Bertrand Delanoë se plaint officiellement auprès d’Europe 1 des imitations que fait de lui chaque matin Nicolas Canteloup. Il les accuse d’être « homophobes ». On savait que le maire de la capitale, communément appelé « notre dame de Paris », était, et pour cause, l’un des ténors de l’homophilie et qu’il n’avait aucun sens de l’humour. Mais, cette fois, il va un peu trop loin et, après avoir souvent dépassé les limites du ridicule, il dépasse celle du tolérable. Personne ne conteste –même si certains ne l’apprécient guère- le droit de Delanoë d’afficher, avec désormais l’arrogance du vainqueur, ses préférences sexuelles. Mais puisqu’il s’assume ainsi pleinement et que son combat en faveur des sodomites restera, avec Vélib et Paris-Plage, l’essentiel de son action pendant ses deux mandats à l’Hôtel de Ville, il doit admettre qu’au pays de Voltaire, de Daumier et de tous ceux qu’on appelait jadis « les chansonniers », un imitateur a parfaitement le droit de singer sa voix de fausset et ses allures de « folle perdue ». Aucune association d’infirmes n’a reproché à nos imitateurs d’ironiser sur le tic de l’épaule droite dont Sarkozy est affligé. Aucun groupe de producteurs de vin ne s’est indigné que certains présentent Borloo comme un poivrot invétéré. La fédération de la chemiserie ne trouve rien à redire quand on présente le chef de l’Etat avec une cravate de travers et une manche trop longue. Les hommes publics ont tous plus ou moins un travers, un tic, un défaut et il est de la fonction même de nos « comiques » de nous faire rire en les soulignant. Ces « victimes de l’humour » pourraient d’ailleurs en profiter eux-mêmes pour se corriger. Mais en France, désormais, si on a encore le droit de plaisanter sur le chef de l’Etat, l’armée, la justice et surtout l’Eglise catholique, il est formellement interdit de s’en prendre à l’Islam et maintenant aux homosexuels. Pourquoi ? Parce que la fameuse « pensée unique » en a décidé ainsi, par idéologie et sans doute plus encore par peur du fanatisme des islamistes et des militants « gays, lesbiennes, bi, trans » et autres. Il serait grand temps que nous nous souvenions que, dans le pays qui se prétend être celui des Droits de l’Homme, la liberté d’expression, de parodie, de caricature est un trésor précieux qu’il convient de sauvegarder jalousement si tant est que nous souhaitions continuer à faire vivre notre démocratie. Il serait bien aussi nos soixante-huitards attardés qui sont aujourd’hui au pouvoir n’oublient pas que le plus beau des slogans qu’ils scandaient dans leur jeunesse était : « Il est interdit d’interdire ». Les homosexuels viennent de remporter une victoire stupéfiante avec l’adoption de la loi Taubira. Il ne faudrait pas qu’ils profitent de ce succès pour nous imposer leur dictature. Nous avons encore le droit d’être hétérosexuels et de rigoler de ce qui nous amuse, et même de leurs travers, voire de leur ridicule, sans tomber pour autant sous le coup de la loi qui condamne l’homophobie. Ajoutons qu’en cette période pour le moins maussade, ceux qui nous font rire devraient être considérés comme étant… « d’intérêt public ».

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