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Guéant, le fils Fabius, à qui le tour?

La transparence et du même coup la calomnie qui l’accompagne bien souvent ont de beaux jours devant elles dans notre cher pays où la détestation des puissants et la dénonciation du voisin ont toujours fait partie des traditions les mieux respectées.
Jérôme Cahuzac a à peine disparu des écrans que de nombreux nouveaux visages se bousculent à la « une » de la presse.
A priori, bien sûr, tous ces « présumés innocents » qui bénéficient du « secret de l’instruction » sont des présumés coupables dont les dossiers s’étalent un peu partout.
On nous dira qu’il faut se méfier avant de trainer dans la boue l’honneur d’un homme qui n’est, pour l’instant, que soupçonné, pas même accusé, par la police et la justice d’avoir commis, sans doute par inadvertance, quelques indélicatesses.
Mais il faut bien reconnaitre qu’étant submergés, depuis quelque temps, par les saloperies en tous genres de nos élus de toutes couleurs, nous avons désormais la fâcheuse tendance de ne plus les croire sur parole quand ils nous jurent, sur l’honneur, qu’ils n’ont pas, qu’ils n’ont jamais eu et qu’ils n’auront jamais de comptes à l’étranger, avant de nous avouer, la mine confite, qu’ils ont transféré à Singapour leur compte en Suisse.
Claude Guéant n’est pas sympathique et certains trouvent même qu’il a carrément une sale gueule. Au cinéma, on lui ferait volontiers jouer les tortionnaires sadiques, voire les directeurs de prison. Mais ce n’est pas une raison pour faire de l’ancien ministre de l’Intérieur et âme damné de Sarkozy un escroc. Le délit de sale gueule n’existe pas en droit français, ce qui est sans doute dommage.
Cela dit, il faut tout de même dire qu’hier soir, sur la 2, répondant aux révélations-accusations du Canard enchainé, Guéant ressemblait furieusement à Cahuzac quand il nous affirmait que les 500.000 euros venant de l’étranger, trouvés sur son compte par la police provenaient de la vente de deux tableaux d’Andriès van EErtvelt, petit peintre flamand du XVIIème siècle, spécialiste dans les combats navals en haute mer. Toiles qu’il aurait vendus (cinq ou six fois leur prix) à un avocat… malaisien.
On sait que les Malais s’intéressent particulièrement à la peinture flamande mais on ne savait pas que l’ancien premier flic de France était un aussi habile collectionneur. Il faudra sans doute que Guéant trouve bien vite autre chose pour expliquer ces 500.000 euros en provenance de l’étranger, ainsi d’ailleurs que pour justifier toutes ses dépenses en argent liquide.
Car, bien sûr, les policiers ont fait cette découverte dans le cadre de leur enquête sur l’éventuel financement par la Libye de Kadhafi de la campagne de Sarkozy, en 2012. Cette affaire se met à sentir bien mauvais. Aux déclarations de Kadhafi et de sa famille qui ne sont, évidemment, pas des témoins au-dessus de tout soupçon se sont ajoutées les accusations de Ziad Takieddine, l’intermédiaire-marchand d’armes franco-libanais qu’il est difficile, lui aussi, de croire toujours sur parole.
Mais cela commence tout de même à faire beaucoup, surtout quand on sait que les magistrats continuent, en même temps, à enquêter et à mettre en examen un certain nombre de responsables politiques, non seulement dans le cadre de l’affaire Bettencourt mais aussi dans le cadre de l’enquête sur le financement de la campagne de Balladur en 1995 avec, peut-être, des rétro-commissions provenant de la vente par Paris de sous-marins au Pakistan.
Balladur avait raconté que les sommes considérables qui étaient soudainement apparues sur ses comptes de campagne provenaient… des quêtes organisées lors de ses meetings. Guéant nous sort l’histoire des tableaux de ce petit maitre flamand jusqu’alors quasiment inconnu. Mais ce n’est pas parce qu’ils nous prennent pour des imbéciles que nous devons les prendre pour des escrocs. Quoique…
Quant à l’inénarrable Roselyne Bachelot qui vient de déclarer que Guéant, son ancien collègue du gouvernement, était « soit un menteur, soit un voleur », on ne peut pas dire non plus qu’elle rehausse, par son élégance, le prestige de la classe politique.
Et là-dessus, on apprend, en lisant cette fois Le Point, que Thomas Fabius, fils de son père, s’est offert un pied-à-terre parisien de 280 m2 pour la somme tout de même rondelette de… 7 millions d’euros.
Thomas Fabius, 32 ans, végète à la tête d’une petite entreprise qu’il a créée, TLConseils, pour Thomas Fabius Conseil, qui ne fait aucun bénéfice. Le fils de notre ministre des Affaires Etrangères ne paie d’ailleurs pas l’impôt sur le revenu. Il a déjà eu maille à partir avec la justice (pour tentative d’escroquerie, faux et abus de confiance) et le cabinet de son père, le ministre le plus riche du gouvernement, a tenu à faire savoir que le fils n’avait bénéficié d’aucune donation ni d’aucun héritage. Thomas Fabius aurait gagné une somme importante… au jeu et emprunté ce qui lui manquait, comme tout un chacun, à une banque et sur sa bonne tête.
Encore un, donc, qui nous prend pour des gogos.
Cela dit, il faut aussi constater –et ce qui complique tout- que l’affaire Guéant (qui vise, bien sûr, Sarkozy) sort bien opportunément au moment où l’ancien président émerge triomphalement en tête de tous les sondages et que l’affaire Thomas Fabius pourrait bien avoir été rendue publique par certains camarades de l’ancien Premier ministre qui en ont assez de le voir jouer les donneurs de leçons.
En fait, la seule vraie question est de savoir combien de voix cette ambiance qui devient de plus en plus irrespirable va rapporter aux extrémistes de tous bords qui rêvent maintenant de tout faire péter…

30 Avr 2013 | Comments (10)

Hollande et la danse du ventre

Chacun sait que pour qu’une entreprise (privée) puisse vivre et même simplement survivre, il faut qu’elle soit capable d’investir, pour garder un minimum de compétitivité, qu’elle soit libre de ses mouvements, pour pouvoir réagir aux fluctuations du marché, et -même si on oublie souvent cette troisième exigence- qu’elle ait de clients.
Or, depuis des années, les entreprises françaises meurent les unes après les autres parce qu’elles sont écrasées d’impôts et de charges, ce qui les empêche d’innover, parce qu’elles sont paralysées par notre législation, ce qui les tétanise, et parce qu’elles perdent leurs clients qui, eux-mêmes écrasés d’impôts, peuvent de moins en moins consommer.
Chacun sait aussi que ce sont ces entreprises, et elles seules, qui pourraient éventuellement être capables de réduire le nombre des chômeurs en créant de vrais emplois, pour peu, bien sûr, qu’on leur redonne un peu d’air.
Mais, en bon socialiste qu’il est, François Hollande pensait pouvoir conjurer le drame du chômage en embauchant encore et toujours des fonctionnaires. Idée doublement absurde puisque, par définition, les fonctionnaires, aussi utiles soient-ils, ne créent aucune richesse et que de nouvelles embauches de ronds-de-cuir, alors qu’ils sont déjà ¬ six millions, ne font, bien sûr, qu’aggraver les dépenses de l’Etat.
Pire même, Hollande, en bon démagogue qu’il sait être aussi, s’imaginait qu’il séduirait son électorat en reprenant à son compte toutes les vieilles rengaines de la gauche de jadis contre ces salauds de riches, ces ignobles patrons, les 200 familles, les milliardaires fumant des cigares, la finance internationale qui s’abreuve du sang des travailleurs. Et il en a rajouté.
On connait le résultat : le chômage a continué à augmenter, les déficits à se creuser, les investisseurs ont pris la route de l’étranger et des pans entiers de l’électorat de gauche celle du Front National.
Il semble que certains conseillers aient fini par faire comprendre à l’ancien apparatchik de la rue Solferino qui règne désormais à l’Elysée que, seuls, ces riches, ces patrons, ces entrepreneurs qu’il avait fustigés et désignés à la vindicte populaire pourraient, éventuellement, l’aider à tenir sa promesse d’inverser la courbe du chômage avant la fin de 2013.
Habitué à manger son chapeau, à avaler des couleuvres et à faire volte-face, François Hollande a donc décidé, cette semaine, de faire à la fois un effort et contre mauvaise fortune bon cœur, même si le cœur en question n’y était pas vraiment.
Recevant, hier, dans la salle des fêtes de l’Elysée (sic !), les patrons des Assises de l’entreprenariat, le président a donc esquissé les premiers pas d’une danse du ventre et des voiles assez stupéfiante devant ces entrepreneurs médusés.
Lui qui avait déclaré que son seul ennemi était la finance, qui voulait taxer les plus riches à 75%, qui avait inventé une nouvelle tranche d’impôt pour les plus fortunés, etc., etc. n’avait soudain pas de mots assez aimables pour ces salauds de riches qui avaient « le courage de prendre des risques » et nianiagna, ces ignobles patrons qui savaient « créer de la richesse pour le pays », et nianiagna, ces ordures d’entrepreneurs qui étaient « au premier rang du combat pour le redressement de la France » et re-nianiagna.
Puis, magnanime, paternel et même fraternel, il leur annonça qu’en guise de cadeau de retrouvailles il leur offrait une réforme de la fiscalité des plus-values de cession d’entreprise ou d’actions et la suppression du registre des infamies sur lequel la Banque de France grave le nom de tous les chefs d’entreprise ayant fait faillite.
Sous le coup de la surprise et avec une naïveté confondante, les patrons présents se mirent à applaudir, comme à Guignol, et certains déclarèrent même qu’on venait d’assister à un véritable tournant du quinquennat croyant sans doute que le président avait enfin ouvert les yeux sur les réalités.
Personne ne remarqua tout de suite que ces mesurettes ne concernaient que les patrons ayant décroché ou ayant fait faillite. Pas un mot n’avait été prononcé pour les entreprises se débattant chaque jour pour leur survie, sur les charges, sur la règlementation, sur la compétitivité, l’innovation, la relance de la consommation.
Ce matin, après une nuit délicieuse sans doute bercé des plus beaux rêves, ces mêmes patrons se réveillèrent en apprenant que le groupe PS de l’Assemblée déposait « une proposition de loi sur la reprise des sites rentables », surnommée « Loi Florange »…
Les « pigeons » s’étaient, une fois de plus, fait pigeonner et comprirent ce matin que la danseuse du ventre et des voiles avait toujours l’intention de les plumer.

30 Avr 2013 | Comments (2)

Hollande éliminé dès le premier tour ?

Si l’élection présidentielle avait lieu dimanche prochain, ce qui serait peut-être une bonne chose, François Hollande serait éliminé dès le premier tour avec 19% seulement des voix. Le second tour opposerait Nicolas Sarkozy (34%) à Marine Le Pen (23%) et il est donc vraisemblable que l’ancien président pourrait faire son retour à l’Elysée.
Le sondage CSA/BFM, publié aujourd’hui, n’est pas surprenant Hollande bat tous les records d’impopularité de nos présidents un an après leur prise de pouvoir. Les Français sont maintenant, dans leur écrasante majorité, convaincus qu’il est totalement inapte pour la fonction.
Le bilan de la première année de son quinquennat est épouvantable. Le chômage, la précarisation, les déficits, les prélèvements obligatoires n’ont fait qu’augmenter et plus personne –même lui- ne peut aujourd’hui accuser le régime précédent d’être responsable de cette situation désastreuse. En onze mois, les socialistes avaient amplement le temps d’inverser les choses. En plus, le débat sur le mariage des homosexuels a gravement divisé le pays et l’affaire Cahuzac a porté un coup mortel à « la gauche morale ».
Mais ce sont moins les erreurs de sa politique que son absence de politique que lui reprochent les Français. Ils accusaient Sarkozy de zigzaguer entre l’ouverture à gauche et la course aux électeurs du Front National. Ils accusent Hollande de rester les bras ballants avec sa social-démocratie qui ne sait pas choisir entre la croissance et l’austérité, les réformes et la protection des avantages acquis, le matraquage des riches et l’aide aux entrepreneurs. Il ressemble de plus en plus à l’âne de Buridan qui, à force d’hésiter entre son baquet d’avoine et son baquet d’eau, finit par mourir de faim et de soif.
Sa recherche continuelle du consensus qui consiste surtout à bafouiller, à se contredire et à ne rien faire pour ne déplaire à personne, et donc à laisser couler le navire tout en déplaisant à tout le monde, est devenue insupportable pour trois quarts de Français. Il y a un an, il recueillait 28,63% des voix au premier tour de la présidentielle avec ses promesses de « changement » et de « ré-enchanter le rêve français ». Le rêve étant devenu cauchemar, avec 19%, il a perdu plus d’un tiers de ses partisans et connaitrait ainsi le sort peu enviable de Jospin en 2002.
Les 23% de Marine Le Pen ne sont pas étonnants non plus. Elle bénéficie, bien sûr, notamment dans les classes les plus populaires, du rejet dont a à souffrir la gauche mais il est évident aussi qu’elle attire désormais de plus en plus d’électeurs de la droite classique qui, après avoir été écoeurés par la guerre des chefaillons, Copé et Fillon, s’étonnent de voir à quel point cette opposition officielle est inerte et sans idées, comme si elle se contentait d’attendre que le pouvoir lui tombe miraculeusement du ciel par le simple jeu de l’alternance.
A force de récupérer les mécontents de droite et de gauche, avec un programme économique incertain mais plutôt de gauche et en sachant se montrer discrète sur les sujets qui fâchent (on l’a vu avec le mariage pour tous) Marine Le Pen arrondit régulièrement son magot.
Reste le mystère des 34% de Sarkozy. Celui qui fut « l’homme le plus détesté de France » est, sans rien faire, en moins d’un an, devenu l’homme-recours pour ne pas dire providentiel.
Certes, il bénéficie, lui aussi et plus encore que Marine Le Pen, du rejet dont a à souffrir Hollande. Mais il ne faudrait pas oublier qu’il avait tout de même obtenu 48,36 % des voix au second tour de 2012 et que donc sa défaite avait été beaucoup moins catastrophique que ce que tous les experts avaient annoncé. Ajoutons qu’on reproche aujourd’hui à Hollande exactement le contraire de ce qu’on reprochait hier à Sarkozy : le manque d’autorité, l’inertie, les reculades. Autant d’accusations qui ont déjà fait oublier l’autoritarisme, l’agitation tous azimuts et les décisions à l’emporte-pièce de son prédécesseur.
Cela dit, il faut bien reconnaitre qu’aujourd’hui un retour triomphal de Sarkozy parait invraisemblable, même si l’histoire de nos présidentielles est parsemée d’invraisemblances, de l’élection de Giscard en 1974 à la réélection de Mitterrand en 1988 ou à celle de Chirac en 2002.
Mais en faisant ainsi caracoler Sarkozy en tête de tous les sondages, la presse va finir par rendre plausible un tel retour, par donner envie au mari de Carla Bruni de « remettre ça » et par éliminer tous ceux qui, à droite, sont convaincus qu’ils sont les seuls à pouvoir reprendre le flambeau, les Fillon, Copé, Le Maire, Nathalie Kosciusko-Morizet ou autres.
Nous avons encore quatre ans pour papoter au Café du Commerce…
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30 Avr 2013 | Comments (4)

Un président qui ne veut mécontenter personne

Contrairement à ce que pensent et disent certains, avoir une armée n’est pas un luxe inutile. Surtout pour un pays qui croit être encore « une puissance » (si ce n’est une « grande » puissance), qui prétend avoir toujours droit à son siège permanent au Conseil de sécurité des Nations-Unies et qui entend pouvoir intervenir où bon lui semble, ou presque, pour défendre ses intérêts, venir en aide à ses amis et participer à la vie de la planète.
Naturellement, les plus lucides font remarquer qu’avec sa dette abyssale, ses millions de chômeurs, ses crises économique, sociale et morale, l’effondrement de son influence culturelle, la France n’est plus, depuis belles lurette, une véritable « puissance » et qu’elle a été, depuis longtemps, ravalée au niveau des pays moyens, exsangues, qui se débattent, en vain, au milieu d’une Europe moribonde en face d’une Asie triomphante et de pays dits « émergeants » mais qui ont émergé et qui sont même déjà devenus les maitres du monde de ce XXIème siècle.
On peut, bien sûr, se satisfaire de la médiocrité ambiante et se dire qu’avec un président « normal » il est « normal » que nous continuions à dégringoler et à nous effacer de la carte du monde en devenant une modeste province d’une Europe fédérale régie par une Allemagne intransigeante et des technocrates bruxellois incompétents.
Il n’empêche que l’armée française (ou ce qu’il en reste) peut, avec sa force nucléaire et ses quelques unités d’élite, rappeler, par-ci par-là, que nous existons encore. Nos sous-marins, nos Rafales, le 2ème REP, le 3ème et le 8ème RPIMa nous permettent encore d’avoir, parfois, un petit tabouret autour de la table des Grands. Non pas, certes, pour déclarer la guerre à la Chine ou à la Russie ou défier l’Inde ou le Brésil mais, au moins, pour renverser un dictateur en Libye ou faire reculer quelques bandes de djihadistes au Mali (aussi contestables, d’ailleurs, qu’aient pu être ces deux interventions).
Cette armée nous coûte 31,4 milliards par an. Beaucoup moins que les intérêts de la dette. Cela représente 1,4% de notre PIB, 10% de notre budget. Avec 260.000 hommes, nous avons la première armée, en effectifs, de l’Europe occidentale, la… 13ème du monde. Et nous pouvons « projeter » 30.000 hommes (au grand maximum) en opérations extérieures. Ce n’est pas tout à fait insignifiant.
Tout le monde est d’accord pour constater que tout a changé depuis l’époque où nous pouvions redouter les chars du Pacte de Varsovie et où nous étions relativement rassurés par la protection des Etats-Unis. L’URSS n’existe plus et les Américains ont abandonné l’Europe pour se tourner résolument vers le Pacifique et l’Asie.
Mais attention ! Jamais la situation n’a été aussi inquiétante en Méditerranée avec le triomphe des régimes islamistes en Tunisie, en Libye, en Egypte et sans doute bientôt en Syrie ce qui, du coup, rend notre « mer intérieure » et le Proche-Orient plus « explosifs » que jamais et ce qui, par là-même, menace à la fois nos propres pays, la survie d’Israël et une grande partie de notre approvisionnement en pétrole.
Ajoutons que le succès de ces islamistes de Tunis au Caire et peut-être demain jusqu’à Damas, ne peut que renforcer le terrorisme (qu’il faut bien qualifier d’islamiste) et qui n’était jusqu’à présent financé que par l’Arabie saoudite, le Qatar et quelques autres monarchies du golfe arabo-pétrolier. Et rappelons-nous, surtout, que les Islamistes, qu’ils soient déjà au pouvoir ou qu’ils ne soient encore que des terroristes pourchassés, ont déclaré le djihad à l’Occident et veulent nous abattre.
Il serait donc absurde de dire que nous pouvons baisser la garde. Les bombes des terroristes d’Allah sont plus redoutables que ne l’étaient les chars de Moscou.
Pour une fois, l’indécision de François Hollande semble avoir été bénéfique. Le président de la République-chef des armées n’a pas osé écouter les experts de Bercy qui lui demandaient, au nom de l’austérité, de taper très fort dans le budget de la Défense.
Si l’on en juge par le Livre blanc de la Défense pour 2014-2019 qui a été présenté ce matin, les crédits alloués à nos armées seront « sanctuarisés » autour des 30 milliards d’euros par an, notre arme de dissuasion nucléaire sera sauvegardée et la technologie de pointe de notre industrie militaire développée.
Mais ce gel de nos dépenses militaires entraine une redoutable diminution de nos effectifs. Hollande fait la même erreur que Sarkozy : il demande à nos soldats d’en faire davantage (il les a envoyés au Mali, comme l’autre les avait expédié en Côte d’Ivoire et en Libye) et, en même temps, il réduit leurs moyens d’action.
Sarkozy avait déjà supprimé 54.000 postes. Hollande va en supprimer 24.000 de plus. Ce qui fait qu’entre 2008 et 2020, l’armée française aura perdu 78.000 hommes. Et le nombre de nos hommes « projetables » dans des opérations extérieures passera de 30.000 à 15.000. C’est évidemment limiter considérablement nos possibilités d’intervenir dans des conflits locaux, en Afrique ou ailleurs.
On se demande si, économie pour économie, il n’aurait pas été plus judicieux de réduire le nombre de nos fonctionnaires d’Etat et surtout de nos fonctionnaires territoriaux. Même si nos ronds-de-cuir qui, bien souvent, ne servent pas à grand-chose votent à gauche alors que « la Grande muette », chargée de notre protection, vote plutôt à droite.
En fait, on a l’impression, une fois de plus, que François Hollande ne connait pas bien les dossiers, n’a pas d’idées précises sur la question et surtout ne veut mécontenter personne.
Ce qui fait que, ce soir, les experts comptables de Bercy sont furieux et les militaires désespérés, même s’ils redoutaient pire encore.

29 Avr 2013 | Comments (6)

Bouteflika au Val de Grâce

Abdelaziz Bouteflika a été hospitalisé, hier, d’urgence au Val de Grâce. Ce n’est pas la première fois que le président algérien vient se faire soigner en France mais la chose est tout de même étonnante.
D’abord, ce n’est pas très flatteur pour les médecins et les hôpitaux algériens et d’autant moins que les autorités algériennes affirment que l’état de santé de Bouteflika « n’inspire aucune inquiétude ».
Il s’agirait d’un petit « accident vasculaire cérébral » et plus précisément d’un « accident ischémique transitoire » qui « ne laissera aucune lésion irréversible ». C’est toujours ce qu’on dit dans ces cas-là qui, bien souvent, se révèlent plus graves qu’on ne l’avait affirmé officiellement. Si cet accident est vraiment aussi bénin qu’ils le prétendent on comprend mal que les médecins de la présidence algérienne aient voulu expédier d’urgence leur président à Paris.
Ensuite, il est stupéfiant que Bouteflika qui, depuis des décennies, passe son temps à baver sur la France, à comparer la présence française en Algérie à l’occupation nazie en France, les harkis aux miliciens et à exiger des excuses de l’ancienne puissance coloniale, se précipite à Paris (et qui plus est dans un hôpital militaire) à la moindre alerte et toute honte bue. A croire qu’à ses yeux aucun pays au monde ne pourrait lui offrir d’aussi bons soins que cette France de « tortionnaires » qui « a exploité et oppressé » son pays pendant des années.
Enfin, on ne peut que se réjouir de voir que la France, fidèle à toutes ses traditions humanistes, accueille sans rechigner pour les soigner tous les malades qui frappent à sa porte, même ceux qui la trainent dans la boue en permanence. Notre hospitalité, pour ne pas dire notre mansuétude, vaut toutes les repentances.
Et d’ailleurs nous n’attendons même pas un mot de remerciement de l’Algérien dès qu’il aura regagné son pays…

28 Avr 2013 | Comments (10)

L’union nationale ou le salmigondis providentiel

L’union nationale est une très belle idée. On l’évoque généralement en cas de catastrophe, en cas de guerre. Or, la France est aujourd’hui en pleine catastrophe avec une guerre à mener contre le chômage, l’agonie de notre économie et, pire encore, contre le dégoût de ses dirigeants, voire d’elle-même.
D’après un sondage Ifop, publié par le Journal du Dimanche de ce matin, 78% des Français souhaitent un gouvernement d’union nationale qui regrouperait des personnalités de droite et de gauche ainsi que des représentants de « la société civile ». Ils sont 89% chez les sympathisants de l’UMP et 66% chez ceux du PS.
78% c’est évidemment énorme. Cela signifie, d’abord, qu’une écrasante majorité de Français ne veulent plus du gouvernement actuel. A commencer par les 66% de sympathisants du PS. Mais que 89% de sympathisants de l’UMP souhaitent, eux aussi, un tel gouvernement prouve à quel point Fillon et Copé se sont discrédités aux yeux mêmes des leurs.
En fait, on a l’impression que, d’un côté comme de l’autre, les Français ne croient plus en leur propre camp, qu’ils renvoient dos à dos toutes les idéologies et que, écoeurés par les débats sans fin et l’alternance devenue presque automatique, ils mettent désormais dans le même sac tous les politicards qui, sur les estrades, leur ont promis monts et merveilles et qui, dès leur arrivée au pouvoir, n’ont fait que les décevoir en les trahissant.
Ne voulant plus ni de Hollande et ses amis ni de Sarkozy et les siens et n’ayant personne d’autre à se mettre sous la dent, ils en sont réduits à imaginer une équipe qui pourrait regrouper, par exemple, Hortefeux et Montebourg, Morano et Hamon, Woerth et Moscovici, avec, en prime et pour faire tout de même un peu plus sérieux, la présence rassurante d’un Louis Gallois.
Et qui veulent-ils pour diriger cette équipe de chèvres et de choux, de parapluies et de machines à coudre ? François Bayrou, 47%, Martine Aubry, 37%, Louis Gallois, 34%, Bernard Delanoë, 33%, Claude Bartolone, 29%, Ségolène Royal, 27%.
Ce palmarès est étonnant. La présence de Delanoë et de Bartolone prouve que certains se sont amusés à répondre n’importe quoi. Mais on remarque que personne n’a cité un seul homme de droite pour entrer à Matignon. Fillon et Copé devraient y réfléchir. Et le succès de Bayrou qui n’avait obtenu que 9,13 % des voix à la dernière présidentielle et qui a même perdu sa circonscription démontre à quel point les Français manquent d’hommes-recours.
En réalité, ce « rêve » d’un gouvernement d’union nationale cache (mal) le rejet massif par les Français de tout leur personnel politique. Ne voulant plus ni de la gauche ni de la droite, ils les prennent en vrac pour en faire un salmigondis providentiel.
Il va sans dire qu’un tel gouvernement, fait de bric et de broc, de soixante-huitards attardés et de nostalgiques du gaullisme, de révolutionnaires échevelés et d’adeptes du libéralisme le plus rigoureux, serait totalement incapable de faire face à la situation de la France d’aujourd’hui et que son incohérence lui interdirait de prendre la moindre des nombreuses décisions radicales qui s’imposent, d’urgence, à notre pays.
Mais cette incohérence on la retrouve aujourd’hui au sein même de chacun des deux camps. Ni à droite ni à gauche, personne n’est d’accord pour choisir entre l’austérité et la croissance, pour adopter une attitude claire face à l’Europe, pour sauvegarder ou remettre à plat « l’exception française ».
Comment alors imaginer qu’un gouvernement dirigé par Bayrou, avec Valls et Guaino, Sapin et Le Maire, pourrait faire autre chose qu’assister les bras ballants à la poursuite programmée de la décomposition de la France ?
En s’annihilant ainsi elles-mêmes, la droite et la gauche ouvriraient un boulevard à tous les extrémismes.

28 Avr 2013 | Comments (7)

La faute aux Boches…

La gauche ne sait visiblement plus quoi inventer pour tenter d’expliquer la politique de François Hollande et les résultats catastrophiques de cette première année du quinquennat. Heureusement, elle vient, enfin, de trouver un « coupable » et s’est mise à le vilipender avec une violence surprenante.
Il est évident que si la France continue sa dégringolade vertigineuse dans l’abîme c’est non seulement en raison de la crise mondiale et des erreurs du passé mais aussi, surtout et avant tout, en raison de l’absence de toute réflexion politique et économique des socialistes qui sont au pouvoir depuis maintenant plus de onze mois.
Onze mois, c’était amplement suffisant pour permettre à un président nouvellement élu et possédant la majorité à l’Assemblée Nationale et au Sénat de lancer toutes les réformes structurelles indispensables pour remettre le pays « à l’endroit » et donc avoir une chance de le remettre à flots.
En onze mois et avec son Parlement de « godillots », François Hollande pouvait parfaitement réformer de fond en comble notre fiscalité, le code du Travail, notre mille-feuille administratif, notre système de protection sociale, le statut des fonctionnaires et la vie syndicale, c’est-à-dire mettre à bas des pans entiers de cette maudite « exception française » qui nous fait crever depuis des décennies tout en faisant rigoler tous nos concurrents.
Or, plutôt que de prendre le taureau enragé par les cornes, Hollande a préféré lancer des « pactes » bidons (« de croissance » ou « de compétitivité ») et des « chocs » en fer blanc (encore « de compétitivité » mais aussi « de simplification » » ou « de moralisation ») et sortir quelques rustines de sa petite boite à outils pour bricoleur débutant, comme « les emplois d’avenir », « les contrats de génération » ou « la Banque publique d’investissement ».
Il a surtout préféré faire perdre trois mois au pouvoir législatif (et à l’opinion publique) avec son mariage pour les homosexuels. Ce débat a commencé le 29 janvier dernier pour se terminer le 23 avril. Pendant ces trois mois, chaque jour, nous avions 1.000 chômeurs de plus et nos élus « du peuple » débattaient non pas du sexe des anges mais de celui des parents !
Alors, bien sûr, au moment où on s’apprête à dresser le bilan de cette première année d’hollandisme pendant laquelle nos dirigeants ont marché sur la tête quand ils n’ont pas pataugé dans la boue, les petits copains du pouvoir ont besoin de trouver, au plus vite, un bouc émissaire, un responsable de tous nos maux.
Montebourg et Hamon (qui n’en ratent jamais une) et maintenant Bartolone (qui s’y met lui aussi) ont trouvé le coupable. C’est Merkel, la chancelière de fer, la Bismarck en jupette, la fridoline, la boche, la teutonne.
A les entendre, la seule (petite) erreur qu’aurait faite Hollande jusqu’à présent aurait été de l’écouter trop attentivement. Il faut donc maintenant qu’il rapatrie au plus tôt nos troupes du Mali et les mette sur le pied de guerre dans les derniers fortins de ce qui reste de la Ligne Maginot.
Certes, on peut reprocher à Angela Merkel de défendre les intérêts allemands, d’avoir une économie florissante, une balance du commerce extérieur scandaleusement bénéficiaire, une rigueur prussienne, mais de-là à souhaiter, comme vient de le faire le président de l’Assemblée Nationale, que la France ait une « confrontation » (sic !) avec l’Allemagne il y a un énorme pas que le petit, tout petit Bartolone n’aurait pas dû franchir, même s’il souhaite faire un peu parler de lui pour avoir une chance d’entrer un jour à Matignon.
On peut parfaitement démontrer que la rigueur à outrance tue tout espoir de croissance et donc nous condamne à mort ; on peut annoncer aux technocrates de Bruxelles que nous n’avons plus l’intention, ni la possibilité de respecter leurs exigences des 3% de déficit ; on peut même discuter d’une sortie éventuelle de l’euro et de l’Europe et imaginer que, si nous récupérions notre indépendance budgétaire, nous pourrions dévaluer le franc retrouvé et redonner ainsi un peu d’air à notre économie.
Mais s’en prendre à la chancelière qui mène sa barque comme elle le peut et autrement mieux que le capitaine de pédalo est évidemment ridicule.
D’ailleurs, Bartolone semble ignorer que notre économie se « confronte » déjà tous les jours avec l’économie allemande et que les résultats ne sont guère brillants.
Au lieu de reprocher à l’Allemande de donner des ordres à tout le monde, il serait plus judicieux de reprocher à Hollande de lui obéir et d’être totalement incapable d’imaginer une autre politique.
Il faudrait que les Français cessent d’accuser le monde entier de leurs malheurs (après les Américains, les Chinois, ce sont maintenant les Allemands) et commencent à se regarder dans la glace tout en balayant devant leur porte.
Mais il est vrai que, dans le registre de la démagogie, il est toujours payant de s’en prendre… aux Boches.

27 Avr 2013 | Comments (11)

Le petit bricoleur devant la catastrophe

Emplois d’avenir, contrats de génération, choc de compétitivité, « la boite à outils » de François Hollande ne sert à rien et le petit bricoleur présidentiel est impuissant devant la catastrophe, comme un plombier amateur devant une baignoire qui déborde et inonde toute la maison.
Tous les records de chômage viennent d’être battus. Nous avons aujourd’hui 3,224 millions de chômeurs de catégorie A (absolument aucun travail) mais, si on ajoute les autres catégories (ceux qui ont réussi à travailler quelques heures), on arrive à 4,740 millions et, si on ajoute encore l’Outre-Mer, on dépasse les 5 millions de chômeurs en France. Jamais la situation de l’emploi n’avait été aussi dramatique.
Hollande nous a promis d’inverser la courbe du chômage avant la fin de l’année 2013. Tout le monde –et lui le premier, sans doute- a compris que cette promesse ne pourra pas être tenue, que les outils qu’il avait dans sa fameuse boite n’étaient que des pipeaux et que la politique qu’il mène, en vacillant, allait encore jeter des centaines de milliers de salariés à la rue.
Il est évident qu’on ne sortira notre pays du gouffre qu’en s’attaquant aux quatre « particularités » aberrantes de la France, c’est-à-dire en mettant totalement à plat notre fiscalité, notre code du Travail, le statut de nos fonctionnaires et notre système de protection sociale. C’est là le seul moyen d’avoir une chance de relancer la consommation et l’investissement, de retrouver un minimum de compétitivité et d’équilibrer plus ou moins nos comptes.
Tout le reste, des rythmes scolaires à la parité des salaires en passant par la transparence et sans parler du mariage des homosexuels, n’a strictement aucun intérêt. Les Français n’ont aujourd’hui qu’une seule préoccupation, qu’une seule angoisse : le chômage qui est devenu une véritable « peste » dévastatrice du pays.
Or, depuis pratiquement un an qu’ils sont au pouvoir, François Hollande et ses amis n’ont rien fait pour mener cette guerre, si ce n’est évoquer quelques rustines particulièrement dérisoires.
Ils nous disent que c’est encore la crise mondiale, qu’en Espagne il y a plus de 25% de chômeurs et que, si en Allemagne cela va plutôt mieux, la politique d’Angela Merkel a créé de nouveaux pauvres.
En fait, Hollande et les siens sont convaincus qu’il n’y a rien à faire, que la décadence de la France et de la vieille Europe est inéluctable et, chaque matin, ils prient le ciel (auquel ils ne croient pas d’ailleurs) pour qu’un redémarrage de la croissance mondiale qui se fait attendre leur permette de sauver un peu les apparences.
Après nous avoir dit, pour se faire élire, « Demain, on rasera gratis », Hollande veut nous faire croire qu’« Après la pluie vient le soleil » et ce capitulard joue les Gribouilles.
Même parmi ses courtisans, certains commencent à s’impatienter. Après avoir vu, au cours de cette seule semaine, les hauts-fourneaux de Florange éteints définitivement, la raffinerie de Pétroplus commencé à être démantelée, l’usine de PSA d’Aulnay-sous-Bois menacée d’être fermée plus tôt encore que prévu, autant de sites devenus symboliques que Hollande avait promis de sauver, et avant même d’avoir eu connaissance de ces nouveaux chiffres catastrophiques du chômage, Claude Bartolone, président de l’Assemblé Nationale, demande dans Le Monde à Hollande de « tirer les leçons » de ces dix premiers mois « pour envisager un nouveau temps du quinquennat ».
Certains diront que « le petit » Bartolone rêve d’être nommé à Matignon et tire sur l’ambulance Ayrault. Ce n’est pas impossible. Mais en estimant qu’il y a des leçons à tirer de ce début de quinquennat et surtout qu’il faudrait faire autre chose pour la suite, le troisième personnage de l’Etat condamne implicitement l’action-inaction de cette première année du règne de François Hollande et lui demande de se réveiller.
Même Bartolone en vient à penser que la situation du pays exigerait un « grand homme ». Pas un petit bricoleur à la petite semaine. Mais Bartolone connait Hollande depuis assez longtemps pour savoir qu’il n’est évidemment pas l’homme de la situation.

26 Avr 2013 | Comments (15)

Les magistrats qui déshonorent la justice

L’affaire du « mur des cons » qui se trouve dans les locaux du Syndicat de la Magistrature et sur lequel certains magistrats ont affiché les photos et les noms de nombreuses personnalités de droite est gravissime.
On nous raconte qu’il s’agit d’une « blague de potaches ». Mais les magistrats ne sont pas des « potaches » et désigner des citoyens innocents à la vindicte générale n’a jamais été une « blague ». C’est toujours comme cela qu’ont commencé tous les totalitarismes, à Berlin, à Moscou, à Pékin et ailleurs.
Si on peut s’étonner que le Syndicat de la Magistrature soit allé jusqu’à étaler sur le mur d’une de ses salles de réunions les portraits de tous les « hommes à abattre », de Sarkozy à Manuel Valls en passant par Brice Hortefeux, Jacques Attali, Alain Minc, David Pujadas, Eric Zemmour et un bon nombre d’autres ténors plus ou moins de la droite, personne ne se faisait la moindre illusion sur l’objectivité et l’honnêteté des magistrats de ce syndicat ultra gauchiste.
Cela fait des années que les Français n’ont plus aucune confiance en la justice de leur pays et qu’ils savent parfaitement que les « petits juges rouges » se servent de la fameuse indépendance de la justice qu’on leur a accordée pour régler leurs comptes personnels avec une société qu’ils détestent et qu’ils voudraient changer en envoyant aux galères tous les riches, tous les notables, tous les patrons, tous ceux qui pensent que l’URSS n’a pas été un paradis pour les travailleurs et que mai 68 n’a pas ouvert de lendemains radieux pour notre pays.
Il est évident que cet « aveu » public, étalé sur le mur de leur syndicat et qui prouve que ces magistrats entendent condamner, avant même de les avoir entendues dans une quelconque affaire, toutes ces personnalités de droite pose un énorme problème.
Qui pourra désormais accepter de répondre aux questions d’un juge d’instruction membre du Syndicat de la Magistrature et, a fortiori, accepter d’être jugé « au nom du peuple français » par un magistrat qui l’aura ainsi déjà collé au mur ? Quel crédit peut-on accorder à une magistrature qui compte dans ses rangs des fanatiques qui se sont lancés dans la chasse à leurs ennemis de classes ?
Christiane Taubira aurait, bien sûr, dû, dès hier, apprenant l’affaire, prendre des mesures contre les responsables de ce syndicat qui déshonore la justice. Elle s’est contentée, à l’Assemblée, de dire que les « victimes » pourraient toujours porter plainte. Autant dire qu’elle ne désavoue pas elle-même cette mise au pilori, par des magistrats, de citoyens parfaitement innocents (jusqu’à preuve du contraire) et dont le seul tort serait de ne pas partager l’idéologie de ces révolutionnaires en robe. En ne condamnant pas très fermement cette « blague de potache », la Garde des Sceaux s’en fait la complice et déshonore, elle aussi, la justice.
Le gouvernement vient de rejeter la proposition de loi communiste qui voulait amnistier les syndicalistes s’étant rendus coupables de violences au cours de manifestations. Il a eu parfaitement raison. On attend donc qu’il prenne les sanctions qui s’imposent contre ces syndicalistes magistrats qui viennent, eux, de commettre la pire des violences : détruire le peu d’honorabilité qui restait encore à notre justice. Mais, hélas, il y a fort à parier que ce gouvernement ne fera rien, « les petits hommes rosâtres » qui nous gouvernent partageant, évidemment, la même idéologie et, sans doute, la même conception de la justice que « ces petits juges rouges ».
Christophe Regnard, le président de l’Union Syndicale des Magistrats (majoritaire) a déclaré que ce « mur des cons » du Syndicat de la Magistrature « envoie une image détestable de la magistrature ». C’est vrai. Mais au moins, maintenant, on sait à quoi s’en tenir…

25 Avr 2013 | Comments (17)

Du pareil au même, en pire

Si on a un peu de mémoire, on se souvient que Français Hollande et la gauche en général n’avaient pas de mots assez durs pour critiquer Nicolas Sarkozy quand il ne voulait pas tenir compte des gigantesques manifestations de rue qui s’opposaient à sa réforme des retraites, quand, après le moindre incident, il décidait, dans l’affolement, d’imposer de nouvelles lois, quand il s’inclinait servilement devant Angela Merkel, quand il était incapable de faire face à la montée du chômage et de réindustrialiser le pays, quand il augmentait les impôts sans pouvoir pour autant réduire les déficits, quand il jouait les chefs de guerre en envoyant nos Rafales sur la Libye.
Nous allons bientôt célébrer le premier anniversaire de l’entrée de François Hollande à l’Elysée. Et on s’aperçoit que si l’opposition existait –ce qui n’est malheureusement pas le cas- elle pourrait reprendre, à la lettre près, contre Hollande, tous les reproches que la gauche faisait à Sarkozy.
Il n’a pas voulu entendre les centaines de milliers de Français qui, dans la rue, manifestaient contre son projet de mariage homosexuel. L’affaire Cahuzac n’est pas encore oubliée qu’il annonce déjà, dans la précipitation, des textes sur la moralisation de la vie politique. Alors qu’il apparait de plus en plus évident que l’austérité plonge le pays dans la récession, il continue à tenter (en vain) d’obéir aux ordres de la chancelière allemande. Le chômage, les prélèvements obligatoires et les déficits augmentent, plus qu’avant. Et il a, lui aussi, voulu jouer les chefs de guerre en envoyant plus de 4.000 hommes guerroyer au Mali, sans se rendre compte que les terroristes islamistes allaient nous le faire payer à coups d’attentats (on vient de le voir à Tripoli), tout comme Sarkozy n’avait pas imaginé qu’en faisant exploser la Libye il donnerait le pouvoir aux fanatiques de la Charia et provoquerait un chaos généralisé dans tout le cœur de l’Afrique.
Hollande nous avait promis « le changement », nous assistons à un pitoyable bégaiement de l’histoire. Gauche, droite, c’est du pareil au même !
Certes, Sarkozy était cassant, velléitaire et zigzaguait alors qu’Hollande prétend rechercher le consensus, recule volontiers (les 75%, le vote des étrangers, le non cumul des mandats) et ne sait visiblement pas où il veut aller ni ce qu’il faudrait faire. Mais lui qui reprochait, à juste titre, à Sarkozy de diviser les Français les a divisés, avec cette affaire du mariage pour tous, comme ils ne l’avaient pas été depuis bien longtemps.
Du pareil au même… et en pire car, non seulement jamais un chef d’Etat, même pas Sarkozy, n’avait été aussi rejeté par l’opinion dans tous les sondages, mais jamais les Français n’avaient été aussi désespérés par la vacuité du pouvoir.
Certes, la crise s’aggrave et l’avenir s’annonce catastrophique, certes l’opposition s’est discréditée et personne ne peut rêver à une alternance qui sauverait le pays, mais le plus grave aujourd’hui c’est que ce qui tient lieu de pouvoir est totalement incohérent avec des ministres qui tirent à-hue-et-à-dia, comme Montebourg et Hamon, et une majorité qui s’affole.
Les uns, de plus en plus rares, disent que François Hollande n’est au pouvoir que depuis moins d’un an et qu’il faut donc lui laisser encore un peu de temps pour faire ses preuves. Les autres, de plus en plus nombreux, font remarquer qu’il est au pouvoir depuis déjà onze mois et qu’il n’a toujours rien fait pour arrêter la dégringolade vertigineuse du pays.
En fait, pour beaucoup de Français, cela fait des années que la France n’est pas dirigée et que droite comme gauche ont démontré qu’elles étaient aussi incapables, l’une que l’autre, de sortir le pays de son agonie.
C’est, bien sûr, ce qui explique ce désespoir.

24 Avr 2013 | Comments (14)

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