Les capitales européennes, leurs bourses et leur presse semblent surprises par les résultats des élections italiennes. Il est vrai que tous ces « experts », tout en regrettant par avance la défaite programmée de leur ami Mario Monti le sortant, nous annonçaient une belle victoire de la gauche de Pier-Luigi Bersani et la disparition définitive de Sylvio Berlusconi.
Or, si l’austère technocrate Monti a, en effet, pris une claque absolue avec un petit 10%, la gauche de l’ancien communiste Bersani n’a recueilli que 29,54% des voix et est talonnée par le parti de Berlusconi qui a fait une remontée magistrale puisqu’il obtient 29,18% des suffrages. Nos pseudo-spécialistes, politiques, financiers et journalistes, avaient tout faux, à croire qu’ils sont désormais totalement coupés des réalités, pour ne pas dire du « peuple ».
Mais la grande surprise est, bien sûr, le score du parti de Beppe Grillo, « le clown », celui qu’on appelle « le Coluche italien » dont l’essentiel du programme consiste à exiger qu’on balaie tous les pourris de la classe politique italienne et qui a obtenu 25% des voix.
On dira que les Italiens ne sont pas des gens sérieux et que leur système électoral ne permet pas de dégager des majorités claires. Il n’empêche que ce scrutin a très clairement fait savoir que les Italiens ne supportaient plus les technocrates de l’austérité, en renvoyant sèchement « le professeur » Monti à ses chères études, et en avaient assez de l’Europe bruxelloise, en donnant une majorité aux eurosceptiques que sont, chacun à sa manière, Berlusconi et Grillo.
Certes, l’Italie est dans une situation pire que la France mais avec un chômage qui ne fait qu’augmenter (on attend avec inquiétude les chiffres officiels de ce soir), une croissance nulle (0,1% au mieux), des déficits supérieurs aux prévisions (3,7%) et des impôts qui vont encore augmenter (d’au moins 6 milliards d’après l’aveu même de Cahuzac) nous allons très rapidement nous trouver dans la même situation que nos voisins transalpins.
Ces élections italiennes sont donc un avertissement très clair donné à tous les dirigeants européens et notamment à François Hollande qui ne va pas pouvoir continuer à nous parler de croissance, de redémarrage de notre économie, de ré-industrialisation du pays tout en nous assassinant d’impôts supplémentaires pour complaire à Angela Merkel et obéir aux instructions des technocrates bruxellois.
Mais ce scrutin est pire encore. Non seulement les Italiens disent non à l’austérité et à l’Europe mais en votant pour un Berlusconi, accusé et sans guère de doute coupable des pires turpitudes, et les amis d’un Beppe Grillo, officiel guignol, ils « crachent à la gueule » de toute la classe politique traditionnelle, de droite comme de gauche, qui depuis des décennies a conduit l’Italie et la plupart des pays européens à la faillite, à la déliquescence et au malheur des citoyens.
On sait comment ça commence, on sait aussi comment ça finit.
Si des élections avaient lieu aujourd’hui en France, le PS et ses amis ne feraient sans doute pas mieux que la gauche italienne, l’UMP et l’UDI feraient peut-être moins bien que Berlusconi et on voit très bien qui tiendrait le rôle de Beppe Grillo.

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