Pour être comprise si ce n’est appréciée, une politique doit avoir un minimum de cohérence. Les citoyens doivent pouvoir comprendre ce que veut vraiment l’exécutif, quel est son objectif, quels sont les moyens qu’il compte employer pour y parvenir. Sinon c’est le doute, la déception, la défiance puis le rejet qui s’installent.
Or, dix mois après l’élection de François Hollande, les Français ne comprennent plus rien à ce que dit, promet, décide ou annonce ce président.
Au début, ils pensaient que le nouveau chef de l’Etat faisait mine d’hésiter mais qu’il était malin et que, sachant parfaitement où il voulait en venir, il jouait de la concertation et de la recherche du consensus pour désarmer ses opposants en perdant du temps.
Mais maintenant, ils ont compris que François Hollande, totalement débordé par ses fonctions et dépassé par la situation, navigue à vue et dans le brouillard, improvise n’importe quoi, se contredit sans pudeur, se renie sans scrupule, lance des ballons d’essai qui crèvent en l’air et est prêt à déclarer des guerres aux quatre coins de la planète pour faire croire qu’il est un chef d’Etat capable d’assumer ses fonctions.
Il nous avait promis la croissance, seule chance de juguler le chômage ; il nous impose la pire des austérités, fait fuir les investisseurs, matraque les consommateurs et personne ne peut croire une seule seconde en ses quelques « remèdes de bonne femme » en forme de « rustines » que sont « les emplois d’avenir » ou « les contrats de génération ». Il devait mâter Angela Merkel et les technocrates de Bruxelles ; il s’est incliné devant leurs exigences comme un petit garçon, abandonné en rase campagne aussi bien par David Cameron que par les pays du sud dont il voulait être le héraut. Il nous avait annoncé qu’il s’attaquerait à nos institutions en réduisant « le mille-feuilles » du pays, en interdisant le cumul des mandats, en donnant le droit de vote aux étrangers ; il y a renoncé. Il voulait mettre fin à la Françafrique ; jamais nous n’avons eu autant de soldats en guerre dans nos anciennes colonies, etc., etc.
Bref, on s’aperçoit que, dix mois après son entrée à l’Elysée, Hollande présente un premier bilan catastrophique : le chômage continue à augmenter dans des proportions insupportables, les impôts aussi, les déficits aussi (on est très loin des 3% annoncés) et que, mis à part le mariage des homosexuels, celui qui nous avait promis « le changement maintenant » n’a rien fait d’autre qu’aggraver la situation des Français
Même ses partisans commencent à ruer sérieusement dans les brancards au point que ce président qui nous avait rebattu les oreilles avec la concertation tous azimuts en vient à évoquer les « ordonnances » pour ne plus avoir à perdre de temps avec les palabres au sein de sa propre majorité et les débats au Parlement.
Que « le métier » de président soit difficile, que la situation soit épouvantablement compliquée, qu’on ne puisse pas tout changer en dix mois, personne ne le conteste, même ceux qui se souviennent qu’en 1958 il n’avait pas fallu six mois à de Gaulle pour tout changer et redresser la France.
Mais ce qui désespère et affole aujourd’hui les Français c’est de s’apercevoir que François Hollande n’a visiblement pas les capacités indispensables pour remplir sa fonction.
Il continue à faire de l’anti-Sarkozisme au petit pied, par exemple, en réinstaurant les IUFM que son prédécesseur avait supprimés ou en abrogeant la loi qui interdisait le racolage. C’est d’autant plus dérisoire qu’il va devoir, avant longtemps, retarder l’âge de la retraite comme l’avait déjà fait son prédécesseur honni.
Qu’il fasse des zigzags comme Sarkozy ou des virages à 180° comme l’ont fait tous nos présidents depuis un demi-siècle serait éventuellement pardonnable.
Ce qui l’est moins c’est que tout est totalement incohérent et que c’est du « grand n’importe quoi » en permanence et dans tous les domaines.
Sa dernière lubie est révélatrice. Il veut livrer des armes aux rebelles syriens. C’est la preuve qu’il ignore totalement ses dossiers et qu’il est, en plus, incohérent.
Il ne sait pas que le Proche-Orient est un baril de poudre vers lequel il faut toujours aller « avec des idées simples » , que la Syrie est une mosaïque de peuples et de religions mais qu’elle restera toujours, comme le disait Nasser lui-même, « le cœur de la nation arabe », que Damas est officiellement en guerre avec Israël et peut, du jour au lendemain, refaire exploser le Liban.
Il ne veut surtout pas tenir compte de ce que lui répètent chaque jour nos services secrets, à savoir que cette rébellion est désormais complètement noyautée, organisée, contrôlés par des Islamistes radicaux venus d’un peu partout et financés par l’Arabie saoudite, le Qatar et les émirats pétroliers du Golfe.
Il n’a pas appris non plus (alors que l’expérience malienne aurait dû lui ouvrir les yeux) que, quand on livre des armes à un camp, on est très rapidement obligé de lui envoyer des instructeurs, puis des commandos, puis un appui aérien, puis des troupes au sol. On commence par expédier quelques caisses de fusées sol-air et on se retrouve devoir envoyer 4.000 hommes. Et, en plus, le Proche-Orient n’est pas le Sahel et la Syrie n’est pas le Mali.
Mais au-delà de la stupéfiante ignorance de François Hollande c’est son incohérence, là encore, qui frappe. Il obéit aux instructions de Bruxelles pour l’austérité mais se désolidarise de cette même Union européenne pour la Syrie. Il répète qu’il souhaite resserrer ses liens avec Poutine et que Moscou a la clé d’une solution pour la Syrie et il menace pratiquement de déclarer la guerre au Tsar en armant les ennemis de ceux que soutiennent les Russes.
Pire encore, il envoie nos homes exterminer les Islamistes du Sahel et il veut envoyer des armes aux Islamistes de Syrie.
Les Français commencent à se dire qu’ils n’auraient jamais dû élire un apparatchik n’ayant aucune expérience de la gestion d’un pays et des crises et qui, étonné de découvrir qu’il n’a aucun pouvoir sur les réalités, se grise en jouant les chefs des armées. Il avait accéléré le retrait de nos troupes en Afghanistan et voilà qu’il fait la guerre au Mali et veut la faire en Syrie. Nous n’aurions sûrement pas dû lui donner le bouton atomique.
Cela dit, on est tout de même étonné d’entendre Copé et Juppé l’applaudir pour ces velléités guerrières.

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