La libération de la famille française qui avait été prise en otage, il y a deux mois, au nord du Cameroun est une très bonne nouvelle. Enfin une bonne nouvelle, serait-on tenté de dire au milieu de cette actualité épouvantable qui voit les plans sociaux se multiplier, nos hommes politiques, de droite comme de gauche, mis en examen, les violences verbales et même physiques se développer à propos du mariage des homosexuels et le pouvoir comme l’opposition totalement inertes devant l’accélération de la dégradation du pays.
Le père, la mère, l’oncle et les quatre enfants vont regagner Paris demain. On ne peut que s’en réjouir.
Reste à savoir, bien sûr, dans quelles conditions ils ont été libérés. En fait, on ne le saura jamais avec certitude.
Hollande nous jure qu’aucune rançon n’a été versée. Mais on imagine mal que ces rebelles-terroristes-islamistes nigérians qui contrôlent une bonne partie de tout le nord du Nigéria aient libéré nos compatriotes pour les beaux yeux du président français et pour le remercier de mener une guerre contre leurs « copains » au Mali, même si, c’est vrai, il pousse l’incohérence jusqu’à soutenir en même temps leurs « copains » en Syrie.
Il est peu vraisemblable que nos sept otages aient été libérés par une opération militaire. La présence des quatre enfants rendait ce scénario par trop risqué.
On sait que les preneurs d’otages demandaient la libération de certains de leurs amis actuellement détenus dans les prisons camerounaises et nigérianes. Laurent Fabius s’est rendu récemment à Yaoundé pour y rencontrer le président camerounais Paul Biya. Il n’est pas impossible que notre ministre des Affaires Etrangères ait alors obtenu un geste des Camerounais et des Nigérians, même s’il est, bien sûr, toujours difficile de demander à des chefs d’Etat étrangers en lutte contre leurs propres terroristes de libérer ceux qu’ils ont pu capturer pour obtenir, en contrepartie, la libération de nos ressortissants. Mais la France a encore des moyens de pression au Cameroun si ce n’est au Nigéria.
Quoiqu’il en soit, personne ne pourra jamais croire une seule seconde que la France n’a pas payé pour récupérer ses otages. Ni l’opinion publique française, ni, ce qui est plus grave, les innombrables groupuscules terroristes du monde entier qui se financent avec le trafic des otages.
La question est éternelle. Faut-il payer et donc inciter d’autres terroristes à prendre d’autres otages français ou faut-il –comme le font certaines capitales- refuser toute négociation avec les terroristes et donc abandonner à leur triste sort nos otages ?
Un gouvernement doit-il, au nom des principes et d’un réalisme froid, sacrifier ses ressortissants ou doit-il, par « humanisme », céder au chantage en capitulant devant les exigences de ses ennemis ?
En obtenant la libération de cette famille française, François Hollande n’a sans doute pas démontré qu’il était un chef d’Etat mais il a, peut-être, prouvé qu’il était un « brave type ».
Les Français lui en sauront-ils gré ? Après la satisfaction générale de voir revenir en France ces sept malheureux, les Français lui feront-ils l’obole de deux ou trois points (éphémères) dans les sondages ou lui reprocheront-ils, une fois de plus, d’avoir cédé par faiblesse ?

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