Certains attendent avec impatience, d’autres avec simplement de la curiosité l’intervention de François Hollande, demain soir, à la télévision.
Les premiers veulent encore espérer que le président de la République sortira de son chapeau quelques recettes miracles pour faire face à la crise. Les seconds se demandent quelles pirouettes pourra bien trouver le chef de l’Etat pour expliquer pourquoi il n’a tenu aucune de ses promesses et pourquoi tout ne fait que s’aggraver, le chômage, la précarité, la dette, la balance du commerce extérieur, l’isolement de la France, etc.
Il est d’ailleurs vraisemblable qu’un bon nombre de téléspectateurs préféreront zapper plutôt que de regarder cette énième opération de communication d’un président qui semble avoir été à bout de souffle et au bout du rouleau depuis le début de son mandat, il y a dix mois.
A l’Elysée, on nous dit que Hollande veut faire de la « pédagogie » (c’est le grand mot à la mode), expliquer aux Français sa politique, leur montrer qu’il a « un cap » et qu’il le suit et leur répéter qu’avant longtemps on verra les premiers résultats de toutes les mesures qu’il a prises.
Le mot « pédagogie » est évidemment malheureux. Les Français ne sont pas des enfants et Hollande n’est pas un maitre. Ni en économie, tout va de plus en plus mal, ni en politique, sa majorité se délite, ni en diplomatie, nous sommes brouillés avec l’Allemagne d’Angela Merkel, la Grande Bretagne de David Cameron, la Russie de Vladimir Poutine et méprisés par les Etats-Unis d’Obama.
Hollande va-t-il avoir le culot, au lendemain même de l’annonce officielle d’une nouvelle hausse du chômage (pour le 22ème mois consécutif !) de nous affirmer, une fois de plus, qu’avec ses emplois jeunes, ses contrats de génération et son crédit d’impôt pour la compétitivité des entreprises, aussi « bidons » les uns que les autres, il va inverser la courbe du chômage dans les 9 mois qui viennent ? Va-t-il oser nous dire qu’un léger frémissement se fait sentir ou même que certains clignotants passent au vert alors que les plans de licenciement se multiplient encore, que la croissance est nulle, que les investissements sont à l’arrêt et que la consommation est en baisse?
Pour la très grande majorité des Français, les dix premiers mois du quinquennat de François Hollande et son fameux « changement » promis se sont limités à une accélération de la dégradation générale du pays, à des hausses d’impôts, à des baisses de la protection sociale et à la légalisation du mariage des homosexuels.
Pour les hétérosexuels qui semblent encore, pour l’instant, être très majoritaires dans le pays, c’est un bilan catastrophique.
En fait, les Français se sont, bien vite, aperçus que le président n’avait aucune prise sur les réalités. Les nier n’a jamais été suffisant pour les maitriser. Il nous impose « de la sueur, du sang et des larmes » mais ne l’avoue pas et surtout ne sait pas quelle guerre il veut mener et quelle stratégie il compte employer. Sur la passerelle de son paquebot, le capitaine de pédalo regarde, avec son sourire benêt et entouré de son équipage inerte, couler son navire dans la tempête en refusant d’entendre les cris des passagers qui se noient.
Il va, sans doute, demain soir, nous refaire les tirades et les effets de manche de sa campagne en nous promettant qu’on rasera gratis demain. Mais les Français ne veulent plus l’écouter ni même l’entendre. Il est, comme disent certains, « brûlé », « cramé », « carbonisé ».
Les Français reprochaient à Chirac d’être « un rad.-soc. » somnolant, à Sarkozy d’être « un agité inconséquent ». Ils reprochent à Hollande d’être « un gros nul ». Il n’y a aucune chance qu’ils soient sensibles à sa nouvelle séance de… pédagogie. Ils ne l’écoutent plus. Ils ne l’entendent même plus.

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