Pendant combien de temps encore François Hollande va-t-il nous « balader » pour ne pas dire nous « bassiner » avec sa fameuse « méthode », sa pseudo recherche du consensus, ses concertations imaginaires, son dialogue social bidon et ses raouts médiatiques à grand spectacle ? Cela fait plus d’un an que cela dure, cela n’a rien donné, cela n’a donc que trop duré. La deuxième « Conférence sociale », annoncée à grands renforts de trompettes et qui devait, après 48 heures de palabres entre partenaires sociaux et gouvernement, dégager des pistes pour trouver des solutions aux problèmes du chômage, des retraites et de la formation n’a été qu’un flop de plus. Inaugurant cette foire d’empoigne, le président de la République a reconnu, du bout des lèvres, qu’il faudrait allonger la durée des cotisations pour les retraites mais a totalement rejeté l’idée de reculer l’âge de la retraite et celle d’aligner le système de calcul des retraites des fonctionnaires sur celui des salariés du privé. Cela relève, évidemment, à la fois de l’escroquerie et de l’électoralisme. Maintenir l’âge légal du départ à la retraite à 62 ans (et à 60 ans pour certains) et dire, en même temps, qu’il faudra avoir cotisé pendant 44 ou 45 ans est d’une malhonnêteté sans nom. Cela suppose, en effet, que, pour toucher une pension de retraite à taux plein, les Français commencent à travailler à 17 ans (voire à 15 ans) ce qui, dans un pays où l’école est obligatoire jusqu’à 16 ans et où 25% les jeunes sont au chômage, n’est rien d’autre qu’une imposture. Refuser que le système des retraites des fonctionnaires soit aligné sur celui des salariés du privé n’est rien d’autre que de l’électoralisme de bas étage de la part d’un chef d’Etat qui passe son temps à nous répéter que « les efforts indispensables doivent être équitablement partagés par tous ». Clôturant cette même foire d’empoigne, le Premier ministre a fait remarquer –comme si personne ne le savait- que, s’il y avait des chômeurs, il y avait aussi des chefs d’entreprise qui ne trouvaient pas de candidats pour remplir certains emplois. C’est vrai. Il y a plus de 5 millions de chômeurs (toutes catégories confondues) et moins de 300.000 emplois vacants, chiffre avancé par Hollande lui-même. Mais ces emplois sont pénibles (et les Français préfèrent alors être chômeurs) ou exigent une formation particulière (que n’ont pas les chômeurs). Jean-Marc Ayrault veut former 30.000 chômeurs pour ces emplois vacants en quelques semaines, entre septembre et décembre prochains. C’est n’importe quoi ! Hollande avait d’ailleurs parlé de 300.000 emplois vacants. Le Premier ministre n’écoute même plus les discours du président de la République. Et ajoutons que le problème de la formation est l’une des plus grandes pétaudières de notre système qui permet, sans aucun doute, à certains margoulins de se goberger aux frais de la République mais qui n’a que très rarement permis à des chômeurs d’entrer dans la vie active. Hollande voulait surtout ouvrir « un dialogue » avec cette conférence sociale. « Le dialogue social est au coeur de notre méthode de gouvernement pour faire face à la crise profonde qui pourrait menacer les fondements même de notre édifice social » avait-il déclaré jeudi matin. Nous nous demandions, ici même, s’il n’allait pas s’agir d’un dialogue de sourds de plus. Les réactions de « partenaires sociaux », à l’issue de ces deux jours de bla-bla sont éloquentes. Thierry Lepaon, secrétaire général de la CGT : « Nous avons assisté à une opération de communication. Il n’y a eu aucune annonce concrète et nous sommes plus déterminés que jamais à nous mobiliser en septembre ». Jean-Claude Mailly, de FO : « Ce fut une grand-messe inutile et je retourne maintenant dans le monde réel ». Carole Couvert, de la CGC : « Ce fut un rendez-vous manqué. Nous éprouvons une grande déception. Ce n’est pas d’un coup de baguette magique qu’on va inverser la courbe du chômage ». Bernadette Groison, de la FSU : « Les réponses ne sont pas à la hauteur de la situation ». Laurent Berger, de la CFDT : « Tout cela a manqué d’élan et d’efficacité. Aucune proposition précise, aucun objectif chiffré ». Et même Laurence Parisot, du Medef, a dû constater : « Le gouvernement n’ose toujours pas reculer l’âge légal des retraites ni rapprocher le public du privé ». Qui pourrait s’étonner de cette unanimité ? Hollande réussit l’exploit de mettre d’accord la CGT et le Medef ! Comment Hollande peut-il s’imaginer qu’un « consensus » pourrait être trouvé entre un patronat qui veut reconstruire notre économie en ruines en faisant baisser les charges et donc en réduisant les dépenses et des syndicats dont la seule raison d’être est de conserver notre système qui est, précisément, à l’origine de notre effondrement ? Gouverner ce n’est pas inaugurer du haut d’une tribune des face-à-face entre protagonistes qui se regardent en chiens de faïence depuis des décennies et, en leur ayant ainsi « refilé le bébé », attendre benoitement qu’à force de s’étriper ils se tombent dans les bras en ayant trouvé des solutions miracles. Hollande a pratiqué cette politique de l’autruche pendant des années dans son bureau de la rue Solferino. Curieusement cela lui a plutôt réussi. Mais il a voulu devenir président de la République. Il faudrait qu’il comprenne que c’est un tout autre métier. Il ne peut plus se contenter d’assister passivement aux affrontements entre les uns et les autres en ménageant la chèvre et le chou et en comptant vaguement les points. C’est lui maintenant qui est au milieu du ring et qui doit combattre les réalités. S’il reste indéfiniment les bras ballants, il risque bien d’être mis KO avant le coup de gong final.

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