Personne ne reprochera à un président de la République plongeant chaque jour davantage dans les abîmes des sondages et à un gouvernement perdant totalement pied et se noyant dans les pires difficultés d’essayer de se débattre, de surnager, de tenter de s’en sortir, de lancer des idées nouvelles, de vouloir prendre des initiatives. Encore faudrait-il qu’il y ait une vraie politique, une vraie logique, un cap, que ces idées nouvelles et ces initiatives soient crédibles et surtout qu’elles aient, au moins, l’air de s’attaquer aux vrais problèmes du jour.
Or, aujourd’hui, alors que tout va mal en effet, on a l’impression que François Hollande et ses hommes s’affolent complètement, ne savent plus où ils en sont ni ce qu’ils veulent et sont prêts à dire n’importe quoi et son contraire. Cela part dans tous les sens. C’est, à la fois, la foire d’empoigne, la panique générale et le sauve-qui-peut.
Dans la seule journée d’hier, François Hollande nous a annoncé que la formation des chômeurs devenait une priorité, Marisol Touraine a lancé une grande réforme de l’hôpital public, Jean-Marc Ayrault nous a dit que le gouvernement allait réfléchir pour prendre des mesures contre les salaires abusifs de certains grands patrons (en prenant exemple sur la Suisse) et qu’il s’apprêtait à présenter les grandes lignes du projet de Paris Métropole, Manuel Valls a affirmé qu’il allait alourdir les sanctions contre les agresseurs de policiers, Arnaud Montebourg et Delphine Batho ont continué à débattre du problème du diesel, Pierre Moscovici nous a juré (contre toute évidence) qu’il n’y aurait pas de plan d’ajustement en 2013 pour réduire les déficits et Jean-Marie Le Guen a rouvert le dossier de l’âge de la retraite en affirmant qu’on pouvait le repousser à 62 ans dès 2014.
En quelques heures, cela fait tout de même beaucoup ! Certes, tous ces problèmes sont intéressants, voire importants. Mais en nous les sortant de leurs poches en même temps, ils nous présentent un bric-à-brac avec des solutions de bric et de broc, s’imaginant sans doute que, submergés par ce flot continu d’annonces en tout genre, nous n’allions pas nous apercevoir que toutes ces pseudo-réformes ne sont, au mieux, que des rustines qu’ils tentent de coller à droite et à gauche, à la va-vite et n’importe comment pour colmater les brèches béantes dans la coque de notre malheureux rafiot qui fait eau de toutes parts.
Le problème de la formation des chômeurs dont on nous rebat les oreilles depuis des décennies est important mais il n’est qu’anecdotique en face du problème du chômage qui, lui, est dû au manque de compétitivité de plus en plus criant de nos entreprises, lequel est dû aux charges excessives qui écrasent toute notre économie.
D’ailleurs, la formation des chômeurs est devenue une utopie pour ne pas dire une imposture. Vers quelle filière Hollande veut-il former nos chômeurs maintenant que tous les secteurs de notre économie sont dévastés ? On peut, aussi, se demander si ce problème de formation ne relève pas d’abord de l’Ecole.
La réforme de l’hôpital public est, aussi, un vrai sujet comme nous le rappellent, chaque jour, aussi bien le personnel soignant, en permanence débordé, que les malades qui attendent des heures dans les couloirs des hôpitaux ou que les déficits de tous nos établissements de soins.
Mais, là encore, ce n’est qu’un aspect du vrai problème auquel nous avons à faire face et qui est celui de tout notre système de protection sociale.
Pour ne pas voir l’immensité des problèmes qu’ils devraient affronter, nos dirigeants, à commencer par Hollande lui-même, préfèrent regarder le champ de bataille par le petit bout de la lorgnette. C’est comme cela qu’on perd les guerres.
Il est, sans doute, plus facile d’annoncer quelques mesurettes sur la formation des chômeurs et une réformette de l’hôpital que de reconstruire l’économie du pays et notre système de protection, mais cela fait plus de quarante ans que, pour ne déplaire à personne -et surtout pas aux syndicats-, nous dirigeants, de droite comme de gauche, ont, par lâcheté, laissé couler notre pays.
Hollande n’a pas de chance. Il s’est fait élire au moment où les rustines, les demi-mesures, les compromis ne sont plus supportables par le pays. Mais la France n’a pas de chance non plus. Elle a élu un homme de rustines, de quarts de mesure et de compromis…
Chaque jour, les Français s’aperçoivent que ses amis avaient raison. La « petite fraise » n’est qu’un « capitaine de pédalo » et, maintenant qu’il est au milieu de la tempête, ce n’est pas lui qui va inverser la courbe du chômage ou réduire nos déficits à 3%, même si, pour avoir l’air d’un amiral, il envoie nos soldats à la chasse à l’Islamiste au fin fond du désert.

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