Personne ne peut s’étonner de voir François Hollande se prendre les pieds dans ses promesses intenables, ses dénis de réalités, ses contradictions de social-démocrate. L’homme qui nous avait juré ses grands dieux qu’il inverserait la courbe du chômage, ferait augmenter la croissance et réduirait le déficit à 3%, en matraquant les riches (et les moins riches) et en embauchant des enseignants ne pouvait, à très court terme, qu’apparaitre comme un fanfaron pour ne pas dire un charlatan.
Nous y sommes. Et ni l’adoption du mariage « pour tous » en première lecture à l’Assemblée Nationale, ni les premières victoires de l’armée française dans le désert malien n’y changeront rien. Nous avons toujours dit et répété que, dans leur écrasante majorité, les Français se désintéressaient aussi bien du statut des homosexuels que du sort des Touaregs. Ils ne se préoccupent que d’une chose : la dégradation qui semble inexorable de leur vie quotidienne. On ne peut pas le leur reprocher.
Si le bilan des premiers mois du quinquennat de François Hollande va, évidemment, être catastrophique aussi bien sur le plan intérieur (croissance nulle, multiplication des licenciements, pertes considérables de certaines entreprises, manifestations de plus en plus nombreuses des salariés, baisse de la consommation, des investissements, etc.) que sur le plan extérieur (brouille avec Berlin et avec Londres, froid avec Moscou, incompréhension du monde arabe, étonnement de l’Afrique, etc.) le plus stupéfiant reste cependant la disparition totale de l’opposition qui, en principe, devrait avoir « un boulevard » devant elle.
Certes, il fallait qu’elle digère sa défaite, qu’elle dresse tant bien que mal un inventaire des années Sarkozy, voire même des années Chirac. Et puis il y a eu la stupéfiante « guerre de chiffonniers des chefaillons » qui a discrédité aussi bien Fillon que Copé, tétanisé l’UMP et écoeuré les sympathisants. Plus de six mois de perdu qui ont permis à Hollande de faire ce qu’il voulait en toute impunité si ce n’est qu’il s’est effondré dans les sondages.
Mais maintenant que tout le monde a compris que Copé restera sans guère de doute le patron de l’UMP, que la situation du pays devient de plus en plus catastrophique et que la « vraie » gauche (les Ecolo, les communistes, les amis de Mélenchon et plus encore les syndicats et leurs nouveaux dirigeants) commence à ruer sérieusement dans les brancards, il serait évidemment temps que la droite se remette au travail.
Or, elle s’est crue obligée d’applaudir l’opération du Mali et, pour l’affaire du mariage homosexuel, elle a préféré laisser l’Eglise organiser la riposte et offrir la tête des cortèges à une Frigide Barjot ce qui, bien sûr, ridiculisait toutes les manifestations. Pire, elle est tombée dans le piège du débat parlementaire en présentant plus de 5.000 amendements. Il aurait, bien sûr, fallu qu’un de ses ténors annonce le premier jour que l’UMP voterait « non » puis que tous les parlementaires de droite quittent l’hémicycle en proclamant que les Français avaient d’autres problèmes, bien plus importants, en tête et que la droite refusait de participer à cette opération d’« enfumage ». Ils ont raté là une belle occasion de se requinquer aux yeux des Français.
Aujourd’hui, on apprend que Fillon « se dégonfle » pour la présidence de l’UMP et pour la mairie de Paris, se réservant sans doute pour la présidentielle et Copé tente de redresser son image –actuellement détestable- en jouant les starlettes dans Paris-Match. Autant dire que ces deux-là sont morts pour un bon moment et que l’UMP n’a ni programme ni réel candidat « à vendre » aux Français.
On nous dit que Nathalie Kosciusko-Morizet et Bruno Le Maire pourraient monter au créneau et offrir une relève acceptable et c’est ce qui expliquerait que l’une et l’autre se soient prudemment abstenus lors du vote sur le mariage homosexuel. NKM pourrait d’ailleurs, pour s’affirmer davantage, prendre le risque (particulièrement audacieux) de se présenter, l’année prochaine, à la mairie de Partis.
Les deux sont jeunes, brillantissimes et habités d’une ambition sans limites mais encore totalement inconnus du grand public et sans guère d’amis dans leur famille politique. Pourront-ils prendre la parole pour faire sortir la droite de ce silence assourdissant et incarner un brin d’espoir pour ce pays désespéré ? Rien n’est moins sûr.
Pour l’instant, pas un Français ne sait ce que voudrait la droite (si ce n’est retrouver le pouvoir pour elle-même) et quelle alternative cette opposition silencieuse pourrait offrir au pays.
Alain Juppé qui s’est si souvent trompé affirme qu’il « sent » que Sarkozy « a envie de se présenter en 2017 » mais Carla Bruni qui prédit pour 2017 un second tour Hollande-Marine Le Pen répond qu’elle « aucune envie de voir Nicolas replonger là-dedans » et qu’ils sont « très heureux » dans leur « nouvelle vie.
Devant le spectacle de désolation qu’offre la droite, peut-on imaginer un retour de Sarkozy ? Ce qui est sûr, c’est qu’aujourd’hui on en vient à se poser la question. C’est, évidemment, terrible pour Fillon, Copé et leurs petits copains.

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