C’est très bien de vouloir lutter contre les paradis fiscaux. Totalement utopique, bien sûr, mais cela part d’un bon sentiment, peut-être même d’un sentiment de culpabilité.
On oublie cependant une chose : quand il y a un (ou des) paradis c’est qu’il y a aussi, inévitablement, quelque part… un enfer.
Que des ministres, des élus ou de simples citoyens « planquent leur fric » aux îles Caïman ou ailleurs pour échapper au fisc français est, bien sûr, inadmissible.
L’article 13 de la Déclaration des Droits de l’homme affirme qu’« une contribution commune est indispensable pour l’entretien de la force publique et les dépenses d’administration » et qu’« elle doit être également répartie entre tous les citoyens en raison de leurs facultés ».
Mais l’article 14 ajoute : « Tous les citoyens ont le droit de constater par eux-mêmes la nécessité de la contribution publique, d’en suivre l’emploi et d’en déterminer la quotité, l’assiette, le recouvrement et la durée ».
Il ne fait aucun doute que si, grâce à son climat tempéré et à la beauté de ses paysages, la France est un paradis, sur la plan de la « contribution commune » elle est devenue un enfer.
Quand certains doivent travailler six mois de l’année simplement pour payer leurs impôts et que d’autres sont menacés d’être taxés à 75% pour la partie la plus élevée de leurs revenus, comment s’étonner que ces « malheureux » ne tentent par tous les moyens de s’échapper des griffes du diable ?
Le diablotin qui siège à l’Elysée et qui vient de sortir de sa boite (à outils) veut supprimer les paradis fiscaux. Tout le monde –et lui le premier- sait qu’il n’y arrivera pas et que ce n’est, là encore, qu’une promesse de gascon et qu’un coup de com’.
Ce qu’il ne veut pas comprendre c’est qu’il est plus facile de supprimer un enfer que de supprimer des paradis.
François Hollande aurait été beaucoup plus convaincant ce matin si, au lieu de nous annoncer avec ses airs de Tartarin qu’il allait pourchasser sans pitié les évadés fiscaux, il nous avait déclaré qu’il prenait des mesures de rigueur (et non pas d’austérité) pour baisser les dépenses de l’Etat et réduire la pression (l’oppression) fiscale afin de relancer la croissance par l’innovation et la consommation (comme le lui conseillent maintenant même certains de ses ministres qui commencent à ouvrir les yeux).
Fustiger les « évadés » c’est bien mais c’est reconnaitre qu’ils étaient en prison, au bagne à casser des cailloux pour le roi de Prusse.
Grand chef des « matons » de notre pays, chaque fois qu’il élève la voix, François Hollande fait rigoler et chaque fois qu’il augmente les prélèvements (ce qui est devenu une sale manie chez lui) il montre du doigt le chemin de la Suisse, de Singapour ou des îles Caïmans à des « tôlards » qui en ont assez.
Hollande voudrait que la communauté internationale bannisse les paradis fiscaux. Mais il y a longtemps que cette même communauté est sidérée par notre infernale politique fiscale.

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