On ne sait pas ce que va nous dire, ce soir, François Hollande au cours des trois-quarts d’heure d’horloge qu’il s’offre sur France 2. Mais ce qui est sûr c’est qu’il ne pourra ni nous répéter que tout est « de la faute de Nicolas Sarkozy », ni nous raconter que c’est « la crise » et qu’on n’y peut rien, ni nous faire croire que les mesures qu’il a prises vont rapidement donner leurs premiers résultats.
Sarkozy n’est plus au pouvoir depuis dix mois, un certain nombre de pays voisins, connaissant la même crise que nous, s’en sortent beaucoup mieux que nous et la politique qu’il mène depuis son entrée à l’Elysée n’a fait qu’accélérer la dégringolade du pays.
Les chiffres du chômage, avec 3,180 millions d’inscrits au Pôle emploi en catégorie A, vont dépasser le triste record historique de 1997, 3,190 millions. Depuis que François Hollande est président, il y a 250.000 chômeurs de plus en catégorie A. Si on additionne les catégories A, B et C, on arrive au record absolu de 4,700 millions de demandeurs d’emploi. Un Français (actif) sur six !
Hier, on a appris, en plus, que, pour la première fois depuis 1984, le pouvoir d’achat des Français avait baissé.
En économie, la malédiction n’existe pas et tous les malheurs ont toujours une explication. Tout le monde sait que si, en France, le chômage de masse est devenu « une tendance lourde », comme le reconnait Michel Sapin, lui-même, c’est parce que les entreprises, écrasées de taxes et de règlements, n’ont plus les moyens ni d’innover ni d’investir et qu’elles ont donc perdu toute compétitivité.
Tout le monde sait aussi que si le pouvoir d’achat des Français a baissé (ce qui veut dire que la consommation va, elle aussi, baisser) c’est parce qu’ils sont, eux aussi, écrasés de prélèvements obligatoires.
N’importe qui comprend alors que pour s’attaquer au chômage, il faudrait d’abord permettre aux entreprises d’innover et d’investir et aux Français de consommer. Donc qu’il faudrait alléger les charges qu’on leur impose aux unes et aux autres.
Obsédé –à juste titre- par nos déficits publics et la dette qu’ils provoquent, Hollande s’est trompé de colonne en faisant ses calculs. Il augmente les recettes alors que ce sont les dépenses qu’il faudrait diminuer. Tout le monde le lui a dit. Mais un vieil apparatchik du parti socialiste peut-il faire autre chose que de présurer toujours plus les riches et les moins riches et que d’embaucher, par exemple, 60.000 nouveaux enseignants ?
Certes, bien que s’étant très récemment découvert une vocation de guerrier, il va sabrer dans le budget de la défense et nous faire définitivement perdre notre statut de grande puissance (moyenne, en fait). Mais, pour le reste, il n’ose pas s’attaquer au train de vie de l’Etat, au nombre faramineux de nos fonctionnaires, aux aides, subventions, allocations distribuées à la volée, au mille-feuilles absurde de nos collectivités, à notre système ruineux de protection sociale, aux injustices scandaleuses de notre fiscalité, à la ribambelle de conseils, de comités, d’associations subventionnés qui sont autant de sangsues sur la bête, etc.
Ce type n’est pas à la hauteur de sa fonction. Bien des gens le pensent depuis dix mois, certains le disent. Cette fois, c’est un socialiste qui ose le proclamer ouvertement. Pascal Cherki n’est pas un militant de base inconnu. Il est député de Paris, maire du 14ème arrondissement et l’un des ténors de la gauche du PS. Et que dit-il ? « Quand on est président de la République, on n’est pas conseiller général, on prend la mesure de la situation et on change de braquet ».
Hier, nous nous demandions, ici même, si François Hollande n’était pas « un gros nul ». Cherki, un socialiste pur jus, semble se poser la même question.
Mais ne sachant que « pédaler dans la semoule », Hollande est visiblement incapable de « changer de braquet »…

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