Jadis, ceux qu’on appelait alors « les rois nègres » venaient à Paris et entraient à l’Elysée sur la pointe des pieds pour demander à la France quelques millions afin de boucler leurs budgets, de payer leurs armées et de s’offrir des palais mirifiques. Aujourd’hui, c’est le président de la République française qui fait la manche. Les 48 heures que vient de passer François Hollande au Qatar sont aussi pitoyables que révélatrices de notre dégringolade. Tendant sa sébile, il avait l’air d’un bourgeois de Calais, pieds nus et la corde au cou, faisant allégeance à ses nouveaux maitres. Certes, il n’est pas le premier de nos chefs d’Etat à parcourir le monde non plus en représentant de la France mais en simple représentant de commerce-quémandeur. Cependant, vu la taille de cet émirat microscopique, invisible sur une carte de la planète, la chose devenait sidérante. Cinquième puissance du monde, ayant un siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU, possédant l’arme atomique, sans parler de son prestige ou de son histoire, la France allait faire de la mendicité dans un pays qui n’existait pas il y a trente ans. On dira que le Qatar est richissime, bourré de gaz et de pétrole alors que nous sommes endettés jusqu’au cou, que nous avons des millions de chômeurs et que notre économie est à l’agonie. Nous avons du gaz de schiste mais les écologistes nous interdisent d’en parler. Nous pourrions baisser les charges de nos entreprises pour leur redonner un minimum de compétitivité mais nos syndicats s’y opposent. Nous devrions réduire nos dépenses mais l’idée n’en vient pas à nos dirigeants socialistes. Alors, toute honte bue, il ne nous reste plus qu’à aller supplier ces bédouins nouveaux riches de bien vouloir nous acheter des Rafales dont on se demande ce qu’ils pourraient bien faire, des lignes de métro à creuser sous leurs dunes, des gratte-ciel en forme de mirages et peut-être même du bon vin à boire à boire discrètement à l’ombre de leurs mosquées. Hollande leur a même demandé d’investir en France. Ils y avaient déjà pensé, rachetant, depuis des années, nos palaces, nos immeubles de luxe, nos entreprises et même nos clubs sportifs. Ils veulent d’ailleurs aussi investir dans nos banlieues dites « pourries » et, comme par hasard, à très fortes populations musulmanes. Les ayant vus à nos côtés pour installer en Libye des islamistes, les ayant vus en face de nous aider les djihadistes que nous combattions au Mali, les voyant en Syrie armant des rebelles que nous hésitons un peu à soutenir totalement, nous craignons de les voir s’installer dans nos quartiers de non-droit où le Coran remplace désormais les lois de la République. Avec une naïveté confondante, Hollande vient de nous dire que la Caisse des dépôts s’associerait au Qatar pour aider la création d’emplois dans ces zones déshéritées. On imagine le poids que pourront avoir nos ronds-de-cuir pour contrôler l’influence de ces « chevaliers d’Allah » richissimes dans ces quartiers… Que cet émirat ne sache plus quoi faire de ses pétrodollars et que nous soyons ruinés au-delà du supportable est une chose mais est-ce une raison pour ouvrir toutes grandes nos portes à un pays qui soutient le plus officiellement du monde tous les djihadistes de la planète qui ont déclaré la guerre à l’Occident, même en échange de la vente de quelques chasseurs-bombardiers, d’un métro et de trois ou quatre ensembles résidentiels dans le désert ? Quand on doit diner avec le diable il faut toujours avoir une très longue cuillère. A Doha, oubliant que « nos amis qataris » étaient résolument dans le camp de nos ennemis djihadistes, Hollande a visiblement mangé avec ses doigts…

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