Archives par moisjuin 2013



Les mauvais choix

C’est bien connu, gouverner c’est choisir. Quand un pays est en faillite, les responsables ont le choix entre augmenter les impôts ou réduire les dépenses. François Hollande n’a pas hésité. A peine arrivé au pouvoir, il a augmenté les impôts. Massivement. C’était une première erreur. En matraquant les entreprises et les contribuables, les socialistes cassaient les investissements et la consommation, les deux « mamelles » de la croissance. Mais il arrive un temps où on ne peut plus accroitre la pression fiscale. Nous y sommes. Alors il faut en venir à réduire les dépenses. Et là il y a un nouveau choix à faire : taper dans les dépenses de fonctionnement ou dans les dépenses d’investissement. En clair, se mettre à dos tous ceux qui vivent aux crochets de la République ou compromettre l’avenir. Dans le premier cas le gouvernement prouve qu’il a le sens de l’Etat, dans le second cas, il démontre qu’il préfère sacrifier le pays plutôt que de mécontenter son électorat. On doit bien reconnaitre que, depuis quelques décennies, tous nos gouvernements, droite et gauche confondues, ont toujours choisi d’augmenter les impôts pour nous faire battre, sur ce plan-là, tous les records mondiaux puis d’augmenter les dépenses de fonctionnement ce qui fait que nous avons quelque six millions de salariés de la collectivité et des hordes de bénéficiaires des générosités en tout genre de la République. Du coup, bien sûr, personne, ni à droite ni à gauche, n’a investi pour préparer l’avenir. Les uns et les autres se sont contentés d’accroitre les déficits pour ne laisser aux générations futures, comme seul héritage, qu’une dette fabuleuse dans un pays moribond. Il faut être très vieux et avoir de la mémoire pour se souvenir de l’époque où la France construisait des autoroutes, lançait le France, le Concorde et le TGV tout en bâtissant des « villes nouvelles ». François Hollande vient donc de faire, là encore, le mauvais choix. Alors qu’il embauche de nouveaux fonctionnaires et augmente les crédits prévus pour créer ses emplois bidons dits « d’avenir », il annule tous les projets d’autoroute et renonce au canal à grand gabarit Seine-Nord qui aurait permis à la France d’entrer enfin de plain-pied dans l’Europe fluviale, c’est-à-dire dans l’avenir du transport européen moins onéreux, moins polluant et moins dangereux que la route ou le rail. Or, ces grands projets auraient évidemment permis de mettre nos infrastructures à l’heure du XXIème siècle, réveillé certains régions oubliées et à l’agonie et donné pour des années des emplois dans un BTP en pleine crise. « Nous n’avons pas les moyens financiers de nous lancer dans ces travaux pharaoniques » répète-t-on à l’Elysée en ajoutant avec une mauvaise foi stupéfiante : « Les Français préfèrent les TER aux TGV et le rail au fluvial », comme si tous nos compatriotes n’allaient plus que d’une sous-préfecture à l’autre, qu’ils ignoraient le rôle essentiel que jouent le Rhin et les canaux dans toute l’économie de nos voisins du Nord et qu’un pays aux infrastructures vieillissantes pouvait avoir la moindre chance d’attirer des investisseurs. On dira que les cantonniers et les bateliers n’auront pas le même poids que les syndicats d’enseignants lors des élections municipales de l’année prochaine. C’est vrai. Mais un gouvernement qui ne pense qu’aux prochaines échéances électorales et sacrifie l’avenir du pays n’est pas digne de ce nom, car gouverner c’est choisir… l’avenir. En préférant la CGT au TGV, Hollande nous plombe encore davantage.

30 Juin 2013 | Comments (7)

Mentir et/ou tricher

Les chiffres du chômage se sont stabilisés en mai. Tout le monde ne peut que s’en réjouir et certains vont même jusqu’à se demander si, contre toute attente, François Hollande ne va pas réussir son pari incroyable d’inverser la courbe du chômage d’ici à la fin de l’année. Mais il faut s’entendre sur les mots et ne pas être dupe de ce gouvernement qui voudrait nous faire prendre des vessies pour des lanternes. D’abord, cette stabilisation s’explique par plusieurs raisons et notamment par le fait qu’un certain nombre de chômeurs ont été purement et simplement rayés des listes de Pôle-emploi sous prétexte que, totalement découragés, ils ne s’étaient plus manifestés auprès de l’organisme chargé de leur retrouver un emploi. Ensuite et surtout, réduire le chômage veut dire relancer l’économie pour permettre la création d’emplois « réels » qui créeront des richesses et non pas tricher sur les chiffres avec des emplois bidons à la fois inutiles et payés par la collectivité. En clair, on ne sortira de la spirale infernale du chômage qu’en libérant les entreprises, seules créatrices d’emplois, du poids assassin des charges et de la chape étouffante des règlementations afin de leur redonner un minimum de moyens pour investir, innover et retrouver un peu de compétitivité ce qui leur permettra, peut-être, de regagner des marchés et d’embaucher. Tout le reste n’est que foutaise. Or, que font les socialistes ? Comme la plupart de leurs prédécesseurs, mais en pire, ils embauchent des fonctionnaires à tour de bras et créent des emplois « aidés ». Vincent Peillon vient d’annoncer le recrutement de 10.000 fonctionnaires de plus pour l’Education Nationale qui vont donc s’ajouter aux 60.000 prévus. Notre ministre de l’Education veut qu’il y ait « davantage d’adultes dans nos écoles ». Comme il s’agit là d’un sujet tabou, personne n’ose dire que c’est totalement délirant. L’Education Nationale française est déjà « l’entreprise » qui a le plus de salariés au monde, après l’armée chinoise. Et chacun sait que le drame de notre école qui est devenue « une usine à l’analphabètes et à chômeurs » ne vient pas du manque d’enseignants ou de moyens mais de la formation de ces enseignants et des méthodes éducatives utilisées. En même temps, le gouvernement annonce de nouveaux crédits pour les emplois dits « d’avenir » en faveur des jeunes chômeurs sans formation. De quoi s’agit-il ? De faire embaucher par les collectivités et les associations de tout et de n’importe quoi des jeunes que l’école a été totalement incapable de préparer à entrer dans la vie active. Ils vont devenir plantons dans les mairies ou animateurs dans des associations. Ce qui ne leur donnera aucune formation, aucun avenir et ce fera, naturellement, aux frais de la République. Au lieu de payer des chômeurs, on va payer des figurants inutiles. Mais les chiffres du chômage vont peut-être ainsi baisser un peu, officiellement et plus encore artificiellement. Cette politique est folle. En prétendant traiter le chômage par l’embauche de nouveaux fonctionnaires et la création d’emplois aidés, les socialistes ne vont, bien sûr, que plomber davantage encore le pays qui crève déjà, et depuis longtemps, du trop grand nombre de ses salariés des collectivités et des aides en toutes sortes distribuées à la volée à tout vent. Car qui va payer ces nouveaux plantons et ces nouveaux figurants ? Les entreprises ce qui va les étouffer davantage et leur interdire tout retour vers la compétitivité et les contribuables ce qui va les empêcher de consommer. Cela fait des années que tous les experts un peu raisonnables répètent à nos dirigeants qu’il faut que l’Etat réduise son train de vie et permette aux entreprises de se remettre sur pied. L’ennui c’est que nos dirigeants qui se prennent pour l’Etat ne veulent pas se sacrifier et que les socialistes haïssent les entreprises. En nous annonçant qu’il va faire baisser le chômage, François Hollande nous ment et ce n’est pas parce qu’il va tricher avec des emplois bidons que les choses iront mieux. Ni même que les électeurs seront dupes car ils s’apercevront bien vite que cette imposture ne fait qu’accélérer la dégringolade dans l’abîme. Hollande est prêt à payer pour nous faire croire qu’il a une politique digne de ce nom. Mais il le fait à nos frais et à ceux de notre avenir.

29 Juin 2013 | Comments (6)

Des partouzes au Sénat ?

Il est totalement aberrant et donc parfaitement scandaleux que nos sénateurs aient invité aujourd’hui Dominique Strauss-Kahn à venir leur expliquer le monde de l’économie et plus particulièrement l’évasion fiscale. Cela prouve –une fois de plus et si tant est qu’il en ait été nécessaire- à quel point nos élus sont coupés de l’opinion publique, le peu de cas qu’ils font des mots « morale », « décence » ou même « ridicule » et la coupable connivence qui existe entre tous ces « gens-là ». L’ancien ministre socialiste des Finances, l’ancien directeur général du FMI, l’ancien grand espoir de la gauche française est peut-être un économiste « distingué » (comme il y en a beaucoup d’autres), mais, aux yeux des Français et du monde entier, il est désormais, avant tout et à tout jamais, un très grand spécialiste en partouzes internationales, un expert de la prostitution et un violeur patenté. Bref, un type auquel n’importe quel « honnête homme » refuserait de serrer la main, même si la fortune de son ancienne femme lui a permis de s’offrir des avocats qui lui ont évité de passer trente ans dans les prisons américaines. Visiblement, nos sénateurs, en l’invitant publiquement et comme si de rien n’était, veulent redonner au bonhomme un minimum de crédibilité pour ne pas dire d’honorabilité. Découvrant l’incompétence abyssale de François Hollande, certains, à gauche, regrettent sans aucun doute que « les circonstances » aient empêché DSK d’être le candidat qu’on annonçait déjà élu. Mais sont-ils assez inconscients pour s’imaginer qu’ils pourraient le ressortir pour 2017 ? On ne veut pas le croire. Il est évident que DSK bénéficie de tous les copinages qu’il a pu établir tout au cours de sa carrière, de cette sorte de franc-maçonnerie (lâchons le mot) qui fait qu’entre élus on est toujours prêt à tout se pardonner. Il y a des traditions qui ont la vie dure. Sous la IIIème République, quand un chef d’Etat étranger en visite à Paris souhaitait se rendre dans l’un des bordels élégants de la capitale, le protocole inscrivait sur le programme officiel « Rencontre privée avec M. le président du Sénat » et un fonctionnaire du Quai d’Orsay accompagnait l’invité de marque au Chabanais ou au One-two-two. Il y a donc toujours eu des liens entre la Haute Assemblée et les bas-fonds de la prostitution. Mais c’est la première fois qu’un copain de « Dédé la saumure » est écouté avec respect au Palais du Luxembourg. Sous la IVème, le président de l’Assemblée, le socialiste André Le Troquer, organisait des parties fines avec les petits rats de l’Opéra. Le président du Sénat, le socialiste Jean-Pierre Bel, veut-il reprendre le flambeau et organiser des partouzes au Sénat ? On croyait avoir déjà tout vu. Eh bien non. « Ils » nous surprendront toujours. Dominique Strauss-Kahn est au Sénat pendant que Jérôme Cahuzac est à l’Assemblée, que Ziad Takieddine démontre que la campagne de Balladur en 1995 a été financée avec des rétro-commissions provenant de ventes d’armes et que Bernard Tapie est en garde à vue ! Et « ils » s’étonnent qu’un candidat du Front National, totalement inconnu et âgé de 23 ans, obtienne 46% des voix dans le Lot-et-Garonne…

26 Juin 2013 | Comments (19)

Des méthodes de dictatures

Nous avions été quelques-uns –peu nombreux à dire vrai- à nous étonner de l’empressement avec lequel Hollande, Ayrault, Valls et consorts nous avaient présenté la bagarre qui, le 5 juin dernier, avait opposé, rue Caumartin, en plein Paris, une bande de skinheads à un groupe de jeunes et qui s’était tragiquement soldée par la mort d’un étudiant de Sciences-Pô de 18 ans, Clément Méric. L’enquête avait à peine commencé que les plus hautes autorités de l’Etat nous affirmaient déjà que des nervis d’extrême-droite, répondant aux appels au meurtre qu’auraient lancés les adversaires du mariage homosexuel, avaient voulu tuer de pacifiques jeunes militants de gauche. On se souvient que l’ineffable Pierre Bergé avait accusé Frigide Barjot d’être responsable de ce drame, alors que le président de la République, le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur, sans parler d’Harlem Désir et des autres, évoquaient la menace fasciste et le danger que faisait soudain peser l’extrême-droite sur la République. Or, le soir même du drame, il semblait évident qu’on avait affaire à une vulgaire bagarre entre jeunes qui avait mal tourné. La récupération et la manipulation par le gouvernement et toute la gauche de ce tragique incident rappelaient étonnement l’affaire du cimetière juif de Carpentras quand Mitterrand et les siens avaient accusé le Front National d’être responsable, du saccage des tombes juives de cette petite ville méridionale. Quelques années plus tard, l’enquête a démontré que le parti de Jean-Marie Le Pen ne pouvait en rien être impliqué dans cette pitoyable histoire. Comme pour l’affaire de Carpentras, la gauche a aussitôt organisé des manifestations de foule à Paris et dans un certain nombre de villes de province. En hommage à la mémoire du jeune Clément Méric, bien sûr, mais surtout pour dénoncer le fascisme de l’extrême-droite et fustiger la violence que prônerait la droite en général. Dans les jours qui ont suivi, on a appris que, si les skinheads avaient bien des relations avec des groupuscules plus ou moins néo-nazis, les autres appartenaient, eux, à un groupuscule d’extrême-gauche, « le Collectif antifasciste Paris-Banlieue », qui n’hésite pas, lui non plus, à recourir à la violence dans certaines manifestations. Une photo du malheureux Méric était d’ailleurs publiée sur laquelle on le voyait au premier rang d’un défilé des « anti-fa », un foulard lui cachant le bas du visage. Un témoin ayant assisté au début de la rencontre entre les deux groupes dans un appartement où se déroulait une vente de vêtements affirmait que c’étaient Méric et ses amis qui avaient commencé à injurier les skinheads. Un autre témoin précisait que Méric et ses amis avaient attendu les skinheads devant la porte de l’immeuble. Tout laissait alors croire que c’étaient les « antifascistes » qui avaient provoqué puis attaqué les « fascistes ». Il ne s’agissait donc pas d’une attaque de nazillons contre de braves étudiants mais bel et bien d’une bagarre entre deux groupes rivaux, extrémistes et violents et le magistrat chargé de l’enquête poursuivait d’ailleurs le coupable du coup mortel, Esteban Morillo, pour « violences volontaires ayant entrainé la mort sans l’intention de la donner ». On apprend aujourd’hui que des caméras de vidéo-surveillance de la RATP ont filmé la scène et qu’on voit sur ces images Méric attaquer Morillo, de dos, puis celui-ci se retourner et pour se défendre porter un coup qui fut malheureusement mortel à Méric. Rien n’excuse, bien sûr, la mort d’un jeune garçon de 18 ans. Mais il est parfaitement scandaleux qu’avant même qu’on ait connu les circonstances exactes de ce drame les dirigeants du pays aient voulu s’en servir pour attaquer non seulement l’extrême-droite mais aussi la droite en général. Scandaleux aussi que la police n’ait pas fait état de ces enregistrements de vidéo-surveillance (que RTL vient de révéler). Un responsable a déclaré : « Nous voulions attendre que les tensions s’apaisent ». Mais c’est précisément en cachant la vérité que les tensions ne pouvaient que s’exacerber. En fait, il fallait surtout laisser au gouvernement le temps d’utiliser ce drame en le manipulant à sa guise. Avec, peut-être, l’espoir qu’en rendant ainsi la droite responsable de la mort de ce jeune garçon on ferait oublier les centaines de milliers de personnes qui avaient manifesté les jours précédents dans les rues contre le mariage homosexuel. Ce sont-là des méthodes de dictatures.

26 Juin 2013 | Comments (12)

Les autruches parisiennes

Le microcosme parisien continue à analyser les résultats de l’élection partielle de la 3ème circonscription du Lot-et-Garonne. Avec une mauvaise foi stupéfiante. Pour les uns, les élections partielles n’ont aucune signification et ils rappellent que le pouvoir en place est généralement sanctionné à cette occasion. Voilà qui est déjà contradictoire. Si le pouvoir est sanctionné cela signifie bien quelque chose. Les partielles sont autrement plus révélatrices que n’importe quel sondage et s’il est vrai que la droite a perdu tous les scrutins intermédiaires pendant le règne de Sarkozy, il ne faut pas oublier que le dit Sarkozy n’a finalement pas été réélu. Pour d’autres, cette partielle n’a été qu’une conséquence logique et prévisible de l’affaire Cahuzac. L’affaire a sans doute joué un rôle. Mais le PS a perdu les huit élections partielles qui ont eu lieu depuis l’entrée de François Hollande à l’Elysée. Et on ne peut pas dire que le scandale Cahuzac ait été au coeur de la partielle de l’Oise où la candidate du Front National, Florence Italiani, a obtenu 48,59% des voix au second tour. D’autres, notamment au PS, affirment que le Front républicain a réussi à « faire barrage au FN ». Un « Front républicain » qui ne réunit que 53% des voix est pour le moins lézardé et on ne peut tout de même pas considérer que les 46,24% d’électeurs qui ont voté pour le candidat du FN, Etienne Bousquet-Cassagne, soient tous des ennemis de la République. D’autres encore, et cette fois à l’UMP, nous racontent que l’élimination du candidat du PS au premier tour et l’élection du candidat UMP au second est la preuve que les Français rejettent désormais la gauche et la politique catastrophique qu’elle mène. C’est vrai, évidemment. Mais ils oublient que le candidat de l’UMP n’avait obtenu que 28% des voix au premier tour ce qui prouve clairement que les électeurs n’attendent pas avec enthousiasme une alternance qui ramènerait la droite au pouvoir. Il est sidérant qu’à Paris nos « élites politiques » continuent à jouer les autruches, la tête enfoncée dans les sables mouvants alors qu’il est de notoriété publique que les Français, écrasés par toutes les crises, économique, sociale, morale, sont écoeurés par les partis qui se succèdent au pouvoir avec une régularité de métronome depuis des décennies, qui leur ont promis monts et merveilles avec un aplomb à tomber à la renverse et qui ont été, l’un comme l’autre, totalement incapables de faire quoi que ce soit si ce n’est, peut-être, d’alimenter l’actualité avec des scandales épouvantables qui ont ajouté le déshonneur à leur discrédit. Au lieu de nous (et de se) raconter n’importe quoi en, agitant l’épouvantail du fascisme qui serait à nos portes, il serait grand temps qu’au PS comme à l’UMP on comprenne qu’avec un chômage qui fonce vers les 11% (en fait vers les 15% si on tient compte de toutes les catégories de chercheurs d’emploi), un effondrement du revenu des classes moyennes, une absence d’avenir pour les jeunes et une France qui a maintenant honte d’elle-même, nous sommes dans situation tout simplement « prérévolutionnaire ». Partout, la colère gronde. Les paysans qui crèvent de faim, les ouvriers qui voient leurs usines fermer les unes après les autres, les chômeurs sans espoir, les jeunes qui vont s’inscrire à pôle-emploi, les « petits bourgeois » hostiles au mariage des homosexuels mais aussi affolés par l’avenir, les vieux auxquels on va encore rogner leurs retraites, tous sont au bord de l’explosion. Pour l’instant, ils se contentent de voter Front National parce que Marine Le Pen s’en prend à l’UMPS, à l’Europe, à la mondialisation, à l’immigration et à tout ce qui a programmé l’effondrement et même la disparition de la France. Demain, ils descendront, peut-être, dans la rue si personne dans les partis « officiels », ni à droite ni à gauche, n’accepte d’avoir le courage et la lucidité de tout remettre en cause et de proposer une vraie renaissance de la France. Les Français ne veulent plus gober les œufs de ces autruches.

25 Juin 2013 | Comments (7)

Le FN, battu mais victorieux

Finalement donc, et comme on pouvait s’y attendre, le candidat du Front National à l’élection partielle de la 3ème circonscription du Lot-et-Garonne, le jeune Etienne Bousquet-Cassagne, a été battu par le candidat de l’UMP, Jean-Louis Costes. 46,24% contre 53,76%. En d’autres circonstances, on pourrait dire que cette défaite est sans appel. Mais là, il s’agit d’une vraie victoire pour le parti de Marine Le Pen. Rappelons-nous la présidentielle de 2002. C’était le premier vrai duel où le FN affrontait l’UMP, après l’élimination au premier tour de Lionel Jospin. A ce premier tour, Chirac n’avait obtenu que 19,88% des voix (5.666.021 bulletins) et Jean-Marie Le Pen avait recueilli 16,86% des suffrages (4.804.772 bulletins). Au second tour, Chirac avait été élu triomphalement avec 82,21% des voix (25.537.894 bulletins) devant Le Pen à 17,79% des voix (5.525.034 bulletins). Ce qui voulait dire que Le Pen n’avait pratiquement pas amélioré son score et que toutes les voix de gauche et du centre qui s’étaient portées sur d’autres candidats au premier tour s’étaient reportées sur Chirac. Ce qu’on appelle « le Front républicain » avait parfaitement fonctionné pour faire barrage au Front National. Mais tout a radicalement changé depuis. Le FN n’est plus simplement « le troisième larron » capable, au mieux, faire battre un candidat du PS ou de l’UMP lors d’un premier tour ou d’une triangulaire. Désormais, il peut (presque) l’emporter « en finale ». Le FN a obtenu deux députés lors des législatives de l’année dernière et les dernières partielles (celle de l’Oise et celle d’hier dans le Lot-et-Garonne) démontrent qu’il est bel et bien entré de plain-pied dans la cour des grands. Dans l’Oise, la candidate frontiste, Florence Italiani, était passée d’un tour à l’autre de 26,58% des voix à 48,59%. Dans le Lot-et-Garonne, Bousquet-Cassagne est passé de 26,69% à 46,24%. Dans un cas comme dans l’autre, de très nombreux électeurs qui avaient voté à gauche, au centre ou même à droite, ont donc voté Front National. Cela veut dire deux choses. D’abord, bien sûr, que le rejet du PS et de l’UMP est plus vif que jamais. Les socialistes au pouvoir déçoivent. Et l’UMP dans l’opposition aussi. C’est le moins qu’on puisse dire. D’un côté, les promesses non tenues, les échecs, les mensonges de François Hollande, de l’autre, la guérilla haineuse des chefaillons, les incohérences du discours, l’absence de programme (sans parler des mauvais souvenirs de l’ère Sarkozy) écoeurent les Français qui en arrivent à souhaiter tout –c’est-à-dire n’importe quoi- plutôt que le PS ou l’UMP qui règnent sur ce pays depuis des décennies et qui l’ont conduit là où il se trouve. Mais cela va beaucoup plus loin. Marine Le Pen ne bénéficie plus seulement du rejet de ce qu’elle appelle « l’UMPS ». Elle attire désormais des sympathisants. Elle a su très habilement changer le discours de son père. Elle ne parle plus seulement de l’immigration et de la sécurité. Elle prône maintenant la sortie de l’Europe et le protectionnisme. Du coup, elle séduit aussi tous ceux qui sont touchés de plein fouet par la crise, qui accusent Bruxelles de tous les maux et qui sont affolés par la mondialisation. Ils sont de plus en plus nombreux. Jean-François Copé vient de déclarer que cette élection du Lot-et-Garonne était « un avertissement sérieux » et François Hollande d’ajouter « Nous aurons à tirer toutes les leçons de ce scrutin ». Ils ont raison l’un et l’autre. Mais cela fait bien longtemps que la droite reçoit ce genre d’avertissement et que la gauche aurait dû tirer les leçons de certains scrutins. Ces gens n’ont toujours pas compris que cela allait très mal en France et que les Français n’en pouvaient plus. Il serait grand temps qu’ils ouvrent les yeux car les avertissements ne vont plus être « sans frais » et les leçons vont devenir des corrections. Le Front National n’est plus l’épouvantail que pouvaient agiter entre les deux tours la gauche et la droite traditionnelle. Si les choses continuent à ce train, Marine Le Pen pourrait faire, en 2017, beaucoup, beaucoup mieux que les 17,79% de son père en 2002. Les Hollande, Fillon et autres Copé devraient le comprendre.

24 Juin 2013 | Comments (8)

Hollande fait la manche et mange avec ses doigts

Jadis, ceux qu’on appelait alors « les rois nègres » venaient à Paris et entraient à l’Elysée sur la pointe des pieds pour demander à la France quelques millions afin de boucler leurs budgets, de payer leurs armées et de s’offrir des palais mirifiques. Aujourd’hui, c’est le président de la République française qui fait la manche. Les 48 heures que vient de passer François Hollande au Qatar sont aussi pitoyables que révélatrices de notre dégringolade. Tendant sa sébile, il avait l’air d’un bourgeois de Calais, pieds nus et la corde au cou, faisant allégeance à ses nouveaux maitres. Certes, il n’est pas le premier de nos chefs d’Etat à parcourir le monde non plus en représentant de la France mais en simple représentant de commerce-quémandeur. Cependant, vu la taille de cet émirat microscopique, invisible sur une carte de la planète, la chose devenait sidérante. Cinquième puissance du monde, ayant un siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU, possédant l’arme atomique, sans parler de son prestige ou de son histoire, la France allait faire de la mendicité dans un pays qui n’existait pas il y a trente ans. On dira que le Qatar est richissime, bourré de gaz et de pétrole alors que nous sommes endettés jusqu’au cou, que nous avons des millions de chômeurs et que notre économie est à l’agonie. Nous avons du gaz de schiste mais les écologistes nous interdisent d’en parler. Nous pourrions baisser les charges de nos entreprises pour leur redonner un minimum de compétitivité mais nos syndicats s’y opposent. Nous devrions réduire nos dépenses mais l’idée n’en vient pas à nos dirigeants socialistes. Alors, toute honte bue, il ne nous reste plus qu’à aller supplier ces bédouins nouveaux riches de bien vouloir nous acheter des Rafales dont on se demande ce qu’ils pourraient bien faire, des lignes de métro à creuser sous leurs dunes, des gratte-ciel en forme de mirages et peut-être même du bon vin à boire à boire discrètement à l’ombre de leurs mosquées. Hollande leur a même demandé d’investir en France. Ils y avaient déjà pensé, rachetant, depuis des années, nos palaces, nos immeubles de luxe, nos entreprises et même nos clubs sportifs. Ils veulent d’ailleurs aussi investir dans nos banlieues dites « pourries » et, comme par hasard, à très fortes populations musulmanes. Les ayant vus à nos côtés pour installer en Libye des islamistes, les ayant vus en face de nous aider les djihadistes que nous combattions au Mali, les voyant en Syrie armant des rebelles que nous hésitons un peu à soutenir totalement, nous craignons de les voir s’installer dans nos quartiers de non-droit où le Coran remplace désormais les lois de la République. Avec une naïveté confondante, Hollande vient de nous dire que la Caisse des dépôts s’associerait au Qatar pour aider la création d’emplois dans ces zones déshéritées. On imagine le poids que pourront avoir nos ronds-de-cuir pour contrôler l’influence de ces « chevaliers d’Allah » richissimes dans ces quartiers… Que cet émirat ne sache plus quoi faire de ses pétrodollars et que nous soyons ruinés au-delà du supportable est une chose mais est-ce une raison pour ouvrir toutes grandes nos portes à un pays qui soutient le plus officiellement du monde tous les djihadistes de la planète qui ont déclaré la guerre à l’Occident, même en échange de la vente de quelques chasseurs-bombardiers, d’un métro et de trois ou quatre ensembles résidentiels dans le désert ? Quand on doit diner avec le diable il faut toujours avoir une très longue cuillère. A Doha, oubliant que « nos amis qataris » étaient résolument dans le camp de nos ennemis djihadistes, Hollande a visiblement mangé avec ses doigts…

23 Juin 2013 | Comments (8)

Le flop prévisible d’une méthode

Pendant combien de temps encore François Hollande va-t-il nous « balader » pour ne pas dire nous « bassiner » avec sa fameuse « méthode », sa pseudo recherche du consensus, ses concertations imaginaires, son dialogue social bidon et ses raouts médiatiques à grand spectacle ? Cela fait plus d’un an que cela dure, cela n’a rien donné, cela n’a donc que trop duré. La deuxième « Conférence sociale », annoncée à grands renforts de trompettes et qui devait, après 48 heures de palabres entre partenaires sociaux et gouvernement, dégager des pistes pour trouver des solutions aux problèmes du chômage, des retraites et de la formation n’a été qu’un flop de plus. Inaugurant cette foire d’empoigne, le président de la République a reconnu, du bout des lèvres, qu’il faudrait allonger la durée des cotisations pour les retraites mais a totalement rejeté l’idée de reculer l’âge de la retraite et celle d’aligner le système de calcul des retraites des fonctionnaires sur celui des salariés du privé. Cela relève, évidemment, à la fois de l’escroquerie et de l’électoralisme. Maintenir l’âge légal du départ à la retraite à 62 ans (et à 60 ans pour certains) et dire, en même temps, qu’il faudra avoir cotisé pendant 44 ou 45 ans est d’une malhonnêteté sans nom. Cela suppose, en effet, que, pour toucher une pension de retraite à taux plein, les Français commencent à travailler à 17 ans (voire à 15 ans) ce qui, dans un pays où l’école est obligatoire jusqu’à 16 ans et où 25% les jeunes sont au chômage, n’est rien d’autre qu’une imposture. Refuser que le système des retraites des fonctionnaires soit aligné sur celui des salariés du privé n’est rien d’autre que de l’électoralisme de bas étage de la part d’un chef d’Etat qui passe son temps à nous répéter que « les efforts indispensables doivent être équitablement partagés par tous ». Clôturant cette même foire d’empoigne, le Premier ministre a fait remarquer –comme si personne ne le savait- que, s’il y avait des chômeurs, il y avait aussi des chefs d’entreprise qui ne trouvaient pas de candidats pour remplir certains emplois. C’est vrai. Il y a plus de 5 millions de chômeurs (toutes catégories confondues) et moins de 300.000 emplois vacants, chiffre avancé par Hollande lui-même. Mais ces emplois sont pénibles (et les Français préfèrent alors être chômeurs) ou exigent une formation particulière (que n’ont pas les chômeurs). Jean-Marc Ayrault veut former 30.000 chômeurs pour ces emplois vacants en quelques semaines, entre septembre et décembre prochains. C’est n’importe quoi ! Hollande avait d’ailleurs parlé de 300.000 emplois vacants. Le Premier ministre n’écoute même plus les discours du président de la République. Et ajoutons que le problème de la formation est l’une des plus grandes pétaudières de notre système qui permet, sans aucun doute, à certains margoulins de se goberger aux frais de la République mais qui n’a que très rarement permis à des chômeurs d’entrer dans la vie active. Hollande voulait surtout ouvrir « un dialogue » avec cette conférence sociale. « Le dialogue social est au coeur de notre méthode de gouvernement pour faire face à la crise profonde qui pourrait menacer les fondements même de notre édifice social » avait-il déclaré jeudi matin. Nous nous demandions, ici même, s’il n’allait pas s’agir d’un dialogue de sourds de plus. Les réactions de « partenaires sociaux », à l’issue de ces deux jours de bla-bla sont éloquentes. Thierry Lepaon, secrétaire général de la CGT : « Nous avons assisté à une opération de communication. Il n’y a eu aucune annonce concrète et nous sommes plus déterminés que jamais à nous mobiliser en septembre ». Jean-Claude Mailly, de FO : « Ce fut une grand-messe inutile et je retourne maintenant dans le monde réel ». Carole Couvert, de la CGC : « Ce fut un rendez-vous manqué. Nous éprouvons une grande déception. Ce n’est pas d’un coup de baguette magique qu’on va inverser la courbe du chômage ». Bernadette Groison, de la FSU : « Les réponses ne sont pas à la hauteur de la situation ». Laurent Berger, de la CFDT : « Tout cela a manqué d’élan et d’efficacité. Aucune proposition précise, aucun objectif chiffré ». Et même Laurence Parisot, du Medef, a dû constater : « Le gouvernement n’ose toujours pas reculer l’âge légal des retraites ni rapprocher le public du privé ». Qui pourrait s’étonner de cette unanimité ? Hollande réussit l’exploit de mettre d’accord la CGT et le Medef ! Comment Hollande peut-il s’imaginer qu’un « consensus » pourrait être trouvé entre un patronat qui veut reconstruire notre économie en ruines en faisant baisser les charges et donc en réduisant les dépenses et des syndicats dont la seule raison d’être est de conserver notre système qui est, précisément, à l’origine de notre effondrement ? Gouverner ce n’est pas inaugurer du haut d’une tribune des face-à-face entre protagonistes qui se regardent en chiens de faïence depuis des décennies et, en leur ayant ainsi « refilé le bébé », attendre benoitement qu’à force de s’étriper ils se tombent dans les bras en ayant trouvé des solutions miracles. Hollande a pratiqué cette politique de l’autruche pendant des années dans son bureau de la rue Solferino. Curieusement cela lui a plutôt réussi. Mais il a voulu devenir président de la République. Il faudrait qu’il comprenne que c’est un tout autre métier. Il ne peut plus se contenter d’assister passivement aux affrontements entre les uns et les autres en ménageant la chèvre et le chou et en comptant vaguement les points. C’est lui maintenant qui est au milieu du ring et qui doit combattre les réalités. S’il reste indéfiniment les bras ballants, il risque bien d’être mis KO avant le coup de gong final.

22 Juin 2013 | Comments (8)

Reculer pour ne pas sauter

François Hollande ouvre ce matin la deuxième Conférence sociale pour l’emploi. Pendant deux jours, ministres, syndicalistes et patronat vont discuter de l’emploi, de la formation et, bien sûr aussi, des retraites. C’est « la » méthode Hollande, ce socialiste à la sauce social-démocrate. On réunit tout le monde autour de tables rondes, chacun avance ses propositions, s’indigne de celles des autres, on palabre un peu, on fait semblant de chercher un « consensus » et on se sépare en affirmant que les choses ont bien avancées, tout en reconnaissant que chacun est resté sur ses positions. Et on annonce qu’on se reverra plus tard. A première vue, c’est très gentil. C’est une forme de démocratie participative où chacun a la parole, même pour ne rien dire. A la réflexion, ce n’est que de la démagogie et un moyen facile pour le pouvoir de se défausser de ses responsabilités. Tout le monde connait la situation (catastrophique) du pays et les positions (irréconciliables) des protagonistes de la rencontre. La situation exige des mesures drastiques que ne peuvent que refuser nos syndicalistes arcboutés sur un système qui nous a jetés dans l’abîme. De quoi peut-on débattre et vers quel consensus pourrait-on arriver dès lors qu’on sait que le problème du chômage et celui des retraites ont pour seule origine l’effondrement de notre économie provoqué, en grande partie, par notre Etat-providence et omniprésent, le poids insupportable des charges, la tyrannie d’une législation du travail paralysante, les 35 heures et tout ce qui constitue la fameuse « exception française » dont nous sommes si fiers et qui nous a conduits à la ruine ? Imagine-t-on la CGT accepter l’âge de la retraite à 65 ans (comme dans la plupart des pays), le retour à la semaine des 40 heures (comme partout), l’alignement du calcul des retraites des fonctionnaires sur celui des salariés du privé (comme cela s’imposerait), une baisse substantielle des charges des entreprises (ce qui serait indispensable) ? Evidemment non. Les syndicats n’ont plus guère de « clients » (7% seulement des salariés sont syndiqués et encore ce sont pour la plupart des fonctionnaires) mais ils veulent sauvegarder leur fonds de commerce qui n’est rien d’autre que la défense aveugle de ce système d’ « avantages acquis ». François Hollande voudrait s’inspirer de l’exemple allemand. Il fait mine d’ignorer les différences fondamentales entre le syndicalisme allemand et le notre. De l’autre côté du Rhin, les syndicalistes, infiniment moins politisés que les nôtres, veulent participer au développement de l’économie nationale et, s’ils peuvent être durs dans les négociations, ils estiment qu’ils sont les partenaires (et non pas les ennemis) du patronat et acceptent les réformes imposées par les réalités. Chez nous, les syndicalistes refusent toujours les lois du marché, sont encore des adeptes de la lutte des classes et ne sont pas prêts d’enterrer la hache de guerre contre ces « salauds » de patrons qui prennent plaisir à licencier, tout en se gobergeant des bénéfices de leurs entreprises. Le dialogue que voudrait leur imposer Hollande ne peut donc être qu’un dialogue de sourds allant vers l’affrontement. Avec sa « boite à outils » Hollande ne peut que bricoler. Ses « emplois d’avenir » ne démarrent pas. Il en annonçait 100.000 cette année, on en est péniblement à 25.000. C’est pire encore pour les « contrats de génération ». Il en prévoyait 75.000, on en est à… 100 ! La loi de « Sécurisation de l’emploi » est impossible à mettre en œuvre. Le « Crédit d’impôt compétitivité emploi » n’est qu’une usine à gaz. Le bateau fait eau de toutes parts et le capitaine (de pédalo) déambule dans les coursives avec des rustines qu’il tente de coller sur la coque tout en demandant l’avis de l’équipage. Le rôle d’un chef d’Etat est de prendre des décisions, pas de présider des tables rondes, des colloques, des conférences, ni même de recevoir des rapports sur lesquels il s’assoit. En multipliant ce genre de palabres médiatiques, Hollande prouve qu’il cherche tout simplement à reculer (devant ses responsabilités) pour moins sauter (le pas). C’était prévisible, ce n’en est pas moins désolant.

20 Juin 2013 | Comments (17)

Il suffit de tripatouiller les chiffres !

Nous marchons décidément sur la tête ! Le ministère de l’Education Nationale vient de demander aux examinateurs d’Orléans et de Tours de… « sur-noter » (sic !) les candidats au bac afin qu’il y ait davantage de reçus que l’année dernière. Il n’y en avait eu que 83% en 2012, dans cette région. C’est une fameuse idée. Si on relève le « 20/20 » idéal jusqu’à un « 24/20 », parfaitement absurde, on peut espérer qu’un plus grand nombre de nos lycéens franchiront la barre fatidique des 10/20. Et qu’importe si l’on continue à dévaloriser un examen qui, depuis longtemps, ne sert déjà plus à rien si ce n’est à permettre à de jeunes analphabètes d’aller perdre deux ou trois ans, aux frais de la République, dans un enseignement supérieur où ils n’ont rien à faire et dont ils finiront par être inévitablement éliminés, sans pitié. La rue de Grenelle applique là un vieux principe : casser le thermomètre pour ne pas connaitre la gravité du mal. Au lieu de se demander si notre système scolaire donne à nos jeunes un minimum de culture générale et les prépare à affronter le monde du travail et surtout au lieu de s’interroger pour savoir si le bac doit être un passage obligatoire pour tous, le ministère de l’Education Nationale préfère s’en tenir à l’objectif totalement démagogique des 100% de reçus, quitte à faire des générations de ratés et d’aigris, tous ces jeunes auxquels on aura donné, par idéologie dévoyée, ce parchemin qu’ils n’auront pas mérité et qui ne leur servira à rien alors qu’il aurait évidemment mieux valu les orienter vers d’autres voies. Sauf à reconnaitre officiellement que le bac n’est plus qu’un hochet qu’on distribue à tour de bras dans des pochettes surprises, la France n’a pas besoin de centaines de milliers de nouveaux bacheliers chaque année. Il est évident que, si l’on voulait redonner au bac un minimum de crédibilité, il faudrait en revenir à des notations strictes, supprimer les invraisemblables « séries » et « options » qu’on y a ajoutées et, plus essentiel encore, admettre que cette porte ouverte vers l’Université doit être « sélective » pour ne permettre qu’à ceux capables d’entrer dans nos facultés de la franchir. Mais, on le sait, le mot « sélection » est proscrit par nos bons esprits du monde de l’Education qui, dans la bulle de leurs syndicats, ignorent superbement que la vie (à laquelle on devrait préparer nos enfants) n’est rien d’autre d’une perpétuelle sélection. Nos gourous gauchos de la rue de Grenelle, disciples du piètre Bourdieu, piétinent par la même occasion la jolie règle de la « méritocratie » qui fut l’une des chances de la République. En nivelant toujours plus vers le bas, en refusant la sélection, en donnant le bac à tous, les indignes successeurs des « Hussards de la République » retirent aux enfants pauvres et brillants leurs chances d’émerger et de se faire la place au soleil qu’ils méritaient. Alors que la télévision nous raconte en ce moment toutes les mesures que prend l’Education Nationale pour limiter les tricheries au cours des épreuves du bac, c’est elle-même qui instaure un système de tricherie. Mais il est vrai que ce gouvernement de gauche a innové dans le ridicule en créant un « ministre délégué chargé de la réussite éducative » qui est revenu à une certaine George Pau-Langevin. C’est sans doute cette inconnue qui, fatiguée d’avoir à gérer non pas « la réussite éducative » mais « l’échec éducatif », a soufflé cette idée de tricherie à Vincent Peillon, son ministre. Ce n’est peut-être qu’une première expérimentation. On peut, en effet, se demander si François Hollande n’aurait tout intérêt à s’inspirer de l’idée de Peillon. Il pourrait ainsi donner ordre à l’lNSEE, à tous nos organismes de statistiques, voire même à nos instituts de sondages d’arranger aussi un peu les chiffres, par exemple de « sous-noter » le nombre des chômeurs et de « sur-noter » le nombre de Français se disant satisfaits de la politique qu’il mène depuis plus d’un an. Avec des tricheurs aux commandes, tout le monde aura son bac, il n’y aura plus de chômeurs et la France toute entière acclamera le président. Il suffit de tripatouiller les chiffres.

19 Juin 2013 | Comments (8)

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