François Hollande nous avait juré ses grands dieux que les impôts n’augmenteraient pas. Ce n’était, bien sûr, qu’une promesse qui n’engageait que ceux qui l’entendaient, pour reprendre la célèbre formule Chirac. Les Echos d’hier ont fait le calcul : en un an, Hollande a augmenté douze fois les impôts. Une fois par mois ! Comme il lui reste encore, en gros, nn n 48 mois, cela promet ! Il est vrai que ses prédécesseurs sont mal placés pour lui faire le moindre reproche à ce propos. Ils ont tous réussi, et depuis longtemps, à faire des Français les citoyens les plus matraqués de la planète. En s’en prenant cette fois au quotient familial, Hollande peut nous raconter qu’il n’augmente pas les impôts mais qu’il se contente de diminuer… des diminutions. C’est parfaitement vrai. Le quotient familial fait partie de ces innombrables « niches fiscales » qui permettent à un grand nombre de Français de faire baisser leurs prélèvements obligatoires. Il n’en demeure pas moins vrai que des centaines de milliers de Français vont voir leurs impôts augmenter encore davantage l’année prochaine et que, comme disait aussi Chirac : « Dans chaque niche, il y a un chien méchant prêt à mordre». Tout le monde comprend parfaitement que, vu la situation de nos finances, des efforts (considérables) sont indispensables. Mais puisqu’on nous avait promis « le changement », on attendait, naïvement, des socialistes qu’ils réduisent les dépenses de l’Etat plutôt que d’augmenter les impôts. Hélas, la gauche dite « généreuse » a toujours préféré multiplier les générosités de l’Etat au lieu d’en venir à une gestion saine du pays. Elle ignore la phrase de Pompidou « Trop d’impôts tue l’impôt » en asphyxiant l’investissement et la consommation, c’est-à-dire en massacrant tout espoir de croissance. Reconnaissons que la droite n’a pas été plus brillante sur le sujet quand elle était au pouvoir. Mais en rognant sur le quotient familial, Hollande s’attaque à l’un des grands tabous de notre système : l’universalité. Jusqu’à présent, tout le monde, à commencer par la gauche, s’accordait pour affirmer que l’Etat-providence –l’exception française- devait être… providentiel pour tous. Au nom de l’égalité, bien sûr. Mais au nom aussi d’un principe qui ne tenait pas debout : « Tout le monde payant, tout le monde doit pouvoir bénéficier du système ». Or, tout le monde ne paie pas puisque 52% des Français ne paient pas l’impôt sur le revenu. Et on allait jusqu’à vouloir nous faire croire que les assurances maladie, les assurances chômage, etc. n’étaient pas des impôts mais de simples assurances que chacun prenait et dont chacun devait donc pouvoir bénéficier. Or, ces « assurances » étant obligatoires et calculées par l’Etat, il ne s’agit rien de moins que d’un impôt qui cache mal son nom. Dès l’instant où on reconnait cette évidence, l’universalité en prend un coup. Bien des gens paient des impôts sans en bénéficier. Les couples sans enfant financent l’école, ceux qui n’ont pas leur permis de conduire financent les autoroutes, etc. On ne voit donc pas pourquoi, même ceux qui n’en ont pas besoin, bénéficieraient de ces fausses assurances. Il est évidemment absurde que l’Etat verse des allocations familiales (ou accorde des diminutions d’impôts) aux familles les plus fortunées. Mais alors il faudrait avoir le courage de le dire clairement et proclamer haut et fort que l’universalité est jetée à la poubelle et que tout notre système de protection sociale est remis à plat. Ce que la droite n’a jamais osé faire et que sa haine des riches pousse Hollande à entreprendre. Un certain nombre de « bobos » des beaux quartiers vont commencer à regretter sérieusement leur vote de l’année dernière. Reste que ce n’est pas en pénalisant une fois de plus « les riches » qu’on rétablira un semblant d’équilibre dans nos finances mais bien en diminuant nos dépenses. Hélas, ce n’est pas dans l’ADN de nos socialistes. Douze augmentations d’impôts en douze mois et pas une seule diminution substantielle des dépenses.

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