Il est totalement aberrant et donc parfaitement scandaleux que nos sénateurs aient invité aujourd’hui Dominique Strauss-Kahn à venir leur expliquer le monde de l’économie et plus particulièrement l’évasion fiscale. Cela prouve –une fois de plus et si tant est qu’il en ait été nécessaire- à quel point nos élus sont coupés de l’opinion publique, le peu de cas qu’ils font des mots « morale », « décence » ou même « ridicule » et la coupable connivence qui existe entre tous ces « gens-là ». L’ancien ministre socialiste des Finances, l’ancien directeur général du FMI, l’ancien grand espoir de la gauche française est peut-être un économiste « distingué » (comme il y en a beaucoup d’autres), mais, aux yeux des Français et du monde entier, il est désormais, avant tout et à tout jamais, un très grand spécialiste en partouzes internationales, un expert de la prostitution et un violeur patenté. Bref, un type auquel n’importe quel « honnête homme » refuserait de serrer la main, même si la fortune de son ancienne femme lui a permis de s’offrir des avocats qui lui ont évité de passer trente ans dans les prisons américaines. Visiblement, nos sénateurs, en l’invitant publiquement et comme si de rien n’était, veulent redonner au bonhomme un minimum de crédibilité pour ne pas dire d’honorabilité. Découvrant l’incompétence abyssale de François Hollande, certains, à gauche, regrettent sans aucun doute que « les circonstances » aient empêché DSK d’être le candidat qu’on annonçait déjà élu. Mais sont-ils assez inconscients pour s’imaginer qu’ils pourraient le ressortir pour 2017 ? On ne veut pas le croire. Il est évident que DSK bénéficie de tous les copinages qu’il a pu établir tout au cours de sa carrière, de cette sorte de franc-maçonnerie (lâchons le mot) qui fait qu’entre élus on est toujours prêt à tout se pardonner. Il y a des traditions qui ont la vie dure. Sous la IIIème République, quand un chef d’Etat étranger en visite à Paris souhaitait se rendre dans l’un des bordels élégants de la capitale, le protocole inscrivait sur le programme officiel « Rencontre privée avec M. le président du Sénat » et un fonctionnaire du Quai d’Orsay accompagnait l’invité de marque au Chabanais ou au One-two-two. Il y a donc toujours eu des liens entre la Haute Assemblée et les bas-fonds de la prostitution. Mais c’est la première fois qu’un copain de « Dédé la saumure » est écouté avec respect au Palais du Luxembourg. Sous la IVème, le président de l’Assemblée, le socialiste André Le Troquer, organisait des parties fines avec les petits rats de l’Opéra. Le président du Sénat, le socialiste Jean-Pierre Bel, veut-il reprendre le flambeau et organiser des partouzes au Sénat ? On croyait avoir déjà tout vu. Eh bien non. « Ils » nous surprendront toujours. Dominique Strauss-Kahn est au Sénat pendant que Jérôme Cahuzac est à l’Assemblée, que Ziad Takieddine démontre que la campagne de Balladur en 1995 a été financée avec des rétro-commissions provenant de ventes d’armes et que Bernard Tapie est en garde à vue ! Et « ils » s’étonnent qu’un candidat du Front National, totalement inconnu et âgé de 23 ans, obtienne 46% des voix dans le Lot-et-Garonne…

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