Si on a un peu de mémoire, on se souvient que Français Hollande et la gauche en général n’avaient pas de mots assez durs pour critiquer Nicolas Sarkozy quand il ne voulait pas tenir compte des gigantesques manifestations de rue qui s’opposaient à sa réforme des retraites, quand, après le moindre incident, il décidait, dans l’affolement, d’imposer de nouvelles lois, quand il s’inclinait servilement devant Angela Merkel, quand il était incapable de faire face à la montée du chômage et de réindustrialiser le pays, quand il augmentait les impôts sans pouvoir pour autant réduire les déficits, quand il jouait les chefs de guerre en envoyant nos Rafales sur la Libye.
Nous allons bientôt célébrer le premier anniversaire de l’entrée de François Hollande à l’Elysée. Et on s’aperçoit que si l’opposition existait –ce qui n’est malheureusement pas le cas- elle pourrait reprendre, à la lettre près, contre Hollande, tous les reproches que la gauche faisait à Sarkozy.
Il n’a pas voulu entendre les centaines de milliers de Français qui, dans la rue, manifestaient contre son projet de mariage homosexuel. L’affaire Cahuzac n’est pas encore oubliée qu’il annonce déjà, dans la précipitation, des textes sur la moralisation de la vie politique. Alors qu’il apparait de plus en plus évident que l’austérité plonge le pays dans la récession, il continue à tenter (en vain) d’obéir aux ordres de la chancelière allemande. Le chômage, les prélèvements obligatoires et les déficits augmentent, plus qu’avant. Et il a, lui aussi, voulu jouer les chefs de guerre en envoyant plus de 4.000 hommes guerroyer au Mali, sans se rendre compte que les terroristes islamistes allaient nous le faire payer à coups d’attentats (on vient de le voir à Tripoli), tout comme Sarkozy n’avait pas imaginé qu’en faisant exploser la Libye il donnerait le pouvoir aux fanatiques de la Charia et provoquerait un chaos généralisé dans tout le cœur de l’Afrique.
Hollande nous avait promis « le changement », nous assistons à un pitoyable bégaiement de l’histoire. Gauche, droite, c’est du pareil au même !
Certes, Sarkozy était cassant, velléitaire et zigzaguait alors qu’Hollande prétend rechercher le consensus, recule volontiers (les 75%, le vote des étrangers, le non cumul des mandats) et ne sait visiblement pas où il veut aller ni ce qu’il faudrait faire. Mais lui qui reprochait, à juste titre, à Sarkozy de diviser les Français les a divisés, avec cette affaire du mariage pour tous, comme ils ne l’avaient pas été depuis bien longtemps.
Du pareil au même… et en pire car, non seulement jamais un chef d’Etat, même pas Sarkozy, n’avait été aussi rejeté par l’opinion dans tous les sondages, mais jamais les Français n’avaient été aussi désespérés par la vacuité du pouvoir.
Certes, la crise s’aggrave et l’avenir s’annonce catastrophique, certes l’opposition s’est discréditée et personne ne peut rêver à une alternance qui sauverait le pays, mais le plus grave aujourd’hui c’est que ce qui tient lieu de pouvoir est totalement incohérent avec des ministres qui tirent à-hue-et-à-dia, comme Montebourg et Hamon, et une majorité qui s’affole.
Les uns, de plus en plus rares, disent que François Hollande n’est au pouvoir que depuis moins d’un an et qu’il faut donc lui laisser encore un peu de temps pour faire ses preuves. Les autres, de plus en plus nombreux, font remarquer qu’il est au pouvoir depuis déjà onze mois et qu’il n’a toujours rien fait pour arrêter la dégringolade vertigineuse du pays.
En fait, pour beaucoup de Français, cela fait des années que la France n’est pas dirigée et que droite comme gauche ont démontré qu’elles étaient aussi incapables, l’une que l’autre, de sortir le pays de son agonie.
C’est, bien sûr, ce qui explique ce désespoir.

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