Les élections législatives partielles sont généralement défavorables au pouvoir en place. Elles sont, en effet, pour l’électeur de base une bonne occasion d’exprimer son mécontentement et, peu médiatisées, elles ne mobilisent vraiment que les plus motivés de la circonscription. Cela dit, il faut tout de même remarquer à quel point, depuis leur « triomphe » des dernières législatives, les socialistes n’ont fait que prendre des claques à chacun de ces scrutins. Hier, ils ont encore perdu deux sièges d’un coup, la 1ère et la 8ème circonscriptions des Français de l’étranger, le candidat du PS ayant même été éliminé dès le premier tour, dans la 8ème circonscription. Rappelons-nous que, lors des partielles précédentes, les socialistes ont déjà perdu la 6ème circonscription de l’Hérault (où l’UMP Elie Aboud a battu la socialiste sortante Dolorès Roqué) et n’ont pu gagner ni la 13ème des Hauts-de-Seine (où Devedjian a très largement été réélu devant le chevènementiste Julien Landfried), ni la 1ère du Val-de-Marne (où un dissident UMP, Sylvain Berrios l’a emporté devant le sortant, l’UDI Henri Plagnol, alors que le candidat socialiste, Akli Mellouli, avait été éliminé dès le premier tour), ni la 2ème circonscription de l’Oise (où Jean-François Mancel a été réélu de justesse -768 voix d’avance- devant la candidate du Front National, Florence Italiani, alors que, là aussi, la candidate du PS, Sylvie Houssin, avait été éliminée dès le 1er tour). Le PS a perdu les six partielles et, pire encore, a été éliminé, dès le premier tour, pour trois d’entre elles. Il n’a désormais plus que 292 sièges à l’Assemblée, c’est-à-dire trois de plus que la majorité absolue. Et il se pourrait que, dimanche prochain, il en perde encore un puisque les électeurs de la 3ème circonscription du Lot-et-Garonne éliront le remplaçant de Jérôme Cahuzac et qu’au cours de l’été il en perde un nouveau, celui de la 3ème circonscription des Bouches-du-Rhône, quand il faudra sans doute remplacer la socialiste Sylvie Andrieux, condamnée à trois ans de prison dont un an ferme et cinq ans d’inéligibilité pour détournement de fonds publics. Les « experts » noteront que dans la 1ère circonscription des Français de l’étranger (Etats-Unis-Canada) si Frédéric Lefebvre, le candidat UMP, l’a emporté avec 53,72% des voix contre 46,28% au socialiste Franck Scemama, l’abstention a dépassé les 86% ce qui, bien sûr, relativise le succès de l’ancien secrétaire d’Etat de Sarkozy célèbre pour ses dérapages et son peu de culture. On se souvient de son amour pour… Voltaire et Zadig. Ils noteront aussi que dans la 8ème circonscription des Français de l’étranger (le bassin oriental de la Méditerranée où les habitants d’Israël pèsent un poids tout particulier) il était prévisible que l’UDI Meyer Habib, vice-président du CRIF et ouvertement soutenu par le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, l’emporterait devant la candidate UMP, Valérie Hoffenberg, le candidat PS ayant, lui aussi et là encore, été éliminé dès le premier tour. Ces défaites du PS avec ces éliminations sans pitié dès le premier tour prouvent que nos compatriotes du bout du monde se tiennent tout de même un peu au courant de la situation de leur malheureuse mère-patrie, mais il faut dire aussi que les victoires de la droite ont quelque chose de décevant, voire d’inquiétant, du moins celle de Frédéric Lefebvre. Chacun est convaincu que pour revenir au pouvoir, la droite ne doit pas se contenter de jouer sur le rejet de la gauche. Elle doit non seulement avoir un chef et un programme qui s’imposent –ce qui n’est toujours pas le cas- mais aussi changer ses seconds rôles et ses troisièmes couteaux avec un « casting » totalement renouvelé. Lefebvre fut l’un des avocats les plus désastreux de Sarkozy. Chaque fois qu’il apparaissait sur les écrans, il faisait perdre quelques points au président et à la droite. Pourquoi l’avoir ainsi remis en selle ? L’UMP a-t-elle l’intention de faire revenir sur le devant de la scène Nadine Morano, l’une des autres catastrophes de la Sarkozie ? L’alternance que beaucoup de Français semblent souhaiter s’apprêterait-elle à n’être qu’une simple « restauration », une piètre revanche, avec le retour triomphant de tous les visages que les Français ne supportaient plus ?