L’affaire Cahuzac ne fait que commencer. La justice va, en effet, maintenant essayer de savoir d’où venaient les fonds que l’ancien ministre du Budget a « planqués » en Suisse puis à Singapour et surtout si Moscovici, ministre de tutelle du « délinquant », Ayrault et Hollande qui l’avaient nommé à ce poste clé de Bercy, étaient au courant de ces crapuleries et ont couvert leur « camarade ».
Pour l’instant et jusqu’à preuve du contraire, on veut bien faire mine de croire qu’il ne s’est agi que de la faute (impardonnable) d’un homme seul qui, après s’être laissé entrainer dans la spirale de l’appât du gain, a été absorbé par la spirale du mensonge.
Il n’empêche que les Français peuvent tout de même s’étonner que cette clique qui donnait des leçons de morale à tout le monde et voulait instaurer une « République irréprochable » ait choisi, pour mener la chasse aux riches et lutter contre tous les fraudeurs, un homme dont chacun savait qu’il avait fait fortune dans l’univers pour le moins douteux de l’industrie pharmaceutique et des implants capillaires.
Cette bien curieuse bienveillance de nos moralisateurs à l’égard de celui qui apparait désormais comme « une brebis galeuse » incite, évidemment, à se demander si l’ensemble du troupeau ne serait pas plus ou moins contaminé.
Le Monde révèle aujourd’hui que celui qui fut le trésorier de campagne de François Hollande en 2012 est actionnaire de… deux sociétés off-shore domiciliées aux Iles Caïman. Le moins qu’on puisse dire c’est que… « ça la fout très mal ».
Jean-Jacques Augier est un personnage hors du commun. Polytechnicien, énarque (de la promotion Voltaire, comme Hollande), inspecteur des Finances, il a quitté l’administration pour rejoindre André Rousselet, l’âme damnée de Mitterrand, comme patron des taxis G7 avant de partir pour la Chine et d’y faire fructifier le petit magot qu’il avait constitué à Paris en créant là-bas une chaine de librairies et surtout un certain nombre de sociétés avec des partenaires aussi chinois que mystérieux. Homosexuel affiché, il vient de racheter à Pierre Bergé le journal Têtu, organe de la communauté gay.
Que François Hollande ait choisi comme trésorier de sa campagne présidentielle (poste particulièrement délicat) un ami de plus de trente ans inspecteur des Finances n’a rien d’étonnant mais la promotion Voltaire a produit d’autres inspecteurs des Finances aux activités autrement plus… transparentes. Le président de la République va-t-il nous raconter aujourd’hui qu’il ignorait totalement que Jean-Jacques Augier s’était reconverti, depuis longtemps, dans le business international, jonglant, depuis Pékin, avec des fonds chinois et investissant dans tous les paradis fiscaux de la planète ?
Augier jure ses grands dieux que toutes ses activités ont toujours été parfaitement légales. Certains en doutent un peu et on attend donc avec impatience la suite des révélations du Monde ou les prochaines découvertes de Médiapart sur ce personnage.
Ce qui est sûr c’est qu’après l’affaire Cahuzac cette affaire Augier qui commence permet de se demander si, comme il nous l’avait affirmé, François Hollande n’a vraiment pour seule ennemie que la finance et si, en nous promettant une république irréprochable, il ne nous a pas encore raconté des balivernes.
Une fois de plus, on est obligé de se demander si le président de la République est un imbécile à la naïveté confondante ou s’il nous prend pour des imbéciles.
L’ennui pour lui c’est que notre naïveté a sans doute des limites et que les Français, submergés par la crise et désespérés par l’incompétence du gouvernement, se demandent maintenant s’il n’y a pas quelque chose de pourri dans le royaume…
Augier a-t-il rappelé à son ami Hollande le célèbre proverbe chinois qui affirme que le poisson commence toujours à pourrir… par la tête ?

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