Si Manuel Valls était « de droite » –ce qui n’est peut-être pas tout à fait impossible, mais il ne faut pas le dire- il serait aujourd’hui trainé dans la boue par la gauche unanime. Le PS, les Verts, le Front de gauche, nos « intellos » de service et les organisations auto-proclamées droits-de-l’hommistes l’accuseraient de xénophobie, de racisme et pire encore d’islamophobie, voire même d’incitation à la haine.
Le ministre de l’Intérieur vient, en effet, d’énoncer, dans Le Parisien de ce matin, quelques vérités premières qui font d’habitude condamner n’importe quel brave homme par tous les tribunaux du politiquement correct et de la pensée unique.
Valls a déclaré textuellement et aucun démenti n’est, pour l’instant, venu du ministère de l’Intérieur : « Nous faisons face à un ennemi extérieur au Mali et nous faisons face à un ennemi intérieur qui est le fait d’un processus de radicalisation. Il part de la petite délinquance, passe par le trafic de drogue, parfois par la prison, jusqu’à la conversion à un islamisme radical et à la haine de l’Occident ». Et il a ajouté : « Il y a en France, aujourd’hui, plusieurs dizaines de Merah potentiels ».
Pour Valls « les fous de Dieu » sont issus de la délinquance et l’Islamisme (radical) est un ennemi qu’il faut combattre. C’est nouveau dans la bouche d’un ministre et c’est très bien.
Il est temps que nos dirigeants commencent à ouvrir les yeux et à s’apercevoir que les « démocrates » qu’ils ont acclamés, depuis 1979, à Téhéran et, ces temps derniers, à Tunis, en Libye, en Egypte ou en Syrie sont des « ennemis » qui ont « la haine de l’Occident » et qui ressemblent à bien des égards aux terroristes contre lesquels nous sommes partis en guerre au Mali.
Il est temps d’arrêter de nous répéter que l’ayatollah était « un brave type », que les Frères musulmans sont « des démocrates » et que les militants d’Ennahda sont « très occidentalisés ».
Naturellement, il ne faut pas confondre « gentils Musulmans » et « Islamistes radicaux ». Les premiers ne considèrent pas, jusqu’à présent, le djihad comme une obligation et affirment, jusqu’à nouvel ordre, reconnaitre les lois de la République même si, de toute évidence, et en toute logique on ne peut pas le leur reprocher, ils estiment, en leur for intérieur, que la parole de Dieu, le Coran et la Charia l’emportent sur toutes les Constitutions de toutes les Républiques et sur toutes les lois de toutes les démocraties.
Valls semble croire en un Islam « français » ou « à la française », ne veut plus que nos mosquées soient financées par des pays étrangers « amis ou non » et souhaitent que les imams soient formés en France et prêchent en français.
Il oublie tout simplement que le Coran ne peut être lu qu’en arabe, que l’université Al Azhar du Caire l’emportera toujours sur n’importe quel institut franco-musulman de formation, que d’ailleurs nos curés vont souvent se former à Rome et que la communauté musulmane se doit d’aider tous les Musulmans de la planète.
Dire, comme le fait Valls, que « les fous de Dieu » sont issus de nos banlieues pourries, de la délinquance et de nos prisons est un peu rapide. Certes, le djihad contre l’Occident permet à de petits voyous de pouvoir continuer dans la criminalité tout en se donnant bonne conscience. Mais de nombreux Islamistes radicaux sont simplement des croyants qui ont basculé dans le fanatisme et lisant et relisant le Coran et que la déliquescence de nos sociétés, la disparition du communisme et les incohérences de notre politique ont poussés vers ce « retour aux sources ».
Si cela continue comme ça, de plus en plus de « gentils Musulmans » risquent de devenir de « méchants Islamistes » et la différence sera de plus en plus difficile à faire entre les uns et les autres. C’est à « une guerre mondiale » que nous avons à faire face, celle que l’Islam a déclarée à notre civilisation, avec des ennemis à l’extérieur et à l’intérieur.
Sans verser, bien sûr, dans l’islamophobie, il faut tout de même… se méfier et savoir que l’Islam n’est pas soluble dans la civilisation occidentale.

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