Emplois d’avenir, contrats de génération, choc de compétitivité, « la boite à outils » de François Hollande ne sert à rien et le petit bricoleur présidentiel est impuissant devant la catastrophe, comme un plombier amateur devant une baignoire qui déborde et inonde toute la maison.
Tous les records de chômage viennent d’être battus. Nous avons aujourd’hui 3,224 millions de chômeurs de catégorie A (absolument aucun travail) mais, si on ajoute les autres catégories (ceux qui ont réussi à travailler quelques heures), on arrive à 4,740 millions et, si on ajoute encore l’Outre-Mer, on dépasse les 5 millions de chômeurs en France. Jamais la situation de l’emploi n’avait été aussi dramatique.
Hollande nous a promis d’inverser la courbe du chômage avant la fin de l’année 2013. Tout le monde –et lui le premier, sans doute- a compris que cette promesse ne pourra pas être tenue, que les outils qu’il avait dans sa fameuse boite n’étaient que des pipeaux et que la politique qu’il mène, en vacillant, allait encore jeter des centaines de milliers de salariés à la rue.
Il est évident qu’on ne sortira notre pays du gouffre qu’en s’attaquant aux quatre « particularités » aberrantes de la France, c’est-à-dire en mettant totalement à plat notre fiscalité, notre code du Travail, le statut de nos fonctionnaires et notre système de protection sociale. C’est là le seul moyen d’avoir une chance de relancer la consommation et l’investissement, de retrouver un minimum de compétitivité et d’équilibrer plus ou moins nos comptes.
Tout le reste, des rythmes scolaires à la parité des salaires en passant par la transparence et sans parler du mariage des homosexuels, n’a strictement aucun intérêt. Les Français n’ont aujourd’hui qu’une seule préoccupation, qu’une seule angoisse : le chômage qui est devenu une véritable « peste » dévastatrice du pays.
Or, depuis pratiquement un an qu’ils sont au pouvoir, François Hollande et ses amis n’ont rien fait pour mener cette guerre, si ce n’est évoquer quelques rustines particulièrement dérisoires.
Ils nous disent que c’est encore la crise mondiale, qu’en Espagne il y a plus de 25% de chômeurs et que, si en Allemagne cela va plutôt mieux, la politique d’Angela Merkel a créé de nouveaux pauvres.
En fait, Hollande et les siens sont convaincus qu’il n’y a rien à faire, que la décadence de la France et de la vieille Europe est inéluctable et, chaque matin, ils prient le ciel (auquel ils ne croient pas d’ailleurs) pour qu’un redémarrage de la croissance mondiale qui se fait attendre leur permette de sauver un peu les apparences.
Après nous avoir dit, pour se faire élire, « Demain, on rasera gratis », Hollande veut nous faire croire qu’« Après la pluie vient le soleil » et ce capitulard joue les Gribouilles.
Même parmi ses courtisans, certains commencent à s’impatienter. Après avoir vu, au cours de cette seule semaine, les hauts-fourneaux de Florange éteints définitivement, la raffinerie de Pétroplus commencé à être démantelée, l’usine de PSA d’Aulnay-sous-Bois menacée d’être fermée plus tôt encore que prévu, autant de sites devenus symboliques que Hollande avait promis de sauver, et avant même d’avoir eu connaissance de ces nouveaux chiffres catastrophiques du chômage, Claude Bartolone, président de l’Assemblé Nationale, demande dans Le Monde à Hollande de « tirer les leçons » de ces dix premiers mois « pour envisager un nouveau temps du quinquennat ».
Certains diront que « le petit » Bartolone rêve d’être nommé à Matignon et tire sur l’ambulance Ayrault. Ce n’est pas impossible. Mais en estimant qu’il y a des leçons à tirer de ce début de quinquennat et surtout qu’il faudrait faire autre chose pour la suite, le troisième personnage de l’Etat condamne implicitement l’action-inaction de cette première année du règne de François Hollande et lui demande de se réveiller.
Même Bartolone en vient à penser que la situation du pays exigerait un « grand homme ». Pas un petit bricoleur à la petite semaine. Mais Bartolone connait Hollande depuis assez longtemps pour savoir qu’il n’est évidemment pas l’homme de la situation.

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