Jusqu’où un président, « normal » ou pas, peut-il dégringoler dans les sondages ? Jusqu’où un taux de chômage peut-il monter ? Jusques à quand va-t-on assister à cette déliquescence générale du pays avec des citoyens de plus en plus mécontents et un pouvoir de plus en plus inexistant ?
François Hollande vient encore de perdre cinq points dans les enquêtes d’opinion. Il n’y a plus que 30% de nos concitoyens à lui faire (plus ou moins) confiance. Ce qui veut dire que 70% des Français ne veulent plus de lui. C’est un record absolu pour un président après seulement 9 mois de règne.
Le nombre des Français au chômage va dépasser les chiffres les plus catastrophiques de l’histoire de la Vème République avec 3.169.000 chômeurs. Et encore en ne tenant compte que de la catégorie A car si on ajoute les catégories B et C (salariés ayant pu travailler quelques heures au cours du mois) on arrive à 4.967.500 Français « à la recherche d’un emploi ». Et ce ne sont pas les nouvelles prévisions de croissance, 0,1%, qui permettent d’espérer la moindre amélioration du marché de l’emploi.
Face à cela, on a un gouvernement et une majorité les bras ballants, tétanisés par leur impuissance, leurs échecs, leurs doutes.
Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, va bientôt atteindre le niveau d’impopularité d’Edith Cresson et tous les « ténors » de son équipe se sont déconsidérés les uns après les autres, de Montebourg qui voulait nationaliser Arcelor-Mittal à Moscovici et Cahuzac qui affirmaient qu’il n’y aurait aucune augmentation d’impôts, en passant par Sapin qui jurait ses grands Dieux que la courbe du chômage serait bel et bien inversée au cours de l’année. Sans parler de Le Drian qui avait déclaré solennellement qu’il n’y aurait aucune troupe française « au sol » au Mali ou de Fabius qui, lui, annonçait que les troupes en question (qui étaient bel et bien « au sol ») commenceraient à évacuer le Mali dès la fin mars. Manuel Valls qu’on présentait déjà comme le successeur d’Ayrault à Matignon rase maintenant les murs devant la montée de la délinquance et il y a peu de chances que Christiane Taubira reste bien longtemps « la Madone » qu’elle fut aux yeux de la gauche pendant le débat sur le mariage des homosexuels.
L’anti-sarkozisme n’est plus un argument depuis longtemps et « l’héritage » n’est plus une excuse. Hollande est désormais le seul responsable. C’est « sa » politique, et elle seule, qui aggrave la situation. C’est lui qui fait fuir les investisseurs, qui décourage les entrepreneurs, qui oblige les classes moyennes à réduire leur consommation et qui plonge davantage encore les défavorisés dans la misère.
On dira que « c’est la crise ». Mais il est payé pour y faire face et il nous avait d’ailleurs dit qu’on en sortait. On dira que c’est l’Europe qui lui impose l’austérité. Mais, il nous avait affirmé qu’il saurait refuser les diktats d’Angela Merkel et d’ailleurs un président de la République française n’est –en principe- ni aux ordres des technocrates de Bruxelles ni à ceux des agences de notation.
Tous les « trucs » qu’il nous avait présentés comme des solutions-miracles se sont déjà perdus dans les marécages des promesses fumeuses. Personne ne croit en son « Pacte de compétitivité » ni en son « Crédit d’impôt ». Personne ne veut de ses « Emplois d’avenir » ni de ses « Contrats de génération ». Tout cela n’est que « du pipeau » et ce n’est pas avec ce pipeau-là qu’il va pouvoir charmer le serpent de la crise.
Il s’imagine que la déconfiture actuelle de l’UMP va lui donner encore de longs mois de tranquillité pour peu qu’il taxe de « populisme » aussi bien son extrême-gauche que l’extrême droite. Il ne se rend pas compte qu’à force d’être au bord du gouffre, les Français sont au bord de l’explosion.
Tout le monde rend aujourd’hui hommage à Stéphane Hessel et à son petit livre au succès planétaire « Indignez-vous ». On oublie de préciser qu’après son appel à l’indignation, le vieil homme avait aussi écrit «Engagez-vous » et « A nous de jouer ». Certes, on peut contester bon nombre de prises de position d’Hessel mais il avait raison en prônant l’indignation et, plus encore, en affirmant que cette indignation devait conduire à l’engagement car c’est, en effet, « A nous de jouer ».
Aujourd’hui, dans cette ambiance délétère et presque pré-insurrectionnelle, les Français sont indignés mais ne savent pas encore où s’engager et quel jeu jouer.

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