Un nouveau sondage affirme que François Hollande remonte (un peu) dans l’opinion des Français. Selon TNS-Sofres pour Le Figaro Magazine, 29% des Français font aujourd’hui confiance au président de la République. C’est 5 points de plus que lors du dernier sondage, il y a un mois. Ce n’est, bien sûr, toujours pas très brillant puisque 68% de ces mêmes Français ne lui font toujours pas confiance. Rappelons pour mémoire que, treize mois après leur entrée à l’Elysée, Sarkozy recueillait 37% d’opinions favorables, Chirac 49% et Mitterrand 62%. Hollande détient donc toujours, et haut la main, la palme du président de la République le plus impopulaire de la 5ème République. Cette modeste remontée de Hollande est d’autant plus étonnante que, dans ce même sondage Sofres, 80% des Français estiment que les choses vont de plus en plus mal et qu’ils ne sont que 6% à penser que cela pourrait aller plutôt mieux. Mais le plus surprenant si ce n’est le plus intéressant est d’observer ce sondage en détail, catégorie par catégorie. Ce sont les jeunes, les salariés, les milieux les plus modestes et les Français les moins éduqués, sans parler, bien sûr, des chômeurs, qui font le moins confiance au président socialiste. Autant dire que les plus déçus, les plus furieux sont ceux que la gauche a toujours considérés comme étant son électorat traditionnel et en faveur desquels Hollande prétend mener sa politique. 75% des jeunes 18/34 ans ne font pas confiance en Hollande alors qu’ils ne sont « que » 61% chez les plus de 65 ans ; 74% des salariés du privé ne lui font pas confiance (et 80% chez les chômeurs) alors qu’ils ne sont « que » 58% chez les retraités ; 72% des gens « modestes » ne lui font pas confiance alors qu’ils ne sont « que » 56% parmi les gens « aisés » ; 74% des titulaires du Bac ne lui font pas confiance alors qu’ils ne sont « que » 64% chez ceux ayant fait des études supérieures. On dira que les « vieux », les retraités, les classes aisées et les surdiplômés sont moins exposés à la crise que les jeunes, les salariés –et a fortiori les chômeurs- ou ceux qui manquent des qualification. Il n’en demeure pas moins vrai que ces quelques Français qui sont aujourd’hui moins sévères envers le pouvoir sont généralement considérés comme votant à droite. Qu’ont-ils bien pu trouver à François Hollande pour changer soudain ainsi d’opinion ? L’opération du Mali, l’adoption du mariage homosexuel (dont on célèbre aujourd’hui la première cérémonie à Montpellier), un pseudo virage vers la social-démocratie ? En fait, on a surtout l’impression que ces « bourgeois » de droite, sans doute plutôt centristes, sont moins séduits par ce gouvernement titubant d’incohérences qu’écoeurés par leur famille d’origine, la droite. La guerre fratricide entre fillonnistes et copéistes, la résurgence du vieil RPR et de la vieille UDF, l’incapacité de l’UMP à trouver une position unanime à propos du mariage homosexuel, cette nouvelle idée de faire voter les militants pour savoir s’ils veulent revoter pour choisir un président du mouvement, tout cela a démontré à certains électeurs de droite que leurs hérauts respectifs, Fillon ou Copé, étaient incapables, l’un comme l’autre, d’assumer le rôle de chef de l’opposition. D’habitude, l’opposition bénéfice du rejet du pouvoir, rejet qui conduit à l’alternance. Il est à craindre aujourd’hui que ce soit le pouvoir, quels que soient ses erreurs, ses échecs, sa médiocrité, qui finisse par bénéficier du rejet d’une droite en décomposition, sans chef, ni programme, qui n’a rien appris et tout oublié, pour paraphraser ce qu’on disait des émigrés de Coblence.

Mots-clefs : , ,