C’est l’a-b-c de la prestidigitation. Il faut attirer le regard des spectateurs d’un côté pendant qu’on fait disparaitre le lapin de l’autre côté. François Hollande est un maitre en la matière. Il nous a bassinés pendant des semaines avec le mariage homosexuel pour que nous ne nous apercevions pas que, contrairement à toutes ses promesses, le chômage continuait à augmenter. Il a déclaré la guerre du Mali pour nous faire oublier que, contrairement à tous ses engagements, les déficits, la dette et les impôts continuaient à augmenter. Il amuse la galerie avec l’espoir de pouvoir mettre, en douce, les vrais problèmes sous le tapis.
Ses comparses font la même chose. Cette semaine, c’est Vincent Peillon qui fait le numéro. Le ministre de l’Education Nationale a ouvert le débat des rythmes scolaires. Combien d’heures de classe faut-il imposer à nos chères têtes blondes par jour, par semaine, par an ? C’est, en effet, une question qu’on se pose depuis quelques décennies. Certains trouvent que nos enfants travaillent trop et sont fatigués. D’autres que les vacances sont trop longues. Mais ce n’est évidemment pas « LE » problème de l’Education Nationale française.
« LE » problème de l’Ecole aujourd’hui c’est qu’elle soit devenue une usine à analphabètes et à chômeurs, que 20% de notre population soient des illettrés, que plus de 20% de nos 20-25 ans soient des chômeurs qui, faute de la moindre formation, n’ont aucune chance de trouver un emploi, c’est aussi que « le niveau » général de nos compatriotes se soit cruellement affaissé au point qu’ils semblent maintenant n’avoir d’autre rêve que de gagner au loto et qu’ils se contentent parfaitement des programmes trop souvent débiles que la télévision leur assène. (Samedi dernier, toutes les chaines se sont interrompues en urgence pour annoncer que David Beckham faisait en entrée sur le stade !)
La question à laquelle Vincent Peillon doit répondre n’est pas de savoir s’il faut ouvrir les écoles le mercredi matin ou réduire les grandes vacances à six semaines mais quel enseignement donner aux jeunes pour qu’ils puissent entrer dans la vie active et, éventuellement, apprécier Mozart et Baudelaire.
Tout le monde est plus ou moins d’accord pour reconnaitre que ce serait bien qu’ils sachent lire, écrire, compter. Encore faudrait-il que la fameuse « lecture globale » soit définitivement condamnée et que les quelques dingos qui l’imposent encore à leurs élèves soient virés de l’Education Nationale avec tous les farfelus qui se croient, au nom de l’autonomie des établissements, autorisés à expérimenter des « méthodes pédagogiques nouvelles ».
Mais pour le reste ? Fallait-il abandonner les « humanités », le latin, le grec, l’apprentissage des « grands auteurs », l’histoire ? Etait-il vraiment inutile que les enfants apprennent les préfectures et les sous-préfectures ? Que veut-on mettre dans « le bagage » des jeunes ? De quoi leur permettre de se faire embaucher par une entreprise, avec « un métier » ? D’être capable de profiter pleinement de la vie avec un minimum de « culture » ? Les deux ne sont sans doute pas incompatibles.
Encore faudrait-il qu’on sache ce qu’on veut faire des jeunes qui entreront dans la vie active dans dix ou quinze ans. Mais pour cela il faudrait qu’on ait une idée de la France qu’on leur prépare. Or il semble bien qu’avec leurs passe-passe et leur politique à la petite semaine si ce n’est au jour le jour, l’équipe actuelle n’en ait pas la moindre idée. Les prestidigitateurs ne sont pas des magiciens…

Mots-clefs : ,