C’est bien connu, gouverner c’est choisir. Quand un pays est en faillite, les responsables ont le choix entre augmenter les impôts ou réduire les dépenses. François Hollande n’a pas hésité. A peine arrivé au pouvoir, il a augmenté les impôts. Massivement. C’était une première erreur. En matraquant les entreprises et les contribuables, les socialistes cassaient les investissements et la consommation, les deux « mamelles » de la croissance. Mais il arrive un temps où on ne peut plus accroitre la pression fiscale. Nous y sommes. Alors il faut en venir à réduire les dépenses. Et là il y a un nouveau choix à faire : taper dans les dépenses de fonctionnement ou dans les dépenses d’investissement. En clair, se mettre à dos tous ceux qui vivent aux crochets de la République ou compromettre l’avenir. Dans le premier cas le gouvernement prouve qu’il a le sens de l’Etat, dans le second cas, il démontre qu’il préfère sacrifier le pays plutôt que de mécontenter son électorat. On doit bien reconnaitre que, depuis quelques décennies, tous nos gouvernements, droite et gauche confondues, ont toujours choisi d’augmenter les impôts pour nous faire battre, sur ce plan-là, tous les records mondiaux puis d’augmenter les dépenses de fonctionnement ce qui fait que nous avons quelque six millions de salariés de la collectivité et des hordes de bénéficiaires des générosités en tout genre de la République. Du coup, bien sûr, personne, ni à droite ni à gauche, n’a investi pour préparer l’avenir. Les uns et les autres se sont contentés d’accroitre les déficits pour ne laisser aux générations futures, comme seul héritage, qu’une dette fabuleuse dans un pays moribond. Il faut être très vieux et avoir de la mémoire pour se souvenir de l’époque où la France construisait des autoroutes, lançait le France, le Concorde et le TGV tout en bâtissant des « villes nouvelles ». François Hollande vient donc de faire, là encore, le mauvais choix. Alors qu’il embauche de nouveaux fonctionnaires et augmente les crédits prévus pour créer ses emplois bidons dits « d’avenir », il annule tous les projets d’autoroute et renonce au canal à grand gabarit Seine-Nord qui aurait permis à la France d’entrer enfin de plain-pied dans l’Europe fluviale, c’est-à-dire dans l’avenir du transport européen moins onéreux, moins polluant et moins dangereux que la route ou le rail. Or, ces grands projets auraient évidemment permis de mettre nos infrastructures à l’heure du XXIème siècle, réveillé certains régions oubliées et à l’agonie et donné pour des années des emplois dans un BTP en pleine crise. « Nous n’avons pas les moyens financiers de nous lancer dans ces travaux pharaoniques » répète-t-on à l’Elysée en ajoutant avec une mauvaise foi stupéfiante : « Les Français préfèrent les TER aux TGV et le rail au fluvial », comme si tous nos compatriotes n’allaient plus que d’une sous-préfecture à l’autre, qu’ils ignoraient le rôle essentiel que jouent le Rhin et les canaux dans toute l’économie de nos voisins du Nord et qu’un pays aux infrastructures vieillissantes pouvait avoir la moindre chance d’attirer des investisseurs. On dira que les cantonniers et les bateliers n’auront pas le même poids que les syndicats d’enseignants lors des élections municipales de l’année prochaine. C’est vrai. Mais un gouvernement qui ne pense qu’aux prochaines échéances électorales et sacrifie l’avenir du pays n’est pas digne de ce nom, car gouverner c’est choisir… l’avenir. En préférant la CGT au TGV, Hollande nous plombe encore davantage.

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