Abdelaziz Bouteflika a été hospitalisé, hier, d’urgence au Val de Grâce. Ce n’est pas la première fois que le président algérien vient se faire soigner en France mais la chose est tout de même étonnante.
D’abord, ce n’est pas très flatteur pour les médecins et les hôpitaux algériens et d’autant moins que les autorités algériennes affirment que l’état de santé de Bouteflika « n’inspire aucune inquiétude ».
Il s’agirait d’un petit « accident vasculaire cérébral » et plus précisément d’un « accident ischémique transitoire » qui « ne laissera aucune lésion irréversible ». C’est toujours ce qu’on dit dans ces cas-là qui, bien souvent, se révèlent plus graves qu’on ne l’avait affirmé officiellement. Si cet accident est vraiment aussi bénin qu’ils le prétendent on comprend mal que les médecins de la présidence algérienne aient voulu expédier d’urgence leur président à Paris.
Ensuite, il est stupéfiant que Bouteflika qui, depuis des décennies, passe son temps à baver sur la France, à comparer la présence française en Algérie à l’occupation nazie en France, les harkis aux miliciens et à exiger des excuses de l’ancienne puissance coloniale, se précipite à Paris (et qui plus est dans un hôpital militaire) à la moindre alerte et toute honte bue. A croire qu’à ses yeux aucun pays au monde ne pourrait lui offrir d’aussi bons soins que cette France de « tortionnaires » qui « a exploité et oppressé » son pays pendant des années.
Enfin, on ne peut que se réjouir de voir que la France, fidèle à toutes ses traditions humanistes, accueille sans rechigner pour les soigner tous les malades qui frappent à sa porte, même ceux qui la trainent dans la boue en permanence. Notre hospitalité, pour ne pas dire notre mansuétude, vaut toutes les repentances.
Et d’ailleurs nous n’attendons même pas un mot de remerciement de l’Algérien dès qu’il aura regagné son pays…

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