De plus en plus nombreux sont les Français qui commencent à se demander ce que nous sommes allés faire au Mali.
Au début, François Hollande nous avait raconté qu’il s’agissait simplement d’« empêcher les bandes rebelles (qui contrôlaient déjà tout le nord du pays) de foncer sur Bamako » et donc de s’emparer de tout le Mali pour en faire, au cœur de l’Afrique, un bastion de l’Islamisme. Il avait bien précisé, alors, qu’il n’était pas question d’envoyer des troupes « au sol ». Nos hélicoptères d’assaut et nos Rafales suffisaient amplement, à l’entendre, pour détruire les quelques colonnes de 4×4 des rebelles, faciles à repérer dans le désert. Et nous n’allions pas prendre le risque d’un enlisement dans les dunes et les montagnes maliennes du type de celui que nous avions connu en Afghanistan.
Quelques jours plus tard, le même François Hollande nous disait que le but de l’opération était, en fait, non pas seulement de sauver Bamako mais de « reconquérir tout le nord du Mali » pour que ce malheureux « pays ami » puisse retrouver toute son intégrité (qu’il n’a jamais connue, ne serait-ce qu’en raison de l’éternelle rébellion des Touaregs). On apprenait alors qu’il y avait 1.400 soldats français « au sol » qui se lançaient vers Gao et Tombouctou.
Et quelques jours plus tard encore, toujours le même François Hollande nous expliquait que les 4.000 soldats français qui étaient désormais « au sol » au Mali avaient pour mission d’« éliminer le terrorisme islamiste » au Mali, en Afrique, et sans doute en Europe, voire même à travers toute la planète. La France avait déclaré la guerre aux « fous d’Allah » et le président de la République triomphait dans les rues de Tombouctou et de Bamako comme, jadis, un vulgaire Sarkozy avait paradé dans celles de Benghazi.
Laurent Fabius, ministre des Affaires Etrangères, nous affirmait que nos troupes commenceraient à évacuer le Mali « fin mars ». Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, nous précisait que « les combats se limitaient désormais à l’extrême nord-est du pays » dans une petite zone de montagnes particulièrement difficile à contrôler. Et Hollande nous rassurait pleinement en nous annonçant qu’il s’agissait de « la dernière phase de l’opération ».
Depuis, nous avons appris que les combats étaient particulièrement durs, que nous avions déjà eu quatre morts, qu’on ne se battait pas seulement dans l’extrême nord mais aussi à Gao même et Hollande nous a avoué que nos troupes commenceraient à évacuer le Mali, non pas en mars mais en avril.
Non seulement nous n’en sommes pas à « la dernière phase de l’opération » mais nous avons entamé… la première phase de l’enlisement. Et nous ne savons toujours pas ce que nous sommes allés faire dans cette galère.
Hier, avec un culot fou, François Hollande nous a déclaré textuellement : « Certains s’interrogent pour savoir pourquoi la France est au Mali. Elle y est parce qu’il y avait des femmes qui étaient victimes de l’oppression et de la barbarie, des femmes à qui l’on mettait le voile sans qu’elles ne l’aient elles-mêmes demandé, des femmes qui n’osaient plus sortir de chez elles, des femmes qui étaient battues parce qu’elles voulaient être libres ».
Il faut dire que François Hollande inaugurait « la Journée de la femme » à la Cité des sciences de la Villette et qu’il souhaitait aussi répondre à Sarkozy qui, le matin même, dans Valeurs Actuelles, s’était interrogé sur le bien-fondé de l’intervention française au Mali. Mais de-là à dire n’importe quoi il y a tout de même une limite que le président de la République n’aurait pas dû oser franchir.
Si François Hollande a vraiment envoyé nos troupes au Mali pour libérer les femmes que « la barbarie » de l’Islam oppressait et auxquelles « les barbares » imposaient le port du voile, il va falloir qu’il envoie de toute urgence la Légion Etrangère en Arabie saoudite, dans tous les pays du Golfe, en Iran, au Pakistan, en Malaisie, en Indonésie où les femmes sont bel et bien oppressées et voilées depuis quelques siècles et qu’il fasse surveiller de très près la Tunisie, la Libye et l’Egypte où d’autres « barbares » tout aussi islamistes s’installent au pouvoir.
En partant en guerre, seul, contre le terrorisme islamiste du Sahel, François Hollande faisait déjà preuve d’une totale inconscience. En prétendant maintenant vouloir libérer les femmes opprimées par l’Islam, il se met à délirer.
Il ignore sûrement qu’il y a aujourd’hui 1,5 milliard de Musulmans dans le monde qui considèrent que les femmes doivent être voilées.

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