Bernadette Chirac souhaite, et elle n’est pas la seule, que le prochain pape soit africain ou sud-américain. Pourquoi ? Parce que la foi catholique lui semble plus vivace là-bas que sur notre vieux continent.
L’argument se tient, à condition de considérer que le Conclave doive faire du marketing et de la com’.
Il n’y a aucun doute qu’un pape noir sur le siège de Saint Pierre ferait la « une » de la presse mondiale et donnerait un coup de jeune au Vatican. Mais on peut aussi se demander si l’ancienne Première dame de France ne bascule pas, soudain, dans ce qu’il faut bien appeler « le racisme anti-blanc ».
Certes, on peut regretter que le Christ, sa mère et ses apôtres aient été blancs, que Rome soit dans Rome et rappeler que l’Eglise se doit d’être universelle.
On peut cependant se demander si le Conclave doit désigner en son sein un homme (quelle que soit la couleur de sa peau) capable de diriger l’Eglise qui connait aujourd’hui une crise sans précédent ou si nos cardinaux doivent se mettre « à la mode », en pratiquant cette fameuse « discrimination positive » chère à nos bons esprits.
Il est évident que si le successeur de Benoit XVI était à la fois homosexuel, drogué et délinquant, certains applaudiraient en se réjouissant de voir l’Eglise « moderne » et consciente de tous nos problèmes de société.
Mais ce que Bernadette Chirac et tous ceux qui font campagne pour un pape noir ne semblent pas avoir compris c’est qu’aujourd’hui, aussi bien sur le vieux continent que dans les pays émergeants, ceux qui envahissent encore les églises recherchent une certaine tradition (même si le mot est désormais tabou) et le respect, voire le retour vers certaines « valeurs » (autre mot tabou) si souvent bafouées par les temps qui courent.
Qu’on le veuille ou non, l’Eglise catholique est étroitement liée à la civilisation occidentale, c’est-à-dire européenne, dont elle est l’une des « matrices ». Il n’y a donc rien de scandaleux à ce que son chef suprême soit issu de la vieille Europe et donc un peu blanc de peau.
Enfermés dans la salle du Conclave, les cardinaux vont prier le Saint Esprit pour qu’il leur indique le nom du futur nouveau successeur de Saint Pierre. Peu influencé par le politiquement correct, la pensée unique et la presse de gauche, le Saint Esprit ne va sans doute pas tenir compte de la couleur de peau des différents « prétendants ». Il aura raison.
Un pape noir ? Pourquoi pas. Mais pourquoi ?

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