La mort du jeune Clément Méric est un drame que rien ne peut excuser mais qu’il est scandaleux de vouloir instrumentaliser, ce que les plus hautes autorités de l’Etat n’ont pas hésité à faire. Les débuts de l’enquête commencent à apporter des précisions sur le déroulement exact de cette tragédie. Contrairement à ce qu’on nous a raconté, un groupe de skinheads ne s’est pas jeté sans raison sur quelques étudiants faisant des emplettes. Les étudiants en question étaient des militants d’extrême-gauche appartenant à un groupuscule faisant la chasse aux « fascistes » et ce sont eux, d’après tous les témoignages, qui ont commencé à s’en prendre aux skinheads sous prétexte qu’ils portaient des T-shirts à connotations racistes. La querelle a dégénéré et le drame a eu lieu. Cela n’excuse, bien sûr, en rien la violence des coups qui ont été portés à Clément Méric mais cela contredit totalement la version officielle qui nous avait été présentée. Il ne s’est pas agi d’« un crime fasciste » mais d’« une rixe entre bandes rivales » qui a très mal tourné. Celui qui a porté le coup mortel est évidemment devenu un assassin mais on ne pourra pas lui reprocher d’avoir prémédité son crime ni même d’avoir provoqué la bagarre qui s’est si tragiquement terminée. Et tous ceux qui ont osé faire un lien entre la mort de ce jeune étudiant et les manifestations contre le mariage homosexuel auraient, évidemment, mieux fait de se taire. Manuel Valls voudraient maintenant dissoudre les groupuscules d’extrême-droite qui ont recours à la violence. Cela part, sans doute, d’une bonne intention mais c’est absurde. D’abord, parce que tous les groupuscules qui ont été dissouts se sont toujours reconstitués sous de nouvelles appellations. Ensuite, parce qu’avant qu’un drame ne se produise, il est impossible d’accuser qui que ce soit de vouloir recourir à la violence. Enfin, parce que, dans un Etat de droit, on ne peut pas condamner un citoyen sous prétexte qu’il se rase la tête, se fait tatouer certains emblèmes et porte des tenues de cuir. Jean-François Copé voudrait, lui, qu’on interdise tous les groupuscules extrémistes, de droite comme de gauche. C’est tout aussi absurde et pour les mêmes raisons et ce serait, tout autant, une atteinte inadmissible à la liberté d’expression. En France, on a parfaitement le droit d’être un « extrémiste », de droite comme de gauche, dès lors, bien sûr, qu’on ne recourt pas à la violence. L’enquête va, peut-être, démontrer que les (présumés) coupables ont des liens avec un groupuscule d’extrême-extrême droite. Mais peut-on considérer ces individus, nostalgiques du IIIème Reich, comme présentant un réel danger pour notre démocratie ? Voyous des quartiers difficiles, « paumés » totalement en marge de notre société, ils relèvent davantage du Code pénal que du débat politique. La rixe entre cette bande de skinheads et cette bande d’ « antifascistes » n’a en rien démontré la résurgence dans le pays d’une extrême-droite violente rappelant l’époque des ligues d’avant-guerre. Mais, par les réactions qu’elle a provoquées, elle a, peut-être, souligné le climat détestable qui règne aujourd’hui en France. Les socialistes accusent les adversaires du mariage homosexuel d’être à l’origine de cette ambiance épouvantable. Ils oublient que c’est François Hollande lui-même qui, en imposant cette loi Taubira que rien n’exigeait, a fait de la provocation et aggravé une fracture au sein du pays. Mais tout cela n’a rien à voir avec la bagarre dramatique de la rue Caumartin. Peut-on imaginer une seule seconde que les skinheads en question aient été de farouches défenseurs de la famille traditionnelle ? Sûrement pas.

Mots-clefs : , , ,