Michel Sapin avec sa « hausse contenue », sa « progression modérée » et son « amélioration ». Quand c’était Sarkozy qui nous racontait ses sornettes, la presse était plus « réactive ». Les socialistes ont décidemment tous les culots. C’est même à cela qu’on les reconnait, aurait pu dire Audiard.

25 Juil 2013 | Comments (11)

Des dissolutions à sens unique, inutiles et politicardes

Manuel Valls a annoncé, ce matin, la dissolution de « L’Oeuvre française » et de sa filiale « Les Jeunesses Nationalistes ». Il y a quelques semaines, le gouvernement avait déjà dissout « Les Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires » et « La Troisième voie ». Cette chasse aux groupuscules d’extrême-droite fait suite à « l’affaire Méric », ce jeune militant d’extrême-gauche qui, le 6 juin dernier, avait trouvé la mort lors d’une bagarre (qu’il avait lui-même provoquée selon tous les témoignages) avec des skinheads proches des Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires. On peut s’étonner de ces dissolutions en cascade. D’abord, le gouvernement semble ignorer qu’il y a aussi des groupuscules d’extrême-gauche qui n’hésitent jamais, eux non plus, à avoir recours à la violence dès qu’il s’agit d’attaquer ceux qui appellent « les fascistes ». Le jeune Clément Méric faisait partie d’un de ces groupuscules violents de l’extrême-gauche révolutionnaire. Ces dissolutions sont donc à sens unique. Ensuite, tout le monde sait que les mouvements dissouts renaissent aussitôt de leurs cendres. Ils changent de nom mais gardent leur idéologie et leurs militants qui peuvent alors se présenter en victimes de la persécution du pouvoir. Ces dissolutions sont totalement inutiles. Enfin, on se demande pourquoi le pouvoir socialiste a ainsi sauté sur l’occasion de « l’affaire Méric » (qu’il nous avait présentée en tronquant sans pudeur la vérité) pour s’en prendre à l’extrême-droite. A l’Elysée, on nous dit que l’ambiance délétère qui règne actuellement en France est dangereuse et que certains illuminés pourraient vouloir profiter de la crise économique, sociale et morale que connait le pays ainsi que des errements de la droite traditionnelle et des divisions de la gauche, pour provoquer des troubles graves. Mais ces dissolutions sont purement politicardes. Personne ne conteste qu’il y ait actuellement une ambiance détestable en France, une terrible crise, économique sociale et plus encore morale, que la droite offre le spectacle affligeant de sa guerre des chefs et que la gauche au pouvoir se fracture chaque jour davantage devant les hésitations, les reculades, les erreurs et les trahisons de François Hollande. Mais delà à imaginer que les quelques centaines de militants faméliques et pitoyables de « L’Oeuvre française » puissent faire basculer le pays dans une guerre civile, il y a évidemment un pas qu’il serait totalement absurde de franchir. Aussi délirantes que soient leurs idéologies, ces groupuscules ne représentent aucun danger pour la République. En réalité, en s’en prenant à ces nostalgiques de Pétain, de Mussolini, d’Hitler et de Franco, Hollande, Ayrault et Valls veulent évidemment viser par ricochet le Front National. Et il est vrai que, pendant des années, le FN de Jean-Marie Le Pen a eu des relations très étroites avec certains de ces groupuscules peu fréquentables. Récemment encore, Yvan Benedetti qui a succédé à Pierre Sidos comme patron de « L’Oeuvre française » a été le directeur de campagne de Bruno Gollnisch lors de l’élection du président du FN et de nombreux militants de « L’Oeuvre française » appartenaient encore au FN. Mais justement, Marine Le Pen prenant la succession de son père a exclu sans ménagement du FN tous ces « extrémistes de l’extrémisme » pour tenter d’améliorer l’image de son parti. Ces dissolutions ne peuvent donc que la réjouir et lui apporter, éventuellement, de nouveaux adeptes. En fait, on a surtout l’impression que le chef de l’Etat qui est le premier responsable de toutes les tensions qui divisent aujourd’hui la Nation, cherche à donner un os à ronger à sa majorité chancelante en tentant de lui faire croire qu’il est le rempart contre « le danger fasciste » (qui n’existe pas). Il a cependant tort d’agiter de chiffon (rouge). En interdisant ces groupuscules et donc en les « victimisant », il les valorise et leur donne une place à la « une » de l‘actualité qu’ils n’auraient jamais eue. Il bafoue, par la même occasion et une fois de plus, le principe même de la liberté de penser qu’on doit, dans une démocratie, accorder à ses pires adversaires. Et il divise, de nouveau, les Français car nombreux sont ceux de nos compatriotes qui, ne partageant aucune des idées de ces groupuscules, sont scandalisés par leur interdiction. Dans une démocratie, on ne prive personne du droit à la parole. Pas même les ennemis de la démocratie. Mais la gauche a toujours eu une conception curieuse de la démocratie.

24 Juil 2013 | Comments (5)

Bourdouleix: un imbécile, pas un délinquant

A part dans le Choletais, personne n’avait jamais jusqu’à présent entendu parler de Gilles Bourdouleix. Or, depuis ce matin, le député-maire UDI de Cholet partage la « une » de l’actualité avec le nouveau-né de la famille royale britannique et le Pape en vadrouille au Brésil. Il faut dire que ce parlementaire totalement inconnu a (ou « aurait ») déclaré devant 150 Roms ayant envahi illégalement sa commune : « Hitler n’en a peut-être pas tué assez ». La plaisanterie –car on veut espérer qu’il ne s’agit que d’une plaisanterie- est évidemment de très mauvais goût, c’est le moins qu’on puisse dire, et par là-même inadmissible dans la bouche d’un élu du peuple. Même si, comme il l’affirme, Bourdouleix n’a fait que répondre à des Roms qui lui faisaient le salut hitlérien et l’accusaient d’être Hitler lui-même, cette sortie est impardonnable. Un homme public ne peut pas dire n’importe quoi, a fortiori en public et devant des journalistes. Il y a d’ailleurs des sujets sur lesquels on ne peut pas plaisanter et l’extermination des tziganes par les nazis en est un. On comprend donc parfaitement que la classe politique unanime ait condamné les propos de cet imbécile et que Jean-Louis Borloo ait demandé l’exclusion de Bourdouleix de l’UDI alors pourtant que le bonhomme l’avait menacé, en cas de sanction, d’entrainer avec lui « tout de Centre National des Indépendants et Paysans », une composante, depuis longtemps insignifiante, du centre droit. Mais ce qui choque le plus dans cette (petite) affaire c’est que le préfet de Maine-et-Loire ait demandé au procureur de la République d’Angers d’ouvrir contre Bourdouleix « une enquête préliminaire pour apologie de crime contre l’humanité ». Et on peut penser, bien sûr, que le préfet en question avait reçu des instructions venant de plus haut. Menacer Bourdouleix de cinq ans de prison et de 45.000 € d’amende, les peines prévues pour « l’apologie de crime contre l’humanité », est évidemment ridicule. Mais, beaucoup plus grave encore, cela révèle, une fois de plus, l’insupportable dérive dont nous sommes victimes depuis quelques années, en fait, depuis la fameuse loi Gayssot, cet ancien stalinien de choc qui avait passé sa jeunesse à faire l’apologie des crimes staliniens et qui voulut se racheter un semblant de morale en pourchassant les révisionnistes. Nier l’existence des camps d’extermination est, bien sûr et malheureusement, une absurdité qui mêle l’odieux à l’ignorance. Mais, dans un pays de libertés, chaque citoyen devrait pouvoir énoncer, en toute liberté, les pires contre-vérités, voire les pires monstruosités. C’est même cela qui s’appelle la liberté. Pas plus que ce n’est pas aux législateurs d’écrire l’histoire, mais aux historiens, ce n’est aux juges de décréter ce qu’on peut ou ne peut pas dire. La Justice française n’a d’ailleurs pas été irréprochable pendant les heures les plus noires de notre histoire et il est invraisemblable qu’aujourd’hui les héritiers de ces magistrats qui avaient juré fidélité à Pétain se permettent de juger les propos des uns ou des autres. Aujourd’hui, dans notre pauvre pays, la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen et la Constitution qui affirment, toutes deux, que « Nul ne peut être inquiété pour ses opinions » et que « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement » sont piétinées chaque jour et ont été remplacées par la dictature du politiquement correct instauré par la pensée unique, elle-même imposée par quelques lobbies. Si tout le monde –à commencer d’ailleurs par le ministre de l’Intérieur- reconnait que les Roms et les Gens du voyage posent un réel problème en refusant de se sédentariser (comme tout le monde de nos jours), en étant incapables d’expliquer l’origine de leurs revenus et en occupant, en toute illégalité, des terrains privés ou publics, personne ne défendra Bourdouleix. Mais ce n’est ni au préfet de Maine-et-Loire, ni au procureur d’Angers de le condamner. C’est à l’opinion publique de juger son « dérapage » et notamment aux électeurs de Cholet, dès l’année prochaine. Il faudrait qu’un jour les Français s’aperçoivent qu’un ministre communiste et quelques petits marquis malfaisants les ont depuis longtemps déjà privés de la liberté d’expression et que Voltaire se retourne dans sa tombe.

23 Juil 2013 | Comments (11)

Une mauvaise loi inapplicable

Les incidents de Trappes rouvrent le débat sur le voile intégral puisque ces trois jours d’émeute ont commencé avec le contrôle par la police d’une femme intégralement voilée. Le problème n’est plus de savoir si, dans une démocratie qui se vante de garantir à chacun toutes les libertés, le pouvoir peut interdire tel ou tel accoutrement vestimentaire, si le voile est un asservissement de la femme, si la sécurité publique exige que chacun ait le visage découvert, si le niqab n’est rien d’autre qu’une provocation d’islamistes radicaux voulant défier la République. Le problème est de savoir si cette loi qui interdit « la dissimulation du visage », votée en juillet 2010 par la droite, le centre et 14 socialistes (parmi lesquels Manuel Valls et Aurélie Filippetti) et qui, en réalité, ne concerne que quelques centaines de femmes sur tout le territoire est applicable sur le terrain. Il est évident que si, chaque fois qu’un policier, voulant appliquer cette loi, « se permet » de demander ses papiers à une femme voilée, cela dégénère en trois nuits d’émeutes avec des heures d’affrontements entre « jeunes » et forces de l’ordre, des voitures incendiées et des édifices publics détruits, on peut se demander si ce texte qui, qu’on le veuille ou non, est liberticide était judicieux. En s’affichant avec leur voile, ces femmes savent parfaitement (et le revendiquent) qu’elles se mettent en dehors de notre société pour s’enfermer dans un communautarisme qui combat notre mode de vie, nos lois, notre civilisation. Tout en profitant sans pudeur de tous les avantages de notre système, elles le défient par ce qu’on pourrait appeler « un terrorisme vestimentaire ». Nos législateurs ont voulu répondre par la loi à leur provocation. Mais, du même coup, ils ont transformé ces pauvres bonnes femmes (qui ne gênaient pas grand monde) en victimes, voire en héroïnes de leur communauté. On entrait, toutes proportions gardées, dans le fameux cycle terrorisme-répression, en faisant de ce voile noir –et comme le souhaitaient les fanatiques- le symbole d’un affrontement entre notre société et l’Islam (le plus rigoureux). Il aurait sans doute été plus habile de ne pas faire le jeu de ces extrémistes et d’ignorer ces silhouettes furtives de nos quartiers de non-droit, au nom de la liberté accordée à chacun de se déguiser comme il l’entend. Et de ne pas prendre le risque qu’un policier, faisant du zèle, ne mette le feu à ces barils de poudre que sont, depuis des années, nos banlieues « pourries ». Le problème (immense) de l’islamisme, voire de l’Islam en général, ne se règlera pas avec quelques lois anecdotiques sur le voile ou les prières dans la rue. Il faudra qu’un jour nos responsables aient le courage d’abandonner leur utopie d’« un Islam à la française » et définissent clairement la place de l’Islam dans une république laïque. Par la même occasion, ils pourraient se préoccuper de ces quartiers abandonnés, à très forte population musulmane, où le chômage des jeunes bat tous les records nationaux. L’Ecole et Pôle-emploi sont, sans aucun doute, les meilleurs moyens de répondre à l’influence des mosquées clandestines. Droite et gauche ont investi des milliards dans la « réhabilitation » de ces zones-ghettos, en pure perte. Car personne n’a jamais osé aborder le problème de « l’assimilation », mot banni par la pensée unique alors pourtant qu’elle est le seul moyen de faire de nos immigrés non pas des Français « à part » mais des Français « à part entière ».

22 Juil 2013 | Comments (16)

Hollande-Chirac, le dialogue imaginaire

François Hollande qui ne sait visiblement plus quoi faire pour tenter de remonter si ce n’est la pente du moins sa cote de popularité est allé rendre une visite « de courtoisie » à Jacques Chirac au fin fond de la Corrèze. Le président de la République passait quelques heures dans son ancien département et l’ancien président somnolait entre Bernadette et son caniche nain dans son château de Bity. C’était évidemment « gentil » mais c’était aussi une façon de remercier Chirac d’avoir un jour déclaré : « Moi, je voterai Hollande ». Hollande faisait en quelque sorte la tournée de ses électeurs les plus fidèles… On aimerait, bien sûr, savoir ce que les deux hommes ont pu se dire une fois passées les banalités d’usage sur la santé chancelante de l’ancien et la bonne mine de l’actuel. Ils ont sûrement évoqué la crise qui n’en finit pas, les difficultés de la fonction présidentielle, les aléas des sondages. Chirac connait tout cela. S’il n’a pas eu à affronter « la » crise, il a eu à se battre contre le chômage, la désindustrialisation du pays, les déficits et la dette. Mais, sur ces plans-là, il n’avait, évidemment, aucun conseil à donner à son successeur. Il a donc dû se contenter de lui rappeler quelques célèbres formules de son maitre Pompidou qui répétait souvent: « Trop d’impôt tue l’impôt » ou « Si l’on avait davantage à partager, le problème du partage serait grandement facilité ». Mais Chirac lui-même n’ayant pas appliqué ces règles de bons-sens, Hollande pouvait sourire en opinant du bonnet. Chirac a sûrement rappelé à Hollande qu’il ne fallait jamais brusquer les Français qui savent, tous, qu’il faudrait des réformes fondamentales pour sauver le pays mais qui descendent, tous, dans la rue dès qu’on commence à vouloir évoquer la moindre réformette. Là, le troisième corrézien de notre histoire politique a dû faire une apparition, Henri Queuille qui s’était rendu célèbre grâce à sa formule : « Il n’y a pas de problème que l’absence de solution ne finisse par résoudre ». « Le roi fainéant » et « le capitaine de pédalo » ont sans doute eu une pensée émue pour leur grand ancien. On peut s’amuser à imaginer que Chirac a conseillé à Hollande de faire une dissolution en lui disant : « Quand il y a un blocage total, et vous n’en êtes pas loin, le meilleur moyen d’en sortir est de dissoudre. Vous mettez vos adversaires à Matignon et vous êtes, comme ça, sûr d’être réélu à l’Elysée. La cohabitation est une catastrophe pour le pays mais cela fait plaisir aux Français et c’est le seul moyen pour un président sortant d’être réélu. Regardez Mitterrand et regardez-moi ». Hollande a, sans doute, pris un visage dubitatif. Les deux hommes se sont alors, peut-être, comparés. « Vous avez été élu parce que Strauss-Kahn a disparu. Moi parce que les Français n’ont finalement pas voulu de Balladur. Autant dire que nous avons eu de la chance. Mais ni vous ni moi n’avons su en profiter. J’avais pris un bon premier ministre, Juppé. Une erreur. Cela m’a valu tous les ennuis. A force d’être droit dans ses bottes, il allait droit dans le mur. Au second coup, j’ai pris un médiocre qui ne faisait d’ombre à personne, Raffarin. Vous avez fait la même chose avec Ayrault, vous avez eu raison ». Mais ce qui est le plus vraisemblable est que les deux hommes ont surtout parlé de Sarkozy. Ils le détestent autant l’un que l’autre. « Méfiez-vous du nain, s’est sans doute écrié Chirac. On croit l’avoir tué et il ressuscite toujours. Il m’a pourri la vie, il va vous pourrir la votre. D’ailleurs il faut toujours faire attention aux petits nerveux qui sont populaires. A votre place je me méfierais de Valls. C’est de la graine de Sarko celui-ci ». « Et qu’est-ce que je fais avec le Front National ? » a, peut-être, hasardé Hollande. Chirac a alors éclaté de rire : « Là, vous voyez, mon petit Français, il y a une justice. Mitterrand l’avait fait monter pour me casser. Et il m’a fait perdre un bon nombre d’élections. Mais depuis 2002, c’est vous qu’il fait perdre. Et il n’y a rien à faire. Plus on tape dessus et plus il grimpe. Votre copain Fabius avait raison, le Front National pose les bonnes questions. L’ennui c’est que ni vous ni moi n’avons jamais été fichus de donner les bonnes réponses ». « Merci, Monsieur le président, mais il faut que j’y aille maintenant », « Revenez quand vous voulez. Cela me fait toujours plaisir de reparler du bon temps et de voir que rien n’a changé, même si tout s’aggrave »…

21 Juil 2013 | Comments (3)

Hollande est-il tombé sur la tête ?

Le président de la République serait-il tombé sur la tête ? On savait que cet apparatchik était à la fois dogmatique et indécis, adepte moins du compromis que de la reculade et voilà que nous découvrons qu’il fait maintenant de la provocation pour le plaisir. Cherche-t-il à rassurer la gauche de sa majorité qu’il trahit depuis plus d’un an ou veut-il simplement faire plaisir à sa compagne ? On ne sait pas. Ce n’est, bien sûr, qu’un détail, mais il est diablement révélateur. Parmi ses nombreuses prérogatives de chef de l’Etat, François Hollande doit non seulement préparer l’avenir du pays en définissant un cap, le gérer au quotidien en réglant les problèmes du chômage, de la désindustrialisation, de la dette, des déficits, de l’Ecole, du système de protection sociale, etc. mais aussi… choisir Marianne, le symbole de la République, le visage qui incarne, notamment sur nos timbres, la France qu’on n’ose plus dire « éternelle ». La chose n’est, évidemment, pas facile puisqu’il faut trouver la femme idéale, à la fois grande sœur aimée, fiancée aimante, épouse rassurante et mère protectrice. Pendant longtemps, la République a laissé aux artistes la responsabilité d’imaginer ce visage parfait. Mais la « pipolisation » a voulu que, depuis quelques décennies, on recherche Marianne dans les pages des magazines populaires. Brigitte Bardot, Mireille Mathieu, Catherine Deneuve, Inès de la Fressange, Laetitia Casta et Evelyne Thomas ont ainsi incarné, plus ou moins bien, la République. Bien sûr, personne ne s’attendait à ce que Hollande choisisse Frigide Barjot, Christine Boutin ou même Nadine Morano. Il parait que les deux « artistes » chargés de l’œuvre, David Kawenqa et Olivier Ciappa (bien sûr, deux gauchos militants de la cause homosexuelle) pensèrent un temps à un mélange de Christiane Taubira et Roselyne Bachelot. Mais ils trouvèrent pire encore et –ce qui est stupéfiant- Hollande accepta. Qui va désormais incarner la République, une et invisible, la France, terre des arts et des lois, le pays de toutes les libertés, de Voltaire et de Victor Hugo ? Un travesti ? Un transsexuel ? Non, mais presque. Inna Shevchenko, une Ukrainienne qui a fondé le mouvement des « Femen ». On tombe à la renverse avant de s’indigner ! D’abord, on peut se demander, sans être xénophobe pour autant, s’il fallait vraiment aller jusqu’en Ukraine pour trouver la meilleure incarnation de la France. Ensuite et surtout, il est évident que ces « Femen » dont l’essentiel de l’activité consiste à se dépoitrailler devant les caméras pour aller blasphémer un peu partout et notamment dans les églises n’ont rien à voir avec les « valeurs » de la démocratie censées être représentées par notre Marianne. Ajoutons qu’apprenant que son visage allait apparaitre sur tous les timbres français à partir d’aujourd’hui la délicate jeune femme s’est réjouie en déclarant textuellement : « Tous les homophobes, extrémistes et fascistes devront lécher mon cul pour envoyer une lettre »… Certains diront que ce choix présidentiel n’a aucune importance à côté des promesses non tenues, des mensonges éhontés, des errements en tous sens de l’actuel locataire de l’Elysée. Ils auront tort. Les symboles sont importants, surtout quand un pays est en crise, à l’agonie, divisé entre riches et pauvres, chômeurs et travailleurs, jeunes et vieux, fonctionnaires et salariés du privé, « indigènes » et immigrés et que chacun se demande aujourd’hui ce que c’est que d’être français. Choisir Inna Shevchenko pour représenter la République c’est évidemment vouloir provoquer la droite, les catholiques, les adversaires du mariage homosexuel mais aussi tous ceux qui sont nostalgiques de ce que représentait la République. C’est faire injure à la France et donc, quand on est le président de la République, faire preuve d’une totale et terriblement coupable irresponsabilité. Certes, nous avons déjà eu dans le passé des socialistes qui voulaient « planter le drapeau dans le fumier » mais cela ne leur a pas réussi. Hollande s’est fait élire en affirmant qu’il « ré-enchanterait le rêve français ». Les Français déchantent de jour en jour depuis plus d’un an. Et ce n’est pas en leur présentant cette harpie aux nichons à l’air qu’il va les séduire de nouveau, même s’il va sans doute faire sourire certains petits marquis bobos de son entourage frelaté. Jusqu’à présent, la plupart de ses choix étaient absurdes. Celui-ci est scandaleux. Mais personne ne va sans doute s’insurger.

16 Juil 2013 | Comments (23)

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