Nathalie Kosciusko-Morizet vient d’annoncer officiellement qu’elle se lançait à la conquête de Paris. Ou du moins qu’elle était candidate aux primaires de la droite qui devront désigner celui (ou celle) qui portera les couleurs de l’opposition aux prochaines municipales, en 2014, dans la capitale.
A première vue, cette polytechnicienne, fille d’un polytechnicien (actuellement maire de Sèvres), petite-fille d’un célèbre ambassadeur de France et arrière-petite-fille d’un illustre maire de Boulogne-Billancourt (la grande artère de Boulogne s’appelle l’avenue Morizet) a tout pour déplaire.
Mais c’est une femme, elle est jeune, intelligente et dotée d’un culot qui dépasse l’imaginable. Alors pourquoi pas ?
Certes, on dira qu’elle est le prototype de la grande bourgeoise née avec une cuillère d’argent dans la bouche. Mais Morizet était de gauche et le grand-père ambassadeur a commencé sa carrière chez Vincent Auriol ce qui a, sans doute, laissé à la jeune fille des souvenirs et qui fait qu’on n’a jamais pu, malgré son élégance toute parisienne et un brin de morgue, en faire une « réactionnaire ».
On avait imaginé Fillon et Borloo pour affronter Anne Hidalgo sans se rendre compte que ces deux lascars avaient pour habitude de se « dégonfler » devant la moindre adversité (ce qu’ils viennent d’ailleurs encore de faire, une fois de plus) et surtout qu’ils apparaissent désormais, l’un et l’autre, comme de vieux chevaux de retour qu’on a trop vus.
On veut croire que Rachida Dati, préoccupée par son procès en recherche de paternité, aura la sagesse de ne pas tenter de l’affronter au cours des primaires et de disparaitre et que NKM aura donc le soutien de toute la droite parisienne.
Mais le duel avec Hidalgo sera, évidemment, difficile. Aussi invraisemblable que cela puisse paraitre Delanoë a laissé un bon souvenir aux Parisiens. On lui saurait gré de Paris-Plage et des Vélib’ ainsi que de quelques fiestas pour noctambules et homosexuels.
Personne ne lui reproche les embouteillages qui sont devenus insupportables, le manque de crèches, l’impossibilité pour les jeunes de s’installer dans la capitale, l’obligation pour les vieux d’émigrer vers des banlieues de plus en plus lointaines et surtout la dégringolade du prestige de la « Ville lumière ».
Désignée « héritière du trône » par Delanoë, Hidalgo part avec un avantage considérable que confirment tous les sondages. Et les commentateurs ajoutent sans, peut-être, se rendre compte de ce qu’ils disent : « Paris étant devenue une ville de riches, en raison du prix de l’immobilier, la gauche y est désormais imbattable ». C’est un peu vrai. La ville de Gavroche et des artisans du Faubourg Saint Antoine est maintenant celle des bobos et des nouveaux riches à gourmette et 4×4.
Mais les municipales ont lieu dans plus d’un an et on peut croire que d’ici là, dans leurs lofts aménagés, les nouveaux riches commenceront à déchanter et à trouver amère la pilule qu’on leur avait dorée.
On veut, en tous les cas, espérer que NKM n’aura pas ses pudeurs de vierge effarouchée qui l’ont, parfois –et encore lors du débat sur le mariage homosexuel- poussée à décevoir l’électorat de droite.
L’ennui pour NKM c’est que ces municipales parisiennes ne se font pas sur le choix d’un maire mais sur l’élection de listes dans chaque arrondissement. Il faut donc, pour l’emporter, avoir 20 têtes de liste, avec, bien sûr, des porte-drapeaux un peu flamboyants dans les arrondissements (de l’Est parisiens) pour pèsent plus lourds que les autres. Or, on doit bien constater que le personnel actuel de la droite parisienne est d’une médiocrité particulièrement affligeante.
Nathalie Kosciusko-Morizet aura-t-elle le courage (et la possibilité) de donner un grand coup de pied dans la fourmilière et de balayer tous les rentiers de l’Hôtel de Ville pour arriver avec une équipe crédible? On verra.
Toujours est-il que cela fait plaisir de voir une (jolie) tête (blonde) émerger du marigot de l’UMP où s’entredévorent encore trop de vieux crocodiles. Ca rafraichit.

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