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Le triomphe des sodomites

Sans aller jusqu’à imaginer la nuit de noces des deux « sodomites» (pour reprendre le terme utilisé, en connaissance de cause, par André Gide lui-même) qui se sont mariés hier à Montpellier, il faut reconnaitre que ces épousailles d’un genre nouveau et le cirque médiatico-politique auquel elles ont donné lieu avaient tout pour soulever les cœurs les plus accrochés. On peut, d’ailleurs, se demander s’il était vraiment indispensable que toutes nos chaines télévisées, ou presque, retransmettent en direct, à une heure où les enfants sont devant leur petit écran, cet « événement » en nous présentant les deux lascars et la bonne femme qui les avait unis comme des héros de l’Histoire de France, à mi-chemin entre Jeanne d’Arc et le maréchal Foch, puisqu’ils avaient libéré notre pays de ses pires ennemis : la moralité bêtement bourgeoise, les traditions ancestrales, la soumission docile aux lois de la nature. Tout fut grotesque : les discours des nouveaux « époux » (on ose encore mettre les guillemets) et de la « mairesse » de Montpellier, le baiser « à la russe » au balcon de l’Hôtel de Ville des deux protagonistes, la foule qu’on aurait dite autrefois « équivoque » et qui était en liesse et les commentaires des envoyés un peu spéciaux de tout l’audiovisuel national. Les homosexuels des deux genres nous avaient habitués depuis le lancement de la gay prade et l’ouverture de quelques établissements très particuliers à leur exhibitionnisme agressif et provocateur un rien malsain. Hier, ils se sont surpassés –il est vrai qu’ils pouvaient triompher- et tout le monde semble avoir applaudi. La France sortait d’un bon nombre de siècles d’obscurantisme ! Beaucoup de Français étaient d’accord pour qu’on imagine une sorte d’ « union civile » afin de permettre aux gays, lesbiennes et autres fantaisistes de la sorte de pouvoir bénéficier d’un statut juridique plus ou moins comparable à celui des gens qu’on osait encore dire… « normaux ». Mais pour complaire à quelques lobbies présumés de gauche et aux noms (usurpés) de la liberté, de l’égalité et sans doute de la fraternité, le gouvernement a préféré violer sans vergogne la langue française et utiliser le mot « mariage » (qui sous-entend, par définition, la différence et la complémentarité) pour unir deux individus du même sexe ce qui jusqu’à présent et jusqu’à preuve du contraire était considéré comme étant, évidemment, « contre-nature ». Le système veut que n’importe quel pouvoir, ayant la majorité au Parlement, puisse imposer n’importe quoi au pays, même si c’est absurde, contre-nature précisément et qu’une très grande minorité de la population soit contre. Les godillots, qu’ils soient de droite ou de gauche, marchent toujours au pas. Ils ont été élus et sont payés pour cela. C’est ce qu’on pourrait appeler « la dictature de la démocratie ». C’est la loi du plus fort. Ils sont les plus nombreux, ils ont donc raison. L’ennui avec cette loi du mariage pour tous c’est que le jour où les socialistes ne seront plus les plus nombreux, les autres qui le seront alors devenus ne pourront jamais l’abroger. Elle fait désormais partie du domaine de l’irréversible, comme l’élection du président de la République au suffrage universel, le quinquennat, l’abrogation de la peine de mort et ceux, à l’UMP ou ailleurs, qui affirment qu’ils supprimeront la loi Taubira le savent très bien. Le mal est fait. C’est encore une victoire posthume de mai 68. Il est d’ailleurs vraisemblable que dans quelques années, nous nous serons habitués à ces mariages d’hommes ou de femmes ce qui nous aura amenés tout naturellement à accepter sans broncher la procréation médicalement assistée, la gestation pour autrui, voire la polygamie et sans doute d’autres innovations sorties du chapeau de ces mêmes lobbies. Les amis des nouveaux « époux » nous ont d’ailleurs prévenus : « Ce n’est qu’un début, le combat continue » nous ont-ils déclaré reprenant un vieux slogan de mai 68. On attend donc la suite… A force d’entendre que le vent de l’Histoire souffle toujours dans le même sens, que le travail, la famille et la patrie ne sont que des valeurs pétainistes, nous nous sommes résignés à tous les renoncements, à toutes les décadences, à voir des pans entiers de notre civilisation s’effondrer les uns après les autres. Nous n’avons plus de frontières, plus de monnaie, plus d’économie, la repentance a remplacé notre fierté, on ne voit vraiment pas pourquoi nous aurions encore une famille.

29 Mai 2013 | Comments (19)

Hollande bénéficie du rejet de la droite

Un nouveau sondage affirme que François Hollande remonte (un peu) dans l’opinion des Français. Selon TNS-Sofres pour Le Figaro Magazine, 29% des Français font aujourd’hui confiance au président de la République. C’est 5 points de plus que lors du dernier sondage, il y a un mois. Ce n’est, bien sûr, toujours pas très brillant puisque 68% de ces mêmes Français ne lui font toujours pas confiance. Rappelons pour mémoire que, treize mois après leur entrée à l’Elysée, Sarkozy recueillait 37% d’opinions favorables, Chirac 49% et Mitterrand 62%. Hollande détient donc toujours, et haut la main, la palme du président de la République le plus impopulaire de la 5ème République. Cette modeste remontée de Hollande est d’autant plus étonnante que, dans ce même sondage Sofres, 80% des Français estiment que les choses vont de plus en plus mal et qu’ils ne sont que 6% à penser que cela pourrait aller plutôt mieux. Mais le plus surprenant si ce n’est le plus intéressant est d’observer ce sondage en détail, catégorie par catégorie. Ce sont les jeunes, les salariés, les milieux les plus modestes et les Français les moins éduqués, sans parler, bien sûr, des chômeurs, qui font le moins confiance au président socialiste. Autant dire que les plus déçus, les plus furieux sont ceux que la gauche a toujours considérés comme étant son électorat traditionnel et en faveur desquels Hollande prétend mener sa politique. 75% des jeunes 18/34 ans ne font pas confiance en Hollande alors qu’ils ne sont « que » 61% chez les plus de 65 ans ; 74% des salariés du privé ne lui font pas confiance (et 80% chez les chômeurs) alors qu’ils ne sont « que » 58% chez les retraités ; 72% des gens « modestes » ne lui font pas confiance alors qu’ils ne sont « que » 56% parmi les gens « aisés » ; 74% des titulaires du Bac ne lui font pas confiance alors qu’ils ne sont « que » 64% chez ceux ayant fait des études supérieures. On dira que les « vieux », les retraités, les classes aisées et les surdiplômés sont moins exposés à la crise que les jeunes, les salariés –et a fortiori les chômeurs- ou ceux qui manquent des qualification. Il n’en demeure pas moins vrai que ces quelques Français qui sont aujourd’hui moins sévères envers le pouvoir sont généralement considérés comme votant à droite. Qu’ont-ils bien pu trouver à François Hollande pour changer soudain ainsi d’opinion ? L’opération du Mali, l’adoption du mariage homosexuel (dont on célèbre aujourd’hui la première cérémonie à Montpellier), un pseudo virage vers la social-démocratie ? En fait, on a surtout l’impression que ces « bourgeois » de droite, sans doute plutôt centristes, sont moins séduits par ce gouvernement titubant d’incohérences qu’écoeurés par leur famille d’origine, la droite. La guerre fratricide entre fillonnistes et copéistes, la résurgence du vieil RPR et de la vieille UDF, l’incapacité de l’UMP à trouver une position unanime à propos du mariage homosexuel, cette nouvelle idée de faire voter les militants pour savoir s’ils veulent revoter pour choisir un président du mouvement, tout cela a démontré à certains électeurs de droite que leurs hérauts respectifs, Fillon ou Copé, étaient incapables, l’un comme l’autre, d’assumer le rôle de chef de l’opposition. D’habitude, l’opposition bénéfice du rejet du pouvoir, rejet qui conduit à l’alternance. Il est à craindre aujourd’hui que ce soit le pouvoir, quels que soient ses erreurs, ses échecs, sa médiocrité, qui finisse par bénéficier du rejet d’une droite en décomposition, sans chef, ni programme, qui n’a rien appris et tout oublié, pour paraphraser ce qu’on disait des émigrés de Coblence.

29 Mai 2013 | Comments (5)

Reprenons nos petites habitudes

Quelques jours de vacances (bien méritées) et surtout une panne d’ordinateur ont interrompu notre papotage quotidien. C’est d’ autant plus dommage que ceux qui prétendent nous gouverner en ont, bien sûr, profité pour multiplier les déclarations insipides, les volte-face les plus honteuses et leur habituel déni des réalités, le tout pimenté par quelques nuages de fumée pour tenter de distraire l’opinion.
Vu d’un peu loin, la conférence de presse du président de la République que notre presse, de plus en plus complaisante, a présentée comme un virage historique du quinquennat n’a été qu’un collier de perles de lieux communs, l’abandon du contrôle des salaires des patrons du privé a fait sourire, le mépris avec lequel le gouvernement a commenté l’ultime manifestation (massive) des adversaires du mariage pour tous n’a surpris personne et ce qu’il convient désormais d’appeler « l’affaire Lagarde » ressemble furieusement à un dérivatif pour faire oublier « l’affaire Cahuzac ».
Quand on revient à Paris, la seule surprise est la remontée de François Hollande dans les sondages. Il aurait gagné 4 points, passant de 25% à 29% d’opinion (plus ou moins) favorables. Même si cela lui fait encore plus de 70% d’opinions (plus ou moins) défavorables, on est stupéfait. Qui peuvent bien être ces 4% de Français qui, au cours de ces dernières semaines, ont soudain trouvé que le chef de l’Etat était… un chef d’Etat ? Le chômage, les fermetures d’entreprises, la précarité, les impôts, la baisse du pouvoir d’achat continuent à augmenter, l’Etat continue à se déliter, l’image de la France à se dégrader et certains de nos compatriotes reprennent espoir en cette équipe de branquignoles qui titubent entre le socialisme à la Guy Mollet et la social-démocratie à la suédoise, la rigueur à la prussienne et la croissance à la Mélenchon.
Il est vrai que la droite a, elle aussi, profité de ces trois semaines pour se surpasser dans le ridicule. La loi sur le mariage homosexuel aurait dû être du pain béni pour l’opposition. La France dite « profonde » s’était, d’elle-même, insurgée contre ce texte qui portait un coup fatal aux lois de la nature, à nos traditions les plus ancrées et à notre conception de la famille. Il suffisait à l’UMP soit de laisser faire la rue pour engranger ultérieurement ces centaines de milliers de mécontents, soit de prendre la tête du mouvement, comme l’avait fait le RPR à l’époque de la bataille pour l’Ecole libre.
Au lieu de cela, l’UMP a préféré se diviser, se chamailler et offrir, une fois de plus, un spectacle affligeant aux Français. Dire, comme l’ont fait certains, que « le mariage homosexuel est un problème sociétal et non pas politique » et que donc « chacun doit y répondre en son âme et conscience » est évidemment absurde. Le sociétal est, de toute évidence, politique. Il fait même partie du domaine le plus précieux de la politique.
Nathalie Kosciusko-Morizet qui vise à la fois la mairie de Paris, l’année prochaine, et l’Elysée, en2017 a cru habile de s’abstenir dans ce débat qui divisait la France. Elle risque d’y perdre des plumes, les Français de droite commençant à en avoir plus qu’assez de leurs candidats assez naïfs pour croire qu’ils pourront séduire l’électorat de gauche et trahissant celui de droite.
Quand on passe quelques jours au Canada et plus précisément au Québec, on a d’abord l’impression que « c’est partout pareil ». Les journaux de Montréal font actuellement leurs « unes » sur l’arrestation de l’ancien maire de Laval, la troisième ville du Québec, et de 37 élus et chefs d’entreprise accusés d’avoir touché ou distribué des dizaines de millions de dollars en pots de vin et, en pages intérieures, on apprend les turpitudes de trois sénateurs qui ont triché sans vergogne sur leurs notes de frais. On n’est donc pas dépaysé dans la « Belle Province ».
Mais dès qu’on se promène un peu, tout change. Partout, sur les immeubles de bureaux, à la vitrine des magasins, c’est la même affiche, en énorme : « Ici, on embauche ». Mieux encore, partout, dans la rue, dans les restaurants, les gens sourient, comme s’ils étaient heureux. Mieux encore, partout, on voit des drapeaux canadiens et québécois, immenses, qui flottent au vent et on les revoit sur la plupart des tricots et des anoraks des passants.
Ils embauchent, ils sourient, ils sont fiers de leur pays… Tout cela va sans doute ensemble. Une bien « Belle Province » !
Quand on retraverse l’Atlantique, on est forcément un peu déçu. Raison de plus pour reprendre ce modeste blog. Ca calme…

28 Mai 2013 | Comments (3)

Quelques jours de vacances…

Complètement épuisé, voire même totalement écoeuré par une année de présidence socialiste, le « tenancier » de ce petit blog a décidé de s’offrir quelques jours de vacances au bout du monde pour prendre un peu l’air.
Il en a parfaitement le droit, même s’il redoute que ce président et son gouvernement ne profitent de cette absence pour multiplier davantage encore leurs incohérences et leurs dérapages tous azimuts.
Les fidèles peuvent, naturellement, continuer à veiller au grain et à adresser leurs commentaires de l’actualité sur le blog qui reste ouvert.
Retour le 23 mai.

07 Mai 2013 | Comments (19)

Le concours gouvernemental

Ce n’est pas officiel mais c’est évident. Les socialistes qui nous gouvernent se sont lancés dans une redoutable compétition interne. C’est à qui mentira le plus, le mieux, avec les airs d’y croire et en se rappelant surtout que « plus c’est gros mieux ça passe ».

En cas d’ex aequo, car la partie risque d’être disputée avec acharnement, les meilleurs seront départagés selon un second classement : ceux qui auront, en même temps, proféré le plus de lieux communs, de banalités et de lapalissades.

Jérôme Cahuzac ayant été éliminé car, évidemment hors concours, un bon nombre de compétiteurs ont repris espoir. Ces jours-ci, se sont particulièrement distingués dans le peloton de tête : Ayrault, Moscovici et même Harlem Désir (qu’on oublie toujours tellement il est insipide). Tous les trois nous ont répété que quand l’Etat vendait ses participations dans les grandes entreprises ça n’avait rien à avoir avec des privatisations, même partielles. Bel et gros mensonge.

Michel Sapin n’a pas été mauvais non plus. Le ministre du Travail qui est en fait celui du chômage nous a juré que les premières dispositions prises par le gouvernement commençaient à porter leurs fruits. On sait que les fameux « emplois d’avenir » devaient permettre, au cours de cette première année, de donner du travail à 100.000 jeunes sans qualification (et dans des emplois aussi bidon que subventionnés). Nous sommes presque au milieu de l’année et il n’y a toujours eu que 10.000 contrats d’avenir signés. Même chose pour les contrats de génération. Autant dire que les deux grandes idées de François Hollande pour lutter contre le chômage endémique des jeunes ont déjà fait « flop ». Beau mensonge donc de Michel Sapin.
Mais, naturellement, le maillot jaune continue à caracoler loin devant ses suiveurs. François Hollande dont le nez de Pinocchio s’allonge à l’infini persiste à nous affirmer que tout va s’arranger, qu’il a un cap, qu’il sait où il va, qu’il va juguler le chômage, rétablir les comptes de l’Etat et la confiance dans le pays.

Aujourd’hui même, nous avons appris que le déficit budgétaire de l’Etat avait encore augmenté de 1,6 milliard et que la Société Générale allait supprimer 1.000 postes alors que nous continuons à enregistrer entre 1.000 et 1.300 chômeurs de plus chaque jour que Dieu fait.

Mais Hollande participe aussi à la seconde compétition, celle des lapalissades les plus absurdes. Interrogé par Paris-Match, il nous déclare que « le remaniement ministériel viendra en son temps » et qu’« aucun ministre ne sera protégé ». Deux lieux communs affligeants.

Si ce n’est qu’ils sont particulièrement révélateurs de la personnalité du président de la République. Si on tente de comprendre ce qu’il a voulu nous dire à demi-mots, le chef de l’Etat estime que le temps d’un virage politique, d’un changement d’équipe, d’une reprise en main de cette bande de branquignoles qui se contredisent, s’opposent, se chamaillent, se déchirent publiquement, se ridiculisent tous les matins ne serait pas encore venu.
Il n’a donc rien compris, ne lit pas les sondages et n’est pas au courant de l’état d’exaspération des Français qui n’en peuvent plus de cette incompétence générale, affichée avec morgue et satisfaction.

Quant à nous révéler qu’aucun ministre ne sera protégé ce n’est pas seulement une évidence. C’est, à sa manière, une façon de froncer les sourcils, de hausser le ton, de gronder un peu les chahuteurs du fond de la classe ou du moins de les menacer de pouvoir prendre, éventuellement, des sanctions, un jour.

Dans mon lycée, il y a très longtemps, il y avait des pions comme cela. Ils avaient peur des élèves, surtout des plus perturbateurs. Alors, de temps en temps, ils leur disaient « Si ça continue, je vais me fâcher et vous allez voir ce que vous allez voir ». On ne voyait jamais rien et le chahut continuait

Un vrai chef d’Etat n’annonce pas qu’il pourrait, éventuellement, un jour, peut-être, prendre des sanctions contre un ministre qui le contredit en permanence et qui, fort de la popularité qu’il s’imagine avoir, le nargue à longueur de journée en lui tirant la langue et en lui faisant des pieds-de-nez. Il le vire immédiatement.

On en arrive à se souvenir de la fameuse phrase de de Gaulle : « Il aurait fallu un chef d’Etat, mais il n’y avait plus ni chef ni Etat ». Hollande n’est pas un chef et l’Etat s’est délité.

07 Mai 2013 | Comment (1)

Nationalisations, privatisations, n’importe quoi…

Parler d’’incohérence serait un aimable euphémisme. En fait, une fois de plus, c’est du « grand n’importe quoi ».
Arnaud Montebourg, notre ministre du Redressement productif qui ne redresse rien du tout et produit encore moins, rêve de nationaliser les entreprises qui ont des problèmes. Comme si l’Etat était capable de gérer les empires industriels. Il a sans doute oublié les résultats des nationalisations de Mitterrand.
En même temps, Jean-Marc Ayrault, notre Premier ministre, annonce que l’Etat va vendre ses participations dans un certain nombre de groupes économiques, histoire de se renflouer un peu.
Naturellement, Montebourg qui s’est fait taper sur les doigts ne va rien nationaliser du tout. Mais s’il a fait rigoler Mittal et la famille Peugeot, il a tout de même, ce qui est beaucoup plus grave, lancé un signal dévastateur à tous les investisseurs potentiels de la planète. Lequel d’entre eux aurait aujourd’hui l’envie ou même l’idée saugrenue de placer un sou dans un pays où des farfelus dogmatiques ont déclaré la guerre à la finance et où les responsables irresponsables de l’économie brandissent, même pour jouer, la menace de la nationalisation.
Quant à Ayrault il veut faire ce que certains appellent « vendre les bijoux de famille » et d’autres « des privatisations » plus ou moins partielles. C’est la même chose. Il nous affirme que ces cessions d’actions ne serviront pas à boucher les trous mais permettront à l’Etat de lancer « des investissements productifs ». Vu les trous (qui sont des abîmes) devant lesquels se trouve aujourd’hui le gouvernement, personne ne peut le croire un seul instant. Il va vendre les bijoux de famille comme un gosse de riches qui a trop fait la bringue et qui est assailli par ses créanciers vend, en douce, les diamants de sa grand-mère.
Certes, on peut se demander ce que fait l’Etat dans ces grandes entreprises. C’est d’ailleurs là tout le problème. Ces socialistes qui sont au pouvoir pensent-ils que l’Etat doit siéger dans les conseils d’administration des entreprises, dire son mot sur leur gestion, imposer son véto et éventuellement renflouer les canards boiteux, ou ont-ils enfin compris que ces entreprises, seules capables de relancer la croissance et de créer des emplois, devaient être libres, c’est-à-dire libérées de la tutelle de l’Etat, du carcan d’une règlementation étouffante et du poids de charges devenues insupportables ? Toute la question est là et le social-démocrate qui fait, pour l’instant, fonction de chef de l’Etat se refuse énergiquement à trancher entre ses « bolchevicks » à la noix et ses sociaux-libéraux à la manque.
Cela dit, dans ce débat entre « nationalisateurs » et « privatiseurs », ce n’est pas la question de fond qui est abordée. Montebourg pratique les coups de menton pour faire de la démagogie à l’égard des syndicats et faire un peu parler de lui. Ayrault cherche désespérément des rustines pour colmater les brèches.
C’est la première fois dans l’histoire de la République que nous avons dans le même gouvernement des représentants du même parti en totale opposition sur un problème essentiel.
Aujourd’hui, François Hollande (75% d’opinions défavorables dans le sondage du jour) nous annonce « un grand plan d’investissements sur dix ans ». Ce serait sûrement une bonne idée car plus personne n’investit en France depuis longtemps ce qui explique, en grande partie, notre manque de compétitivité et donc le déficit de notre balance commerciale et donc notre taux de chômage.
Hollande n’a pas précisé le nombre de milliards qu’il comptait investir dans ce « grand plan » ni où il espérait les trouver.
Mais on est tombé à la renverse quand la porte-parole du gouvernement, l’ineffable Najat Vallaud-Belkacem nous a déclaré froidement que ce plan avait « trois priorités » : « L’emploi, la jeunesse et la préparation de l’avenir » (sic !). Quelles différences y a-t-il entre le chômage (qui touche essentiellement les jeunes), les jeunes (qui sont les premières victimes du chômage) et l’avenir (qui concerne beaucoup plus les jeunes si souvent au chômage que les vieux du 4ème âge) ?
Ayant sans doute appris que plus personne ne prêtait la moindre attention à ce qu’elle disait, elle se croit permis de raconter n’importe quoi à toutes les sorties du Conseil des ministres.
Elle a d’ailleurs tenu à préciser le plus sérieusement du monde que ce plan concernerait « les nouvelles technologies, le numérique, la transition énergétique, la santé et les grandes infrastructures ».
Il est vrai qu’avec une telle équipe de branquignoles on aurait pu s’attendre à des investissements dans la marine à voile, la lampe à huile et les diligences, contre l’emploi, pour les vieux et pour le passé…

06 Mai 2013 | Comments (8)

L’UKIP, le FN et le Parti de gauche

Les Français ne s’intéressent pas aux élections locales britanniques. On les comprend. Mais, cette fois, ils ont tort. En effet, le score que vient de réaliser l’UKIP, lors des toutes dernières élections locales, est à la fois particulièrement révélateur de « l’ambiance » qui règne actuellement au sein de l’Union Européenne et sans doute annonciateur de chamboulements que pourrait bien connaitre notre vieille Europe.
L’UKIP, l’United Kingdom Independence Party, était jusqu’à présent considéré comme un petit parti de farfelus, de clowns et d’extrémistes dont les thèmes de combat se limitaient, pour l’essentiel, à exiger la sortie de l’Europe de la Grande-Bretagne et l’arrêt de l’immigration.
Or, il vient d’obtenir, lors de ces élections locales, 23% des voix. Certes il est encore devancé par les Travaillistes, 29%, et les Conservateurs, 25%, mais il est loin devant les éternels troisièmes larrons de la vie politique britannique (qui font partie de la coalition gouvernementale de Cameron) les Libéraux-démocrates, 14%.
C’est, évidemment, l’affolement à Londres. Chez les Conservateurs qui s’aperçoivent soudain qu’une partie de leur électorat reproche à David Cameron à la fois sa politique d’austérité et sa « trahison » de certaines valeurs britanniques (il a soutenu le mariage pour tous). Et chez les Travaillistes car certains quartiers ouvriers, donc traditionnellement de gauche, ont carrément basculé pour rejoindre l’UKIP. On sait d’ailleurs que Cameron, voyant à quel point l’europhobie gagnait du terrain, a promis d’organiser un référendum sur l’appartenance de la Grande-Bretagne à l’Europe.
Il est, bien sûr, très tentant de faire des rapprochements.
Les Anglais, comme beaucoup de Français, commencent à en avoir plus qu’assez de cette alternance quasi automatique qui amène au pouvoir, un coup, la droite, un coup, la gauche, lesquelles démontrent, à tous les coups et depuis des années, qu’elles sont, l’une et l’autre, tout aussi incapables de régler les très grands problèmes du pays.
La crise qui s’éternise et s’amplifie des deux côtés de la Manche a, naturellement, aggravé le discrédit des deux partis « institutionnels », les Conservateurs et les Travaillistes là-bas, le PS et l’UMP ici. Au point que plus personne, ni ici, ni là-bas, ne peut croire une seule seconde, ni aux engagements de ceux qui sont au pouvoir ni aux promesses de ceux qui sont, plus confortablement, dans l’opposition.
Les Anglais cherchent donc autre chose pour remplacer ce « casting » de duettistes, éternels frères ennemis, aux numéros éculés. On a l’impression que beaucoup de Français en font désormais autant. Le bilan de la première année de François Hollande est épouvantable et désespère même les militants socialistes et le spectacle affligeant que nous impose Fillon et Copé a totalement écoeuré la droite qui n’a pas non plus oublié les errements du sarkozisme.
Comme toujours –et a fortiori en période de crise- plutôt que de se regarder dans la glace, les électeurs préfèrent chercher des boucs émissaires qu’ils peuvent rendre responsables de tous leurs malheurs. L’Europe et l’immigré sont tout désignés aussi bien pour les Britanniques que pour les Français.
Nigel Farage, le patron de l’UKIP, a su jouer sur ces deux tableaux en soulignant que les diktats des technocrates incompétents de Bruxelles étaient insupportables pour la Grande-Bretagne (qui ne fait pas partie de l’Euroland) et que le poids économique, social et culturel des immigrés devenait intolérable. Deux arguments qui portent d’autant plus qu’ils ne sont pas dénués de tout fondement et dont, de ce côté-ci du Channel, le Front National a fait lui aussi, depuis longtemps, son fonds de commerce.
Ajoutons que Farage a été malin en se démarquant carrément du British National Party, le vieux parti anglais d’extrême-extrême droite, qui, lui, joue sans état d’âme la xénophobie la plus affichée. Or, la fille de Jean-Marie Le Pen a su, elle aussi, très habillement, alléger, arrondir, amender le discours de son père, pour tenter, elle aussi, de devenir « fréquentable ».
23%, le résultat obtenu par Farage, est exactement le score que certains sondages donnent aujourd’hui à Marine Le Pen.
23% cela ne donne pas le pouvoir. Mais, quand on est trois dans la cour des grands, cela peut, bien souvent, obliger l’un des deux autres à changer de ton, ne serait-ce que pour obtenir une majorité.
Le tout est de savoir si les Français qui, comme les Britanniques sont déçus aussi bien par la gauche que par la droite, affolés par les mesures d’austérité imposées par Bruxelles et exaspérés par les problèmes de l’immigration, vont choisir l’abstention, Marine Le Pen ou Mélenchon.
La patronne du FN continue à faire son petit bonhomme de chemin et espère pouvoir marquer un grand coup lors des municipales de l’année prochaine. Mélenchon accélère, monte le ton et devient le plus redoutable adversaire de François Hollande, celui qui pourrait le plus facilement le faire éliminer pour le 2ème tour de la présidentielle. L’indéniable succès de la manifestation « contre l’austérité » et « pour une VIème République » qu’il a organisée aujourd’hui prouve qu’il récupère, lui aussi, de nombreux déçus.
On se demande d’ailleurs quel est aujourd’hui « le plus grand parti de France ». Celui des abstentionnistes qui ne veulent même plus aller voter ou celui des déçus qui, fous de rage, sont prêts à basculer dans les extrêmes? Lors de la présidentielle de l’année dernière, 9,5 millions de Français s’étaient abstenus, Marine Le Pen avait recueilli 6,420 millions de voix et Mélenchon 3,984 millions suffrages.

05 Mai 2013 | Comments (10)

Un bien triste anniversaire

Il y a des anniversaires plus ou moins heureux. Ces jours-ci, tout le monde célèbre, chacun à sa façon, le premier anniversaire de l’entrée de François Hollande à l’Elysée.
Le moins qu’on puisse dire est que ce n’est pas très joyeux, que la fête n’est pas au rendez-vous et bien rares, même parmi les plus farouches partisans du président, sont ceux qui dressent un bilan flatteur de ces douze premiers mois.
Certes, il est juste de reconnaitre que la crise (que les socialistes voulaient ignorer quand Sarkozy était au pouvoir et osait l’évoquer) n’a fait que s’aggraver et que ce n’est pas en un an qu’on pourrait sortir le pays de la situation catastrophique dans laquelle il se trouve.
Mais tous les spécialistes savent parfaitement que c’est au début de son mandat qu’un président peut imposer les grandes réformes qu’il a en tête, quand il bénéficie encore de l’aura que lui a donnée sa victoire et que sa majorité, toute heureuse d’avoir été élue, n’a pas encore d’états d’âme.
C’était dans les tout premiers mois que Hollande aurait dû et pu lancer une grande réforme de notre fiscalité, de notre code du travail, de notre mille-feuille administratif, de notre système de protection sociale. Remettre la France à l’endroit et éradiquer tous les aspects les plus nuisibles de « l’exception française ». Il avait promis le changement pour « maintenant », ce changement s’imposait d’ailleurs et il pouvait tout se permettre avec une majorité de godillots au parlement, dans les régions, dans les départements, dans la plupart des grandes villes et, mieux encore, avec une opposition totalement pétrifiée par la défaite.
Il a totalement raté son départ et les sprinters comme les coureurs de fond savent que cela ne se rattrape pas.
Au lieu de procéder au changement promis qui aurait d’ailleurs dû être une véritable révolution, il a tenté de gérer le pays à la petite semaine, avec des rustines crevées, des petits sourires niais, des reculades et quelques gadgets.
Il a augmenté les impôts, baissé certaines allocations (pour les plus « favorisés ») et les déficits se creusent encore car il a oublié de réduire les dépenses ; il a essayé de nouveaux « trucs » pour l’emploi (les contrats d’avenir et les contrats génération) et le chômage s’aggrave toujours car ses « trucs » n’étaient que du pipeau ; il a nommé un ministre du Redressement productif et les usines continuent à fermer les unes après les autres, à commencer par les plus symboliques, Florange, Aulnay-sous-Bois, Pétroplus car on ne réindustrialise pas un pays en faisant fuir les investisseurs et oppressant les consommateurs.
Il nous annonçait monts et merveilles pour la fin de l’année 2013 à propos du chômage, du déficit, de la dette, du redémarrage de la croissance. Il voit que le chômage bat tous les records historiques et est bien obligé de reconnaitre aujourd’hui que les déficits ne seront pas réduits à 3% du PIB, que la dette va encore augmenter et que la France est en récession et le restera encore pendant des mois.
Bruxelles vient d’ailleurs de lui rappeler ces cruelles vérités en prévoyant, pour la France, en 2014, un déficit de 4,2% et une dette de 96,2% du PIB avec une récession de 0,1% cette année.
Avec un culot stupéfiant, le gouvernement se réjouit que Bruxelles ait accordé un délai de deux ans à Paris pour respecter la règle du déficit à 3% et nos ténors aphones du PS nous affirment qu’en se montrant ainsi compréhensive la commission européenne applaudit les efforts entrepris. En fait, Bruxelles n’avait pas le choix et ne pouvait que constater les échecs de la politique menée par François Hollande.
Mais le pire, bien sûr, dans ce bilan désastreux, reste la cote de popularité du président. Tout le monde le sait, en politique et plus encore en économie, tout n’est qu’une question de « confiance ». Les investisseurs, les entrepreneurs, les consommateurs, c’est-à-dire ceux qui pourraient faire redémarrer la machine, ont besoin d’avoir confiance pour placer leur argent, pour créer des emplois, pour acheter des produits. Confiance dans leurs dirigeants, confiance dans la politique qu’ils mènent, confiance dans l’avenir.
Or, après douze mois pendant lesquels Hollande a fait « ses preuves », c’est-à-dire a démontré son incapacité à décider, à fixer un cap, à définir ce qu’était sa social-démocratie et même à tenir son gouvernement qui part à hue et à dia, la confiance que lui faisaient certains (une majorité de Français il y a un an) s’est totalement évanouie.
Plus personne, ni dans l’opinion publique, ni dans le monde politique, ni dans les milieux économiques, ni en France, ni à l’étranger, ne peut croire une seule seconde que ce vieil apparatchik mollasson a la moindre capacité de faire les réformes qui s’imposent pour redresser le pays, en clair, le sauver d’une mort qui semble de plus en plus programmée.
« Un peu de patience, attendez les résultats qui vont arriver » nous répètent inlassablement les derniers courtisans. C’est le fameux « Demain, on rasera gratis ». Il est, éventuellement, utilisable en campagne électorale. Il est insupportable quand les bateleurs de foire sont au pouvoir depuis un an.
En mai 2012, les Français, faute de mieux, ont choisi un mauvais cheval. Ils s’aperçoivent aujourd’hui qu’il est un tocard.

04 Mai 2013 | Comments (10)